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Cogito

Travailler décalé

En ce jour férié je m’interrogeais (en partie) sur ce débat qui a agité le pays pendant des jours : le travail les dimanches (et les jours fériés).

J’aime beaucoup parce que personnellement la plupart des gens qui m’ont donné des leçons sur le sujet (qui m’ont « asséné » devrais-je dire) sont des gens qui n’ont jamais travaillé le week-end ou les jours fériés. Ceux qui ont toujours eu leurs week-ends, leurs jours fériés, leurs ponts.

 

Pendant deux ans, j’ai détesté tous les jours fériés et un week-end sur 4. Parce que je travaillais un week-end sur 4 voire plus si des jours fériés s’intercalaient entre.

Et j’ai détesté tous ces matins à me sentir la seule levée dans une ville désertée encore endormie (même si le côté cool c’était l’impression d’être la reine de la ville pendant 5mn), j’ai détesté être au travail et lire sur twitter le reste du monde s’exclamer qu’ils avaient passé l’après-midi à se promener / regarder un film / faire un repas de famille / se reposer et que c’était trop génial, j’ai détesté tous ces week-end à dire « ah non je ne peux pas venir à l’anni de machin, je bosse » / « je ne peux pas partir, je bosse » / « je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas … je bosse rhaaaaa » avec le reste de l’entourage qui ne comprend pas mon indisponibilité récurrente.

 

J’ai détesté surtout me sentir en décalage avec le reste du monde, privée d’occasions, de fêtes, de repos partagé. De moments partagés.

Alors non qu’on ne me dise pas que ce n’est rien de bosser les dimanches et les jours fériés. Qu’on ne me dise pas que les jours de repos sont placés ailleurs et que donc c’est pareil, j’ai travaillé jusqu’à 11j d’affilé avant d’avoir ces fameux jours de repos (et au départ j’avais un jour de récupération au lieu de deux jours de week-end puis un jour par ci et un jour par là) et croyez que c’est long et que ça n’a rien à voir avec un VRAI week-end.

 

Mais il y en a qui ne veulent pas l’entendre …

Discussion

10 Responses to “Travailler décalé”

  1. Si tout le monde travaillait le week-end, plus personne se sentirait décalé ! Voilà la solution :p
    Sinon, d’ici la fin de l’année, je n’ai qu’un week-end de libre avec la joie aussi de bosser la nuit de Noël…

    Posted by Regarderleciel | 2 novembre 2013, 10:51
  2. Je crois que ce qui m’énerve le plus dans les discours qu’on entend autour de ces jours de travail, c’est le décalage énorme entre les pratiques et les discours. Ce sont les mêmes qui signent les pétitions contre le travail le dimanche qui passent à la supérette du coin acheter « juste une bricole, c’est parce que je n’ai pas eu le temps hier » un de ces fameux dimanches ou qui vont faire leur cadeau de Noël les dimanches parce que « non mais c’est pas pareil, c’est Noël… »

    Et puis je déteste que la question soit traitée comme si personne ne bossait le dimanche. Pas seulement dans les commerces mais dans des tas de secteur, comme le tien. C’est réducteur et ça fausse le débat. C’est comme quand on parle du temps de travail des profs sans compter ce qu’on fait hors établissement ou même dans l’établissement mais en dehors des heures de cours. ça fausse tout.

    Posted by Lizly | 2 novembre 2013, 11:56
    • Moi je déteste que la question soit traitée comme si parce que certaines personnes devaient bosser le dimanche (comme dans mon secteur), tout le monde devait le faire. Il y a un monde entre assurer les soins et vendre des clous.

      Posted by Shaya | 3 novembre 2013, 11:09
  3. Ayant travaillé pendant 4 ans tous les samedi et dimanche comme caissière et rangeuse-de-livre en bibliothèque (surchargée puisque c’est la seule ouverte le dimanche et les jours fériés à Paris et ô combien fréquentée puisqu’il y a la queue) pendant mes études, je me souviens que le décalage ne me posait pas de problème à l’époque : j’étais « seulement » étudiante. Je travaillais aussi les autres jours (mais moins d’heures) et le reste du temps j’allais en cours. Je n’avais donc de fait aucun jour de vrai repos. Mais plus jeune et sans obligations je ne ressentais pas de problème à cela. Et surtout je n’avais pas le choix… je ne pouvais pas me retourner contre un employeur ou un système ou quoi que ce soit : j’avais désespérément besoin de cet argent pour pouvoir payer mon loyer et mes pâtes.
    Pendant deux ans ensuite je me suis levée tous les samedi et dimanche matin à 7h pour donner des cours particuliers : là aussi c’était un choix… nécessaire. J’aurais pu rester dans mon lit mais j’avais besoin de l’argent également pour payer mon loyer.
    La question du travail dominical, elle est monstrueusement complexe, fonction des secteurs comme le dit Lizly, fonction des lieux aussi (on ne fait pas ses courses au même moment en province ou à Paris), fonction des employés aussi (étudiants, parents, personnes souhaitant rester calés sur le reste de la société). Mais là ce dont tu parles est plus précis : la question du décalage certes, il est effectivement difficile à vivre quand on aimerait participer à la détente générale, ne pas se voir agiter quelque chose que l’on souhaiterait faire, difficile à supporter quand en face on expose loisir, détente, partage alors que justement on est en train de vivre totalement le contraire au travail. Mais c’est malheureusement toujours le cas dès lors que l’on est en contact avec des gens qui ont une autre activité que la sienne… tout comme je n’imagine pas à quel point il est difficile de voir les professeurs avoir un mois et demi de vacances d’affilée en été, je n’imagine pas ce que ressentent les employés qui font les 3/8, qui travaillent de nuit, qui travaillent aussi au coup par coup en intérim ou dans les arts et spectacles. Là, ce dont tu parles c’est le travail dominical dans un contexte très précis : celui où le dimanche travaillé venait couronner une suite de plus de dix jours travaillés : en imaginant travailler 4 jours d’affilée dont un dimanche, le dimanche travaillé n’aurait sans doute pas eu la même valeur, non ? Avec l’accumulation des jours travaillés, le jour férié, le jour festif, le dimanche prennent une coloration encore plus noire. Heureusement, je crois avoir compris que ce n’est plus le cas. Et finalement, je me demande si ce n’est pas plutôt le nombre de jours travaillés d’affilée dans certains secteurs dont le tien qui est un problème encore plus fondamental que le travail dominical.

    Posted by Chouyo | 2 novembre 2013, 13:48
    • Le jour de nombre de travail d’affilée sans repos est un problème.
      Mais le dimanche n’était dans la série de 11j de travail « que » le 7e. C’était de voir tout le monde se reposer et faire autre chose que travailler qui m’insupportais.

      Posted by Shaya | 3 novembre 2013, 11:14
  4. Pendant presque 40 ans ma mère a bossé un week end sur deux comme infirmière. Pendant deux ans, j’ai bossé un week end sur deux comme aide à domicile pendant mes études. Et à ceux qui trouvaient ça inhumain, j’aimais bien leur balancer que les pauvres gars que j’aidais pour le lever et la toilette n’allaient pas rester au lit tout le week-end sous prétexte que ça craint de bosser le samedi et le dimanche, et les heures du dimanche étaient payées un poil mieux. Et puis le week end je ne me levais pas à 5h comme en semaine, c’était presque du luxe 🙂
    Plus tard en hotellerie, j’ai travaillé un week end sur deux aussi, et la nuit en plus, mais là, pas question de payer double ou de jour de récup, le dimanche est un jour comme les autres en hotellerie et le tarif de nuit, connait pas non plus.
    En ce moment, mon homme bosse TOUS les dimanches, il est prof à domicile et fait ses heures essentiellement le soir et le week end. Si je n’étais pas en congé parental, je crois que ça m’embêterait de ne plus le voir du tout, mais là on se voit toute la journée et il peut profiter de sa fille (qui, pour le moment, se fiche de savoir quel jour on est comme de sa première couche).
    Attention, ce qui suit est susceptible de contenir des vrais morceaux de Bisounours et de licornes : ce qui serait top, ça serait que ceux qui préfèrent bosser ces jours là puissent le faire et que ceux qui ne veulent pas puissent ne pas le faire, sans pression, sans menace. Genre moi, étudiante, j’étais contente de bosser le week end, je faisais autant d’heures que dans toute la semaine, et j’avais choisi ce job exprès pour ça. Ayé, j’ai fini de rêver, je range les licornes et les paillettes.

    Posted by poulpynette | 2 novembre 2013, 16:25
    • Oui il y a des métiers où il FAUT bosser le dimanche, les jours fériés, la nuit comme l’aide à domicile, la santé ou l’hôtellerie. Et on le sait.
      Mais dire que parce que les infirmières, les médecins, les gens dans les hôtels travaillent et bien tout le monde doit travailler, ça ça me gave.

      Posted by Shaya | 3 novembre 2013, 11:21
  5. Alors comme toi j’ai bossé les week-ends et jours fériés (location de voitures en aéroport, ça ne connaît aucun jour de fermeture). Contrairement à toi par contre, je ne l’ai pas mal vécu, pas au début en tout cas, parce que même si en effet je peinais sur le décalage et certaines absences de week-ends ou de vie sociale (pas pouvoir partir, pas pouvoir aller à l’anniversaire de machin, bosser à Noël et/ou Nouvel An), je trouvais uuuuuuultra confortable d’être en congé en semaine, avec tous les magasins ouverts, la possibilité de prendre des rendez-vous etc. Mais ça, c’était dans une période de ma vie où ça me convenait, où je n’avais guère de contraintes, où mon horaire était quand même bien fichu (une certaine régularité et surtout la possibilité de s’organiser avec les collègues/les chefs), et financièrement, ben il faut bien le dire, ça faisait du bien au porte monnaie!
    Mais j’ai tenu 1 an et demi, autant dire peau de chagrin. Ensuite, eh bien j’ai été mutée dans un autre aéroport, des horaires horribles qui changeaient en milieu de semaine, bien moins de flexibilité, ras le bol, envie d’être un peu plus intégrée socialement parce que j’étais avec du monde qui bossait et n’avait que les week-ends, et voilà. Epuisement, marre, je me suis barrée, j’ai trouvé autre chose.
    Je trouve le débat du travail du dimanche effroyablement complexe aussi. Pour l’avoir vécu (et apprécié, et en connaître certains avantages), je ne peux pas le refuser catégoriquement, je sais que certains y trouvent leur compte et que ça peut les arranger. Pour en avoir « souffert », je ne peux pas le valider entièrement, parce qu’il y a l’abus des patrons, la pression qui peut être mise sur les embauches etc…
    C’est compliqué :s

    Posted by Floh | 6 novembre 2013, 09:57
    • Le débat est compliqué c’est certain.
      Moi je n’avais aucun jour de congé sur 11 jours donc je ne pouvais pas trouver ça génial d’avoir des jours de congés sur la semaine 🙂

      Posted by Shaya | 6 novembre 2013, 22:00

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