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Cogito

Permanence et impermanence

C’est le cycle de la vie, le cycle éterneeeel (vous l’avez dans la tête maintenant)

 

Ça fait un (long) moment que j’entends parler de l’impermanence des choses. Probablement depuis que certains de mes amis au lycée se sont fortement intéressés au bouddhisme.

J’ai toujours détesté cette notion. Elle m’angoisse. Elle me terrifie.

 

Je ne comprends pas comment on peut trouver rassurant l’idée que nous perdrons un jour tout ce que nous avons, tout ce que nous chérissons, tout ceux que nous aimons. Probablement parce que je suis une personne d’engagement. Pas d’engagement au sens où je vais aller manifester ou défendre des causes mais dans le sens où quand je ne m’attache pas facilement à quelqu’un et je laisse peu de gens passer mes défenses mais quand je le fais ce n’est pas à moitié.

Et globalement je voudrais que rien ne change, que les gens que j’aime et qui m’aiment ne cessent jamais de le faire. Surtout ça. Je suis terrifiée à l’idée de perdre les gens que j’aime et que plus personne ne m’aime.

Evidemment que j’ai des ami(e)s dont nos chemins ont divergé. Souvent en douceur, sans heurts. Mais les quelques uns avec qui ça n’a pas été le cas restent une blessure à vif pour moi. Évidemment que je sais qu’un jour mes parents vont mourir, et que moi aussi je vais mourir. Mais j’ai déjà un rapport à la mort aigu, conscient, (qui angoisse mon entourage régulièrement d’ailleurs), je n’ai pas envie de vivre avec cette idée en permanence en tête.

 

Donc voilà j’ai toujours eu peur de cette idée.

Mais j’ai découvert il y a peu que comme souvent, il y avait quand même un versant positif à cette notion.

Lors de deux moments un peu difficiles pour moi. Le premier ça a été quand j’ai eu une période de mauvais sommeil. De vrai mauvais sommeil. Qui a duré longtemps. Et pour lequel je me suis appuyée sur un programme de sophrologie lié au sommeil, que j’avais déjà fait, pour m’aider à traverser ce mauvais moment au mieux. Et à la dernière séance, il disait de garder confiance car rien n’est éternel, pas même les troubles du sommeil. Et j’avais – pour une fois – trouvé ça extraordinairement réconfortant.

De même en faisant cette fois-ci un programme de méditation sur la douleur. Quand vous êtes pliée en deux de douleurs, que vous ne rêvez que d’un scalpel qui vous arracherait quelques organes pour qu’enfin la douleur disparaisse, il est bon – et réconfortant une fois encore – de se rappeler que la douleur ne durera pas toujours, qu’elle finira par passer. (Mais ça implique aussi qu’elle reviendra …)

 

Et c’est vrai que ça l’est, réconfortant, de se dire que les mauvaises choses passeront un jour. Sauf que ça s’accompagne du fait que les bonnes passent aussi … Alors je continue à me débattre avec cette idée d’impermanence des choses …

Discussion

4 Responses to “Permanence et impermanence”

  1. Je crois que c’est l’impermanence qui rend nécessaire le lâcher prise (je n’aime pas cette formule, je préfère « s’accrocher autrement », mais la première est mieux comprise). C’est compliqué de regarder en face les choses qu’on n’a pas envie de voir, la mort de nos proches, la nôtre… C’est peut-être justement cela qui rend le présent précieux, savoir qu’il n’arrivera qu’une fois.

    Posted by Anna | 7 mai 2018, 10:15
  2. Bonjour Shaya.
    La question n’est pas de trouver « rassurante » l’impermanence des choses (encore que comme tu le notes, ça devient rassurant quand on comprend que les situations désagréables sont, elles aussi, impermanentes et vouées à se terminer…), la question est de comprendre que c’est VRAI et que c’est un élément essentiel de la nature du monde et de toute chose.
    Le bouddhisme enseigne que toute chose est impermanente et vide d’essence propre (ce point nécessite un long développement pour être compréhensible, j’en ferai l’économie ici).
    Ce n’est pas “rassurant”, c’est même terrifiant quand on tient (comme tout le monde ou presque, occidentaux non bouddhistes en tout cas) à la réalité solide et permanente des choses (et en particulier de « nous-même » et de ceux que nous aimons).
    Mais comme tu le vois toi-même, oui, nous allons tout perdre. Nos parents, nos amis, nos possessions, notre propre corps qui va se dégrader progressivement ou brutalement avant de disparaître.
    Affronter cette vérité est un des points cruciaux de l’existence humaine.
    On a juste le choix entre :
    – Y penser le moins possible, vivre (dans le déni) comme si ça ne devait jamais arriver – et souffrir quand ça arrive.
    – Tenter par la compréhension profonde de ces vérités de ne pas s’attacher à ce qui est transitoire et voué à disparaître – ce qui ne veut pas dire ne pas l’apprécier ou l’aimer, le caractère unique et transitoire de l’instant et de chaque chose les rendant au contraire infiniment précieux, mais sans s’y accrocher.
    Car il n’y a rien de définitivement stable et permanent à quoi on puisse s’accrocher (et il n’y a personne pour s’y accrocher, c’est une vérité encore plus profonde…)

    Bien sûr ce n’est qu’une approche et il en existe d’autre. Mais elle a le mérite d’être incontestable en logique et de laisser très peu de place à l’illusion…

    Voilà-voilà.
    Je t’embrasse.

    Posted by Swâmi Petaramesh | 7 mai 2018, 10:36
    • Moi en fait je n’ai aucun problème avec la mort (ça vaut mieux), je vis au quotidien avec la conscience que je peux mourir et mes proches aussi. Paradoxalement c’est la perte non-irréversible (et non obligatoire, pourquoi nos amitiés/ amours devraient forcément se défaire ?) qui m’est douloureuse.

      Posted by Shaya | 14 mai 2018, 21:19

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