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Cogito

Le temps s’enfuit

Hier c’était le dernier jour de travail officiel de ma mère.

On ne parle pas vraiment de retraite puisqu’elle n’y est pas encore officiellement mais elle n’ira plus jamais travailler. Et on a fait péter le champagne hier soir pour célébrer ça.

 

Je suis contente pour elle, les 10-15 dernières années professionnelles ont été pénibles, le cancer et ses conséquences handicapantes ayant freiné et compliqué le quotidien, la remise en question de l’investissement dans son travail ayant été brutale, la dégradation massive des conditions dans son entreprise.

Il était temps que cela cesse.

 

Et en même temps cela me fait bizarre.

J’ai toujours connu ma mère travailleuse. Même s’il y a eu les arrêts maladie, les temps partiels, ma mère a toujours travaillé. Et aujourd’hui la retraite se profile.

Je ne m’inquiète pas pour la transition ni son moral, ma mère même sous chimio, même malade, a toujours été active et tonique, toujours avec 36 choses à faire.

 

Mais derrière le mot « retraite » se dessine en filigrane la vieillesse …

 

Il y a des années que j’ai l’habitude de devoir aider ma mère. Être l’aidante familiale de ma mère comme des milliers d’autres personnes sont les aidants familiaux de leurs parents.

Ces dernières semaines encore un peu plus puisque si avant-hier était le dernier jour officiel de travail de ma mère, en fait elle n’a pas été travaillée depuis plusieurs semaines. En effet ayant laissé traîner sa main entre une porte et une portière de voiture, celle-ci s’est brisée. Et ma mère de ne plus pouvoir faire à manger, faire la vaisselle, porter un objet avec deux mains etc… Encore son esprit combatif fait qu’elle a trouvé des solutions pour s’habiller et tout un tas d’autres actes de la vie quotidienne rendus nettement plus compliqués.

En attendant c’est moi qui pallie.

 

6 semaines ce n’est pas la mer à boire. J’ai déjà dû faire plus long, plus compliqué.

Mais ce télescopage avec la fin de sa vie professionnelle me laisse imaginer ce qui pourrait être la suite. Dans quoi … 10 ans? 15 ans?

C’est à dire que la santé de ma mère est déjà fragile, que ça ne se dégrade pas s’annonce difficile.

Et dans 10-15 ans de devoir faire au quotidien, tout au long de l’année ce que je fais déjà actuellement ? Sans pause ni répit ni espoir que cela s’arrange.

J’ai été auxiliaire de vie, j’ai vu ces enfants qui aidaient leurs parents à vivre au quotidien. Même avec mon aide, ils leur restaient souvent beaucoup de boulot.

 

C’est angoissant non? Je trouve.

Il y a longtemps que la vie m’a fait prendre conscience de la mortalité de mes parents et que je ne les aurais pas éternellement. Mais paradoxalement je n’ai jamais envisagé le vieillissement de mes parents et la perte possible de leur autonomie*.

 

*ce n’est pas tout à fait vrai puisque j’ai réussi à convaincre ma mère de déménager pour trouver un appartement avec un ascenseur (et si possible une douche plutot qu’une baignoire) dans l’idée que plus tard elle puisse rester chez elle le plus longtemps possible

Discussion

2 Responses to “Le temps s’enfuit”

  1. Oui c’est angoissant.

    Et encore, ta maman est encore jeune et a visiblement (comme moi) (hélas) l’habitude de ne pas se laisser aller alors que sa santé est pas au top. Mon père va sur 84, ma mère sur 79. Ils n’ont jamais eu de gros pb de santé et actuellement ils sont plutôt en bonne santé et très actifs. Mais quand je pense au moment où fatalement l’un va commencer à décliner, voire les deux, et si l’un part avant l’autre… Et c’est vrai que ça m’angoisse aussi pas mal de voir se rapprocher le moment où je devrais faire le max pour qu’ils restent chez eux et qu’ils ne finissent pas leur vie dans une maison de retraite. (surtout que pour faciliter les choses, ma mère et moi on ne s’entend pas trop bien). Mais bon, j’espère que j’ai encore une bonne dizaine d’années devant moi.

    Posted by MaO | 21 février 2014, 15:30
    • Franchement si ma mère atteint l’âge de 79 ans je considérerais ça comme un miracle.
      J’espère que tu as encore une bonne dizaine d’années devant toi (devant vous). Moi mes parents étant divorcés en plus je n’ai pas le « réconfort » qu’ils puissent s’appuyer l’un sur l’autre. Je suis moins inquiète concernant mon père comme il est remarié (et en plus on est 4 enfants) mais ma mère n’a que moi.

      Posted by Shaya | 22 février 2014, 14:10

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