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Monde de merde

Lâcher

Il faut vraiment que j’apprenne à … renoncer. Je crois que dans le fond c’est ça.

Savoir déclarer forfait quand il faut, quand ça ne peut plus. Lâcher du lest, se dire que ça tant pis je ne vais pas le faire parce que je ne dois pas le faire. Voire je ne devrais pas le faire.

 

La semaine dernière a été horrible. Vraiment. J’avais déclaré celle d’avant « semaine de la loose », si j’avais su je l’aurais trouvé exquise.

J’ai beau cherché une semaine aussi horrible dans ma mémoire, je n’en vois pas depuis que mes deux parents se sont retrouvés hospitalisés en urgence en même temps – mais pour deux trucs différents (et dans deux hopitaux différents à 1000km d’écart tant qu’à faire) – il y a 10 ans de cela.

Je savais que la semaine serait lourde, ma mère opérée la semaine d’avant ne pouvait pas et ne devait pas maintenir de station debout prolongée. Charge à moi de lui faire la cuisine, le ménage, courses et tout le reste du quotidien …

Mais ce que je n’avais pas prévu c’est que mon corps – en déconnant comme il sait si bien le faire depuis plusieurs mois – allait tranformer cette semaine qui s’annonçait déjà pénible en véritable calvaire me laissant littéralement exsangue et épuisée au dernier degré.

 

Là où j’ai eu tort et je ne peux m’en prendre qu’à moi-même c’est de n’avoir voulu lâcher sur rien tout au long de la semaine tout en sachant que je n’avais pas mes moyens habituels.

J’aurais du prioriser, me dire de faire l’essentiel et renoncer sur l’accessoire au lieu de persister à vouloir tout faire : bosser, m’occuper de ma mère, aller à ce diner « imposé » samedi soir, cuisiner etc…

J’aurais du aller acheter à manger chez McDo, dire fuck au diner et rester sous la couette comme j’en avais envie, ne pas aller travailler en ayant dormi que 3h la nuit d’avant, aller à la boulangerie au lieu de persister à vouloir faire mon pain, etc…

 

J’ai réussi à tenir! Ca veut bien dire que c’était possible? Mais à quel prix? J’ai tenu en passant sur le mode « nerfs » celui des dernières extrémités. Et aujourd’hui je me sens comme une tête nucléaire dégoupillée qui n’attend qu’un choc infime pour exploser. J’en viens presque à avoir envie de me battre physiquement avec quelqu’un, coller des claques et des bourre-pifs en hurlant à plein poumon. Sinon j’envisage bien de dire à tout le monde d’aller se faire voir, que je ne veux pas entendre parler d’eux, qu’on m’oublie et que je m’en cogne d’eux, de leurs problèmes et de leurs questions.

Charming Shaya, je ne vous dis pas.

 

Je me demande bien où je vais trouver l’énergie de tenir encore cette semaine maintenant que j’ai grillé mes dernières réserves. Pas comme si j’avais deux jours de déplacement importants en fin de semaine.

Et je me dis que j’ai été bien bête. Très bête. De ne pas lâcher du lest, de ne pas me ménager. De ne pas accepter que je ne puisse pas tout le temps mener tout de front.

 

Savoir renoncer. Arriverai-je un jour à l’apprendre? A l’accepter?

Discussion

16 Responses to “Lâcher”

  1. Savoir lacher du lest, dire « non », écouter son corps. Que de choses faciles à dire mais plus difficile à mettre en oeuvre quand c’est ancré en nous ! Comme si lacher du lest signifiait perdre le contrôle, être faible, alors qu’il ne s’agit pas de ça, mais savoir et faire, deux choses tellement différentes et tellement loin l’une de l’autre.
    Courage ma belle !!! Je pense à toi !

    Posted by sushiesan | 17 décembre 2013, 08:09
  2. Ben si tu trouves la solution, je veux bien la partager avec toi car j’ai ce même problème…
    Certains disent que je suis perfectionniste…
    C’est usant et quand ça craque, ben c’est douloureux pour soi et ceux qui nous entourent…
    Cela dit, mon corps et mon coeur me rappellent régulièrement que je ne suis pas « Super MaggieBzh » mais ils me le disent quand je m’en étais rendue compte toute seule…
    Alors, je n’ai pas de solution à te donner pour apprendre à lâcher prise… Juste te dire que tu n’es pas un cas isolée.. Te lire m’a fait du bien car finalement, c’est toujours agréable de savoir qu’on n’est pas seul à être ainsi! 😉

    Posted by MaggieBzh | 17 décembre 2013, 13:31
    • J’ai déjà écrit plusieurs fois sur ce sujet (sur ce blog ou l’ancien) comme quoi je n’ai pas beaucoup avancé 😉
      On va faire un club toutes les deux (et on ne sera pas que deux) surtout que je répète souvent à d’autres qu’il faut qu’ils lâchent (sans qu’ils le fassent ^^’).
      Et mon corps en dernier recours sait me mettre à l’arrêt. Là j’ai 39 de fièvre, je suis K.O. je sais pourquoi …

      Posted by Shaya | 17 décembre 2013, 17:24
  3. Si ça peut vous soulager de venir me coller deux ou trois beignes, je veux bien me dévouer et faire le punching ball…

    (Faudra juste faire gaffe que ma femme ne vous les rende pas avec intérêt !)

    Posted by didiergoux | 17 décembre 2013, 16:50
    • C’est vraiment très aimable à vous de vouloir vous sacrifier ainsi pour me soulager mais je m’en voudrais de me faire mal voir de votre chère et tendre (je m’imagine avec votre femme en train de nous crêper le chignon dans votre maison, ça aurait un côté assez minable quand même) et mon corps a décidé qu’un petit 39 de fièvre calmerait efficacement mes nerfs.

      Posted by Shaya | 17 décembre 2013, 17:55
  4. Alors l’épileptique psychosomatiseuse dont le corps recourt à des crises sismiques pour m’obliger à me mettre sur pause que je suis n’a aucune leçon à donner, s’pas ? Donc *hugs* et des bisous

    Posted by Lizly | 18 décembre 2013, 11:39
  5. Quand le corps s emet à lâcher, c’est le signe qu’on aurait dû considérer le fait de retrouver ses clös de voiture dans le frigo comme un avertissement… 2013 m’a appris cette chose formidable: renoncer, dire non quand, vraiment, dire oui serait folie pure. Et prendre le temps de se reposer entre les périodes où les événements extérieurs nous imposent de tenir.
    Courage, on est déjà mercredi.

    Posted by La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau | 18 décembre 2013, 12:03
    • Hi hi il me reste demain et vendredi à tenir et après je peux m’effondrer.
      J’ai du mal vraiment encore à savoir renoncer et là en ce moment le temps pour se reposer entre se fait désirer!

      Posted by Shaya | 18 décembre 2013, 19:04
  6. on n’apprend à lâcher prise que le jour où on pète un câble… (c’est comme « demander de l’aide », accepter qu’on ne peut pas tout gérer, toussa toussa…)

    Posted by Daydreamer Toulouse | 18 décembre 2013, 21:22

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