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Cogito

La vie intérieure

Souvent je dis que je n’aime pas les gens. Et c’est vrai, la plupart du temps les gens me gonflent (oui je suis une connasse élitiste) même si j’apprécie chaque fois que je croise quelqu’un de formidable.

Dans ces moments-là je dis que je vais aller m’enfermer dans un monastère. Déclaration qui à chaque fois m’attire des réponses du genre « tu vas t’ennuyer » ou « tu es trop la fille du chaos pour ça ».

 

C’est peut-être mal me connaître.

En fait le plus gros problème pour moi d’un monastère ça serait sans doute le coté religieux et surtout le fait de devoir s’enfermer pour se couper.

A chaque fois que je pars en randonnée dans la montagne, je me dis que je resterais bien un jour ou deux là, dans une vallée perdue. Ca me correspondrait bien plus je crois qu’un monastère. Je ne crains pas le silence mes proches pourraient en témoigner, pas plus que le vide, d’ailleurs l’un de mes jeux préférés est de laisser le silence d’installer et de voir comment la personne en face va réagir.

 

Il y a quelques semaines j’ai vu un reportage sur la Patagonie et les gaucho. J’aimerais un jour affronter cette immensité quasi déserte. Le journaliste justement demandait aux gaucho comment ils faisaient pour affronter leurs 6 mois (de mémoire) de solitude et de silence seulement interrompus par quelques retours en ville une fois par mois pour acheter des vivres. Je m’étais fait la réflexion qu’il fallait une vie intérieure riche, pleine d’imagination et de réflexions (justement), pour supporter ce temps seul avec soi-même. Le gaucho, d’un air  mi-figue mi raisin, avait répondu qu’il ne manquait pas de temps pour penser.

 

Du temps pour penser …

Une vie intérieure riche …

Tout ce qu’on fuit non ?

J’aime bien observer les gens qui sont dans une situation d’attente, à mon avis l’une des meilleures occasions d’avoir du temps pour penser. Et ça fume, et ça consulte frénétiquement son smartphone ou ça téléphone, tout est bon pour ne pas se retrouver seul face à soi-même. Je suis la première à le faire, malheureusement. Comme si notre vie intérieure était trop dérangeante ou trop vide pour l’affronter.

C’est aussi toujours très drôle de voir comment les gens réagissent quand ils me trouvent les yeux dans le vague ou concentrée en train de réfléchir à quelque chose, à chaque fois on me demande « ça va Shaya? ». Oui oui, je pense juste je sais toi tu n’as pas l’habitude.

Comme si on n’avait plus l’habitude de prendre le temps de penser. Le temps de ne pas faire autre chose que penser. Le temps de se construire une vie intérieure … riche.

 

Sur ces considérations sur le silence et la solitude, me voici devant 3j avec que des gonzesses, sans le moindre moment seule pour moi. Je vais essayer de ne tuer personne, de ne pas être autoritaire, de ne pas m’énerver.

Vous pouvez commencer à dire des prières pour moi … ou pour elles.

Discussion

4 Responses to “La vie intérieure”

  1. Quand je suis entrée en internat, en 2de, les premières semaines ont été très difficiles. Sur le moment, je ne l’analysais pas forcément de la bonne manière. Il m’a fallu du temps (et un changement de chambre après avoir débarqué en larmes dans le bureau de la CPE, hum) pour comprendre que mon état de nerf était dû à la présence permanente d’autres personnes. Jours, nuits, aux repas… Même sous la douche isolée du reste de la salle de bain commune à 2 chambres de 3 internes par un simple rideau en plastique. Il n’y avait guère que les WC et encore, dans une certaine mesure car l’isolation sonore n’était pas au top (impossible de s’y enfermer pour se couper du bruit des autres par exemple).
    Je m’y suis faite mais j’ai gardé de cette période un goût très prononcé pour le temps passé seule avec moi-même. Bon courage pour ce week-end !

    Posted by Lizly | 24 mai 2014, 12:16
    • Ca s’est bien passé ce week-end. En même temps la promiscuité était physique mais pas mentale (pas de boulet avec qui devoir des efforts) (et courte quand même mine de rien). Mais je sais que j’ai toujours refusé d’aller en colo (et ma mère l’a compris) pour ça, j’ai besoin de temps seule avec moi-même.

      Posted by Shaya | 26 mai 2014, 11:41
  2. Je crois qu’on peut avoir peur de laisser place au silence à l’intérieur comme à l’extérieur. D’ailleurs c’est drôle que tu parles de vie religieuse parce que je retrouve ça parfois chez moi, faire le silence au milieu de son tumulte intérieur pour laisser une place à Dieu n’est pas toujours évident…

    Posted by Anna Musarde | 29 mai 2014, 18:36

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