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Dans ma valise

Geysers et sac à dos : de Skaftafell à Myvatn

[Aparté]

Avant de reprendre la description de mon voyage et l’album photo qui va avec je voulais vous transmettre un petit truc en rapport avec les dénominations islandaises qui explique ces noms à rallonge qu’on croise. En parcourant un guide ou une carte, on se rend compte qu’on retrouve régulièrement certains mots (parce qu’en fait ce sont des mots oui) dans les noms de lieux ou autre. Ainsi en est-il pour « vátn » (lac), « jökull » (glacier), « foss » (cascade) ou « fell » (montagne) (sans compter « reyk » ou « laug »).

Le guide qui nous a fait la rando sur glacier m’a fourni l’explication : les islandais donnent des noms aux lieux selon 2 principes, le 1er est descriptif, ainsi « Svináfell » signifie « la montagne cochon » car la montagne qui surplombe le village aurait une forme de cochon (j’ai bien regardé, j’ai pas vu le cochon mais ok mettons); le 2d tient compte des lieux à proximité, ainsi la langue glacière qui se dirige vers Svináfell s’appelle … le « Svináfelljökull », littéralement « le glacier de la montagne cochon » et la montagne à côté de Svináfell s’appelle … Svináfellfell « la montagne de la montagne cochon ». Comme l’a dit le guide quand on parle l’islandais c’est très pratique. Nettement moins quand on ne le parle pas (mais repérer certains mots récurants aide).

[Fin de l’aparté]

 

Jour 5

 

Pas (trop) le temps de traîner aujourd’hui, l’étape du jour comportait 370kms à faire et la côte Est de l’Islande avec ses fjords magnifiques.

De même qu’entre Vík et Skaftafell, sur le papier la route paraît compter peu de sites intéressants à part les petits ports qui peuplent les fjords. Erreur …

 

Malgré le nombre de kilomètres à réaliser nous n’avons pas manqué de refaire un (long) arrêt à Jokulsarlon ♥ … (on y a même vu un phoque qui nageait au milieu des icebergs mais je n’ai pas réussi à le prendre en photo) (d’une manière générale je suis nulle en photos d’animaux « rares », je suis tellement émerveillée que j’oublie d’en faire des photos) (par contre des photos de moutons j’en ai)

Jokulsarlon (bis)

Jokulsarlon (bis)

 

Puis donc direction les fjords et avant cela nous avons longé longtemps le Vatnajökull et les nombreuses langues glacières qui en descendent. Personnellement je ne me suis jamais lassée de ce spectacle. La côte est belle, spectaculaire par moment, offre des paysages superbes tout en noir et en âpreté sur une eau de mer d’un bleu sublime. Comme pas mal d’autres endroits en Islande la végétation est mise à mal, bousculée.

La côte Est (1)

La côte Est (1)

 

Un des glaciers aperçus en passant

Un des glaciers aperçus en passant

 

La côte Est (2)

La côte Est (2) (ya le signal de Batman non ?)

 

Wouhhh

Wouhhh

 

La couleur de l'eau !

La couleur de l’eau !

 

Un machin géologique planté dans la mer

Un machin géologique planté dans la mer

 

Wouhhhh !!!!! (Encore)

Wouhhhh !!!!! (Encore)

C’était véritablement une étape de road trip, pas d’arrêts « trucs à voir », peu de présence humaine, mais les yeux grands ouverts à en prendre continuellement plein la vue.

 

Ensuite nous avons atteint les fjords de l’Est. Les eaux calmes et argentées qui les peuplent. Et le premier morceau de route non goudronnée sur quelques kilomètres (sans qu’on comprenne trop pourquoi) (à part qu’on est quasi au plus loin de la capitale …).

Un des fjords de l'Est

Un des fjords de l’Est

 

Un autre ...

Un autre …

 

Au delà des paysages superbes, j’ai trouvé les villages eux sans intérêts particuliers, en bonnes françaises nous sommes bien passées à Fáskrúðsfjörður, LE port d’attache des pêcheurs français pendant les campagnes de pêche en Islande. D’ailleurs les plaques des rues sont toutes traduites en français. Mais sinon …

 

Nous avons rejoint Egilsstaðir où nous logions pour la nuit, comme un retour à la civilisation après ces jours passés dans des endroits où les villages comptaient 3 maisons … et nous avons filé vers la forêt d’Hallormsstaður, le long du lac Lagarfljót (qui se termine à Egilsstaðir) (on dit que le frère de Nessie s’y cache mais je n’ai rien vu).

La forêt d’Hallormsstaður est la plus grande forêt d’Islande – quand on vient de France avec nos immenses forêts on comprend en la voyant le travail que les Islandais ont à fournir pour retrouver une vraie forêt, d’ailleurs un peu partout sur l’île on voit des mini-sapins replantés ce qui montre que toute l’île travaille à cet objectif mais je me suis demandée quel impact cela aurait sur leur écosystème – et l’endroit est très verdoyant après les lieux déserts traversés (et avant les hauts plateaux arides à traverser). Il était assez tard quand nous avons atteint le lac Lagarfljót, et je n’ai pas réussi à faire une vraie photo pour vous le montrer, mais ce lac est d’une couleur laiteuse, absolument pas transparente, qui rappelle le Blue Lagoon.

Lagarflot

Lagarfljot

 

Enfin Egilsstaðir a été le lieu de notre première – et seule (à part les images de la tv du pays) – manifestation un peu tangible de l’éruption en cours avec une lumière très particulière liée aux gaz qui s’échappaient. (Nous avons eu de la chance avec le volcan, depuis quelques jours une alerte au dioxyde de soufre lié à l’éruption est lancée sur Egilsstaðir, avec des conséquences possibles sur les gens)

Lumière bizarre

Lumière bizarre

 

Jour 6

 

Une foule – n’ayons pas peur des mots – de choses à voir ce jour-là et d’arrêts à faire !

Direction Dettifoss, dont la route était fermée pour cause de risque de jökulhlaup (énormes inondations liées à la fonte massive du glacier à cause d’une éruption volcanique subglaciaire) (jökulhlaup c’est quand même vachement plus court) jusqu’à la veille de notre passage (on a quand même eu beaucoup de bol sur ce coup-là), en traversant les hauts plateaux.

La route est absolument sublime, un enchantement permanent des yeux. Les traces du volcanismes sont omniprésentes, toutes d’anciennes coulées de lave et de cendres, rendant le paysage de nouveau aride.

Les hauts plateaux (1)

Les hauts plateaux (1)

 

Les hauts plateaux (2) (waaaah)

Les hauts plateaux (2) (waaaah)

 

On a aussi croisé les routes de l’intérieur fermées pour cause d’éruption ^^’

Ils ont des panneaux "éruption volcanique" ^^'

Ils ont des panneaux « éruption volcanique » ^^’

 

Dettifoss – en plus d’être une cascade qui donne vraiment le tournis par sa puissance – est située dans un paysage tourmenté au possible avec ces coulées de lave fracassées et ces empilements de blocs de basalte.

Un tout petit peu tourmenté

Un tout petit peu tourmenté

 

Dettifoss ... petite cascade de 44m de large ...

Dettifoss … petite cascade de 44m de large …

 

Ensuite nous avons roulé jusqu’aux portes du lac Myvátn, notre destination pour la nuit.

Et quelques kilomètres avant d’atteindre Myvátn, nous nous sommes arrêtées à Hverir (Námafjáll).

Comment décrire ce site … ? Comme si la lave environnante ne suffisait pas Hverir nous rappelle qu’ici plus que dans beaucoup d’autres lieux notre planète se manifeste. Du soufre qui colore la terre, et l’odeur d’oeuf pourri qui va avec, de la boue qui bouillonne, des solfatares qui crachent leur fumée … L’Enfer semble moins loin tout à coup.

Bloublou (à 100 degrés, faut pas y laisser trainer les doigts)

Bloublou (à 100 degrés, faut pas y laisser trainer les doigts)

 

Solfatare

Solfatare

 

Du soufre, des fumerolles etc...

Du soufre, des fumerolles etc…

 

(nb : ah … et des moucherons ! Comme dans toute la région de Myvátn ! Déjà à Dettifoss nous en avions eu quelques uns. Une VRAIE plaie)

 

Ensuite nous avons pris la route pour Krafla et nous sommes arrêtées à Leirhnjúkur (le parking à gauche juste avant d’atteindre Krafla).

Aaaahhhh … Leirhnjúkur ♥♥♥ ! (Avec Jokulsarlon, l’autre lieu d’Islande à ne pas rater à mon avis)

Vous ne pouvez pas ne pas consacrer un (très) long moment à cet endroit envoûtant. Il y a d’abord ces autres solfatares, ces montagnes de soufre orangées, cette mare bleue … et puis surtout, SURTOUT!, cette coulée de lave cordée datant de 1984 (30 ans tout pile donc), d’un noir profond, sur laquelle rien (mais vraiment) n’a poussé depuis … et qui fume encore par endroit. Oui 30 ans après.

C’est lunaire, invraisemblable, déroutant et fantastique.

Mon esprit a passé en vain tout le temps où j’ai déambulé sur ce site (il y a un chemin à suivre) a cherché à quoi se raccrocher. En vain. (D’une manière générale mon esprit a cherché pendant tout mon voyage en Islande à quoi se raccrocher. En vain.)

D'autres solfatares

D’autres solfatares

 

C'est beau non ?

C’est beau non ?

 

Coulée de lave cordée

Coulée de lave cordée

 

Petite coulée de lave ... (à perte de vue)

Petite coulée de lave … (à perte de vue)

 

Oui ça fume ... encore ...

Oui ça fume … encore …

 

Accessoirement ça m’a permis de prendre conscience qu’après une éruption volcanique, la végétation ne reprenait pas si facilement ses droits. 30 ans après, rien n’a poussé et un de nos guides nous a confié qu’il faudrait encore beaucoup de temps. On prend mieux conscience de la violence du volcanisme et de l’agacement (réel) des islandais face aux craintes plaintives des européens de voir leur trafic aérien perturbé par une éruption en Islande. Je me suis sentie franchement merdeuse quand un islandais m’a fait remarquer que les européens pleurnichaient à l’idée de ne pas pouvoir prendre leur avion pour partir en vacances mais que pour les islandais une éruption c’était la possibilité de très gros problèmes et d’une zone détruite pendant une centaine d’années, ce dont les européens se fichaient complètement …

(nb : de plus cet article [en] semble indiquer qu’on a appris depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull et qu’une situation similaire ne pourrait pas se reproduire) (ya des belles photos / vidéos de l’éruption)

 

Après ça nous somme montées jusqu’au Viti (qui veut dire Enfer, les islandais pensant que c’était l’une des portes qui permettait d’y accéder) de Krafla, le cratère d’un volcan en semi-activité qui est resté bouillonnant pendant plus d’un siècle après sa dernière explosion (1724). Là il était calme et on n’avait surtout pas envie qu’il se réveille. Je me suis surtout dit qu’il fallait se méfier et ne pas oublier que sous son air paisible ce « lac » cache une bombe …

Le Viti de Krafla

Le Viti de Krafla

 

Enfin nous avons rejoint le lac Myvátn et après cette journée chargée et remuante, nous sommes allées nous détendre dans les bains naturels de Myvátn

Je sais vous me détestez :D

Je sais vous me détestez 😀

 

Moment bonheur.

Très fréquentés par les touristes, et assez cher (20€ l’entrée) environ mais naturels, moins chers et moins marketing que le Blue Lagoon …

(nb : n’oubliez pas, en Islande avant de se baigner où que ce soit on attend de vous que vous vous laviez sous la douche entièrement nu(e) et les douches peuvent être communes (mais non mixte). N’y coupez pas sous peine de vous faire pourrir sévère et honnêtement tout le monde se foutant à poil dans les vestiaires, ça parait complètement naturel que vous aussi le soyez. Si vraiment vous bloquez, n’oubliez pas que ces espaces sont naturels, qu’il faut les préserver et que les islandais ne vont pas coller de la javel comme nous dans nos piscines …)

Discussion

2 Responses to “Geysers et sac à dos : de Skaftafell à Myvatn”

  1. Aaah, la toponymie, une de mes grandes passions !

    Posted by The FILF (@theFILF) | 15 septembre 2014, 10:13

A vous les studios

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