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Barcarolle

De l’amitié à la colère

Comment peut-on avoir autant apprécié quelqu’un des semaines auparavant et aujourd’hui la haïr autant ?

 

Je n’ai pas l’habitude que mes amitiés se terminent dans l’incompréhension, la colère, la rancœur et la haine. J’ai l’habitude qu’elles se terminent doucement, qu’elles se diluent presque, dans les chemins de vie qui divergent, les modes de pensées qui s’éloignent, le temps qui manque et les mails pas envoyés.

 

J’ai choisi de couper court, de ne pas vouloir d’explication, de tourner la page. Peut-être est-ce la raison de cette rancœur persistante ?

Je frémis en lisant ou entendant certains mots et certains noms. Certains souvenirs si doux hier, je les esquive aujourd’hui.

Je réécris l’histoire tout en essayant de toutes mes forces de ne pas le faire. Ne pas salir inutilement les moments partagés, ne pas céder à la tentation de se dire que dès le début les choses étaient viciées, ne pas donner une couleur de fausseté à ce qui a été vécue.

 

Il y a de la colère aussi parce que je me sens volée.

Volée d’une amitié, d’une affection, de rires et de confidences.

Volée d’une confiance donnée. Une confiance immense en plus.

Je me sens d’autant plus volée qu’elle m’a dit un jour « les gens ne font pas volte-face brutalement », que j’y ai cru, et qu’elle est celle qui m’a démontré le contraire, remettant le reste – mes autres amitiés – en cause.

 

Si j’avais un jardin, j’essayerais de mettre cette amitié et ma rancœur dans une boite que j’irai enterrer tant je ne sais qu’en faire.

Manque de bol … je n’ai pas de jardin.

Discussion

8 Responses to “De l’amitié à la colère”

  1. garde les bons souvenirs et mets un mouchoir sur le reste… (Il te faudra du temps pour faire ton deuil de cette amitié, c’est pas drôle, c’est frustrant, c’est une rupture subie… mais ça se diluera aussi… des bises ma grande <3 )

    Posted by Daydreamer Macarel Mille Dious | 26 octobre 2014, 10:43
  2. L’amitié est un des leurres de la jeunesse, rien de plus. En réalité, elle n’existe pas (et encore moins chez les filles…) ; ou, en tout cas, n’a aucune importance.

    Donc, rien à regretter.

    Posted by didiergoux | 26 octobre 2014, 10:51
  3. Je vais avoir un jardin dans quelques mois, je pourrai t’enterrer une boîte à ce moment-là si tu veux, mais ça fait longtemps à attendre avec autant de colère. *hugs*

    Posted by Anna Musarde | 26 octobre 2014, 18:53
  4. Si on prend ta dernière phrase au pied de la lettre, il y a ce qu’on appelle des « actes symboliques » qui permettent de se « défaire » d’une relation. Je les ai utilisés, il faut y croire mais ça peut aider. A défaut de jardin, l’un d’eux peut être une lettre ou une liste de ce qu’on voudrait dire, reprocher, en se lâchant. Et la brûler en toute conscience pour mettre un point final à l’histoire.
    Sinon que te dire, je sais combien c’est douloureux. Et pour autant, moi qui ai vécu des amitiés qui se dissolvaient avec le temps, je me suis bien souvent posé la question du pourquoi, et ne l’ai pas forcément bien vécu. Même si je n’ai jamais eu le courage de passer à l’affrontement pour mettre un terme « officiel ». Je n’ai jamais trouvé de bonne solution. Aujourd’hui, j’aimerais aussi pouvoir mettre un mot fin sur l’une d’elle sans savoir comment faire….
    Ca ne t’aide pas je sais et suis désolée, juste pour dire que oui l’amitié peut être douloureuse et porteuse de beaucoup d’interrogations. Mais quand ça marche, qu’est-ce que ça vaut le coup!!!

    Posted by Floh | 27 octobre 2014, 09:32
    • Eh bien en fait, comme (très) souvent, mon acte symbolique c’est de l’écrire sur le blog. Comme une pensine en fait, ça reste écrit, marqué pour toujours, mais plus dans ma tête.
      J’ai parfois des regrets de mes amitiés effilochées en douceur, mais jamais cette colère.

      Posted by Shaya | 27 octobre 2014, 21:01

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