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Dans ma valise

Cigares et mojito : Santiago de Cuba, Camagüey, Cayo Guillermo

On ne peut pas dire qu’il s’agisse de mes déceptions de ce voyage car en vérité à Cuba rien ne m’a déçu.
On va dire qu’il s’agit de ce que j’ai moins aimé en comparaison de tout ce dont j’ai parlé avant. Et pas forcément pour des raisons architecturales ou autre mais aussi parce qu’on ne peut pas dissocier une ville de son territoire, de ce qui s’y passe et de ce que ses habitants y vivent. Et à Cuba l’aspect social n’est jamais loin …

Santiago de Cuba
Je voulais absolument aller à Santiago de Cuba à cause de son histoire. Dès le départ c’était une étape non négociable de mon voyage à Cuba.
Et si Santiago de Cuba a été un démarrage un peu brutal et m’a pas mal déstabilisée, ce crescendo vers la Havane m’a permis je crois de pleinement admirer les beautés de la Havane et d’en tomber complètement amoureuse.

Santiago de Cuba est une des plus anciennes villes de la Havane et la 2e en importance actuellement. Mais le très mauvais état des routes et infrastructures de l’île l’isole considérablement et la laisse encore actuellement à l’écart des grands circuits touristiques. De ce fait, la pauvreté est vraiment prégnante à Santiago de Cuba et c’est l’endroit où je me suis sentie le plus sollicitée, voire même harcelée, par les jineteros mais aussi pour donner tout simplement (des savons, des vêtements etc). A Santiago de Cuba c’est quasi non stop mais aussi cette impression que tout se paye (la visite + les photos pendant la visite etc…).
Au delà de ça, j’ai trouvé cette ville dure (là où Trinidad était douce) mais avec le recul je ne suis pas étonnée.
La pauvreté donc y est omniprésente, les immeubles pourrissent sur place sans ce charme de la Havane et suintent la misère, mais l’histoire de la ville aussi contribue à cette dureté : Santiago est la ville des révolutions. Celle de Castro évidemment mais aussi celle d’avant, contre les Espagnols. C’est aussi là que sont enterrés les « pères de la Patrie ». Et Castro. Les slogans de la propagande castriste y sont visibles partout (contrairement à la Havane), l’architecture très communiste.
Tout ça contribue à la dureté de cette ville. Surtout en premier contact avec Cuba.

Le monument d’Antonio Maceo (un autre des « pères de la patrie ») qui trone sur la place de la révolution. Vous voyez le petit côté soviétique ?
Ca aussi ça a un petit côté soviet
Et puis des fois qu’on oublie où on est, la piqûre de rappel n’est pas discrète
Dites bonjour à tonton Fidel
Mais Santiago c’est aussi un centre historique
Mais aussi la maison de Diego Velazquez (très étonnante par son architecture andalouse et très différente des maisons coloniales ultérieures)
Une cathédrale bleue très photogénique 😉
Et d’anciennes maisons coloniales (limites châteaux) transformées en écoles ou en musées (mais avec un avion dans le jardin) (regardez bien la photo)


Camagüey
C’est compliqué d’expliquer l’effet que la ville de Camagüey m’a fait. Je crois que le meilleur terme c’est « l’indifférence ».
L’indifférence face à son architecture, l’indifférence face à ses 9 églises, l’indifférence face aux tijarones, les grandes jarres enterrées servant à recueillir l’eau de pluie, l’indifférence face à Ignacio Agramonte (le héros local).
Le seul souvenir que je vais garder de Camagüey je crois sera cette lumière du soir dans laquelle je l’ai photographié en arrivant.

C’est sous cette lumière que j’ai préféré Camagüey
Entre chiens et loups
Les fameuses tijarones (pas trop enterrée celle là)
Par contre j’ai adoré l’expression artistique de Camagüey (Cuba est riche artistiquement j’ai trouvé)


Cayo Guillermo
Ah Cayo Guillermo … ma pause plage de rêve, sable blanc, mer translucide et cocotiers. J’avais trouvé dommage d’aller à Cuba uniquement pour visiter sans prendre le temps de profiter du Cuba des plages. Aussi au milieu avais-je calé 3j à Cayo Guillermo pour souffler. Cuba c’est une grande île entourée par plein de petits ilôts perdus dans la mangrove ou à quelques encablures de la côte.
Quelques uns d’entre eux ont été transformés en lieux de villégiatures pour touristes occidentaux. J’avais choisi Cayo Guillermo car c’est une petite île et au bout de celle-ci se trouve la magnifique Playa Pilar (du nom du bateau d’Hemingway qui venait y pêcher au gros).

Playa Pilar s’est avérée aussi merveilleuse et magnifique que je l’avais imaginé. Cayo Guillermo en général s’est révélé le lieu de plages de rêve que j’avais imaginé.
Pour le reste … pour le reste le seul moyen de se loger dans ces cayos c’est l’hôtel de luxe (en théorie) géré par des groupes étrangers (généralement espagnols) en all-inclusive. Avec tout ce que ça peut comporter. Première fois de ma vie que je logeais dans ce type d’établissement. Dernière fois aussi probablement. Au minimum ça a été une expérience sociologique intéressante. Cuba est très prisée des canadiens notamment, ils y viennent 3 semaines en all-inclusive sans mettre un pied dehors et donc sans rien voir du pays. Ma définition de l’angoisse je crois.
J’ai ainsi pu observer le gang des serviettes qui à 8h réserve son transat au bord de la piscine, le broc énorme qu’on demande à faire remplir de bière au bar tout au long de la journée, les gens en plein soleil de 10h à 17h et donc rouge écarlate mais qui y retourne tout pareil le lendemain (alors qu’à 17h30 la plage est … déserte!). L’an-goi-sse.

Mais en vérité mon plus gros problème à Cayo Guillermo ça a été la qualité déplorable des installations hôtelières. D’une manière générale il ne faut pas avoir d’attentes trop démentielles concernant les hôtels cubains. Surtout quand ils sont gérés par des groupes internationaux paradoxalement. Malgré les étoiles nombreuses affichées (et les prix en conséquence), ils ne sont clairement pas au niveau d’une clientèle internationale (mais c’est propre, aucune mauvaise surprise de ce côté là). Là dessus aussi j’ai beaucoup pensé à l’Inde, je me rappelle cet hôtel Park Hyatt, où les draps – certes propres – avaient des traces de tâches anciennes. Le fou rire que j’avais eu en me disant que nul part ailleurs qu’en Inde ça ne pouvait se voir dans des hôtels d’un standing pareil. L’entretien des installations n’est absolument pas une priorité à Cuba (compliqué probablement par l’embargo subi par l’île mais ça ne fait pas tout). Paradoxalement les « petits » hôtels 100% cubains affichant « seulement » 3 étoiles se sont avérés de bien meilleures surprises que les hôtels internationaux. Mais Cayo Guillermo a été le summum (et le seul endroit où j’ai râlé parce que je ne suis pas d’une exigence folle surtout dans un pays pauvre) avec pas d’eau froide (donc pas de douche possible) et pas de WC … et une équipe franchement méprisante (pas habitué aux touristes râleurs manifestement … pas souvent des français faut croire). Au final ils nous ont changé de chambre, offerts 2 bouteilles de rhum et une dîner langouste pour se faire pardonner mais ça a clairement gâché la parenthèse (et ils ont redonné aussi sec notre chambre à de nouveaux arrivants). Ça aurait pu être 3j parfaits, ça a été 3j moyens…

Ah … playa Pilar !
La vue depuis la 1ère chambre (celle sans eau froide et chasse d’eau)
La piscine au coucher du soleil, vidée du gang des serviettes

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