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Shaya

Shaya has written 612 posts for En Shayalandie

Calligraphie

L’écriture me manque.
L’écriture manuscrite me manque.
Pour ce qui est de coucher mes mots j’ai la chance d’avoir ce blog et sinon ça me manquerait aussi.

Ce qui me manque c’est le stylo qui court sur le papier, ce sont les lettres tracées par ma main, c’est le poignet qui s’endolorit d’avoir beaucoup écrit. C’est l’odeur du papier, les lignes tracées sur la page pas vraiment blanche de ce fait, l’encre qui inscrit et le blanc pour corriger la phrase quand la pensée s’est égarée ou que l’accord a été mal effectué.

L’école me manque rien que pour ça. J’ai la nostalgie des kilomètres d’écrits notés, de ma trousse remplie de différents stylos. J’adore les stylos, aujourd’hui encore, je suis sensible à la façon dont ils écrivent, à la joliesse qu’ils donnent ou pas à mon écriture.

J’ai la nostalgie des centaines de pages écrites à ma meilleure amie pendant que j’étais à la fac pour lui raconter au jour le jour ma vie. Du stylo plume et du stylo bille, des feutres fins de couleur.
J’ai la nostalgie aussi des écrits qu’on retrouve un jour par hasard en vidant une armoire ou un grenier.

Comme tout le monde je passe beaucoup de temps sur l’ordinateur. J’écris toujours beaucoup mais c’est par le clavier que je le fais. J’envoie des mails, je rédige des documents, je m’escrime sur Excel pour faire des tableaux, et le poignet est douloureux de manier la souris au lieu du stylo.
Pourtant je ne suis pas très douée pour réfléchir sur informatique, régulièrement il me faut revenir au papier pour organiser mes idées, gribouiller et raturer à la main pour savoir ce que je vais dire et écrire et dans quel ordre.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien je pense si le Bullet Journal – son carnet et cette nécessité d’écriture – me convient autant, si j’y prends autant de plaisir malgré les années qui passent, et que je n’ai jamais pu passer aux méthodes d’organisation numériques sur ordinateur ou smartphone.

Mais le Bullet Journal ne comble pas mon envie d’écrire régulièrement un long texte, même pas une belle phrase en fait.
Du coup je me demande si je ne vais pas essayer de m’écrire régulièrement une lettre.

Lac d'Annecy entouré de montagne

On oublie…

Belle fin de journée

J’ai la chance, la grande chance, d’habiter dans un endroit magnifique.
Et des fois je l’oublie.
En fait, souvent je l’oublie.
Prise par le quotidien, la circulation trop dense, les journées tunnel qui ne laissent pas de répit pour relever la tête et réaliser la chance qu’on a (d’être là, d’être heureuse, d’admirer l’arbre face à ma fenêtre et les oiseaux qui nichent dedans), prise par les désagréments de cette ville touristique, à la croissance de population effrénée, prise par la météo grise et froide.

J’oublie d’admirer les superbes montagnes face à ma fenêtre, j’oublie d’admirer la couleur du lac, j’oublie qu’en 1/4 je peux être en pleine nature, j’oublie qu’en sortant du travail je peux aller le baigner, j’oublie la neige qui fait briller la ville l’hiver.

Et puis il suffit d’une étincelle pour que mes yeux se dessillent et que la magie et la mémoire me reviennent.
Le virage d’une route qui m’offre un panorama superbe sur le lac ou le Mont Blanc, l’éclat d’une forêt rousse au soleil de l’automne, le chant des oiseaux ou la rencontre des marmottes lors d’une balade en montagne, les premières neiges qui viennent illuminer les sommets.


C’est pareil avec les gens qu’on aime.
On oublie la chance qu’on a.
Pris dans le quotidien qu’il faut assumer jour après jour, pris dans les habitudes, pris dans les certitudes.
On oublie les rires, les conversations qui font grandir et réfléchir, la complicité, les découvertes. On oublie tout ce qu’ils apportent à notre vie.

Et des fois on ferait bien de s’en souvenir et de retrouver la magie.

une statue du dieu ganesh

Relativité de la saleté

une statue du dieu ganesh
Mon cher Ganesh <3

L’autre jour dans un musée, alors que j’étais assise sur un banc à contempler une oeuvre, une dame est arrivée pour s’asseoir à côté de moi. Il y avait une petite trace sale sur la place libre, que je n’avais pas vu, comme un truc renversé et essuyé mais qui aurait laissé une trace colorée que personne n’aurait frotté vigoureusement pour la faire disparaître. Elle s’est mise à pester vraiment très fort que quand même il pourrait nettoyer dans ce musée et que le monde partait à sa perte et blablabla.

Intérieurement je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. C’était rien et elle en faisait tout un drame. C’était vraiment rien comme saleté, ça ne collait pas, ça n’allait pas tâcher ses habits. Et puisque justement elle avait des habits, ça n’allait pas la souiller elle, ça n’allait pas passer la barrière de sa peau et déclencher une septicémie. Mais je me suis mordue la joue pour ne rien dire et je me suis souvenue …

Il y a eu un temps où je n’acceptais pas de yaourts périmés depuis ne serait-ce qu’un jour (personne ne parlait alors des DLC qu’on peut allègrement dépasser), où je refusais de manger avec les couverts utilisés par quelqu’un d’autre (de très proche hein), où je n’allais pas dans des toilettes à la turc ni dans des chiottes publiques pas absolument impeccables et quand bien même elles étaient propres je ne posais jamais un bout de peau sur la lunette, où je tombais dans les pommes à l’idée de m’asseoir sur un banc un peu sale/vieux. J’exagère … mais à peine et je pense que vous voyez l’idée. J’avais été élevée dans une conception très occidentale de l’hygiène, et la moindre saleté risquait de déclencher une terrible maladie et de me tuer.

Et puis … je suis allée en Inde.
Je me suis levée dans des chambres dans lesquelles il y avait des cafards (et ça ne paraissait rien parce que de l’autre côté de la porte il y avait des rats du coup les cafards c’était bien), je me suis douchée avec un seau et de l’eau de pluie récupérée sur le toit, j’ai été dans des toilettes qui n’était qu’un trou dans un sol et dans d’autres qui étaient un cloaque à ciel ouvert plutôt que des toilettes, je me suis lavée les dents à l’eau purifiée pour ne pas rester à me vider 3 semaines, j’ai marché dans des rues qui n’avaient probablement jamais vu la propreté, j’ai marché dans des rigoles de saleté drainées par l’eau de la mousson, j’ai dormi dans un lit dans un hôtel Hyatt dont les draps avaient gardé des tâches propres (et je me suis dit qu’il n’y avait qu’en Inde qu’on pouvait voir un truc pareil dans un hôtel de ce standing), j’ai acquis des réflexes dont celui de ne JAMAIS boire de l’eau du robinet dont j’ai mis plusieurs jours à me débarrasser à mon retour, j’ai prié pour que le vendeur à la sauvette ait dit vrai et n’ait pas mis de glaçons dans le jus de fruits, j’ai croisé les doigts pour que les plats, les couverts et les verres des restaurants aient été lavés avec au moins un peu de savon.

Et ce voyage en Inde a beaucoup changé mon rapport à la saleté. Ce fameux lâcher-prise qu’on nous enjoint à atteindre souvent et que je recherche parfois, je l’ai acquis là bas concernant l’hygiène. J’ai appris qu’une tâche de saleté ne pouvait pas nous tuer mais que de l’eau contaminée était fatale, qu’on pouvait faire pipi dans à peu près n’importe quelles conditions sans risque sanitaire mais que se retenir entraînerait à coup sûr une cystite bien plus préoccupante, que la peau était une barrière bien solide tant qu’on n’avait pas la moindre plaie.
Depuis que je suis rentrée je mange des yaourts périmés, je pose mes fesses sur la lunette des toilettes et j’utilise les toilettes à la turc sans rechigner, et parfois je consens à utiliser la fourchette de quelqu’un d’autre pour croquer un truc (mais la cuillère je ne peux pas!), je m’assois sur des endroits un peu crade en me disant que la machine à laver fera le reste et que ça n’est pas si crade.
Et je me marre intérieurement quand j’entends mes collègues dirent qu’elles défont TOUT le lit pour voir l’état de la literie quand elles dorment dans un hôtel (en France), ou qu’elles en s’assoient même pas sur la cuvette des toilettes de l’hôtel, ou qu’elles sont scandalisées parce que potentiellement la femme de ménage a utilisé la même lavette pour nettoyer le lavabo et la lunette des toilettes. L’Inde m’a vraiment beaucoup détendue sur ce sujet.

Mais je suis encore plus chiante sur le lavage des mains et sur la désinfection des plaies.


nb : cette article de Marion Montaigne sur la lunette des toilettes (en vidéo ici) m’a bien aidée à me conforter dans ma détente sur le sujet.

Oscillations

De droite à gauche et de gauche à droite

En ce moment j’oscille beaucoup. Voire j’ai la sensation d’osciller en permanence, sans moment stable.
Entre l’impression que je pète la forme et celle que je vais m’effondrer physiquement.
Entre l’impression de beaucoup trop m’écouter et celle que je devrais le faire beaucoup plus.

Cette période de canicule est comme je le redoutais rude physiquement pour moi. Tension dans les chaussettes (enfin elle baissait déjà dans les 15j avant), tachycardie par moment, sensation d’épuisement, jambes qui flageolent et tête qui tourne.
Ça me fait mal de le dire mais peut-être bien que j’ai rejoint le club des « personnes fragiles ».

Mais pas tout le temps.
Il y a des matins où je vais bien, des moments où un brin de fraîcheur me remet en route, il suffit parfois de quelques minutes allongées pour que cette baisse de tension et la faiblesse qu’elle induit ait disparu.

Du coup je ne dis rien à mon entourage. Ou alors juste que « je vais doucement » en ce moment. Alors qu’en fait il y a des moments où je suis vraiment mal, à deux doigts du malaise ou de l’effondrement; et des moments où je vais vraiment bien. Et pas tellement d’entre-deux.

Je ne dis rien parce que dire c’est reconnaître que … Que physiquement je suis tout sauf un roc, qu’il faut qu’ils fassent attention à moi (avec en plus tout le risque de déception autour de ce sujet).
Je ne dis rien parce qu’eux vont dire quoi ? De m’arrêter ? Je travaille dans un lieu climatisé, c’est encore là que je suis le mieux, si je pouvais j’y dormirai mais y être implique, oui, de travailler.
Je ne dis rien parce que … qu’est-ce que ça va changer de le dire justement ? Rien.

Alors autant se taire, courber le dos en silence quand je suis au bord de l’effondrement, en attendant que ça passe.

Rétrospective photo

Vivre là-bas tout l’été

J’aime bien me replonger dans mes photos. Surtout – on ne va pas se mentir – dans celles de mon smartphone ou d’Instagram, accessibles à tout moment et parfois plus représentatives de « moments de vie » que celles faites avec mon APN.
Régulièrement je me fais un petit trip photos des derniers mois/années.

Là je suis tombée sur les photos prises par et avec mon petit frère quand il est venu en février. J’aime tellement revoir ces photos de lui, de nous, de notre complicité. J’aime garder la trace de sa silhouette dégingandée de ces 17 ans. J’aurais plaisir à la regarder plus tard et à me remémorer ces jours et nos rires.
Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir plus de photo de lui, de son enfance, des changements qu’il a connu au fil des années. J’en ai fait – j’ai le souvenir d’une photo de lui et de sa bouille de coquin quand il avait 6-7 ans – mais les tirages photos se sont perdus et même si c’est flippant de voir Google être capable de savoir où j’ai pris un certain nombre de photos sans que celles-ci aient été géolocalisées (je supprime toujours la géolocalisation de mes photos) c’est quand même bien pratique aussi cette mémoire numérique qu’il stocke et garde.

Je prends très peu de selfies (et j’en conserve encore moins), je me moque de me voir moi mais j’aime garder la trace des autres et documenter les moments passés ensemble. Souvent je me dis après que j’aurais dû prendre plus de photos … ou moins en supprimer après parce que je trie très souvent et parfois trop sévèrement.
En plus j’ai mis longtemps à prendre ces photos là. Longtemps j’ai préféré les photos sans personne dessus, celles grandioses de paysages ou de villes mythiques – de celles qu’on peut mettre sur Instagram en s’attirant des « wahou » – sans que mes proches apparaissent dessus. Je préférais prendre des portraits volés d’eux mais je n’y pensais pas forcément ou alors je n’étais pas contente du résultat. Je n’aime toujours pas trop les photos posées mais désormais je m’oblige à en faire. Pour garder une trace d’eux, de ce moment vécu ensemble, parce que finalement avec le recul ce sont ces photos là qui comptent le plus au fur et à mesure que les années passent.

Je ne suis absolument pas nostalgique du temps qui passe, j’aime chaque nouvelle journée et les possibles dont elle est la promesse, j’aimais prendre soin de mon petit frère quand il était enfant mais je ne troquerais pour rien au monde notre complicité maintenant qu’il devient adulte. Mais je suis de plus en plus nostalgique que ce temps passé le soit sans avoir laissé de traces, sans souvenirs à regarder, sans photos à comparer, sans rappels à la mémoire.

Alors je commence à documenter le présent pour le futur et pour que les moments passés et les choses faites ensembles ne sombrent pas dans l’oubli.

Elle pleure sa perte

Chat endormi sur le canapé
En cas de déprime ils nous restent les chats

Ils sont 6 ce soir là quand je rentre dans la salle pour cette dernière heure de travail de la journée.
Je dis bonjour à tout le monde, au groupe, et je démarre cette séance. J’en profite une fois qu’ils sont lancés pour m’enquérir de chacun, individuellement, discrètement, à voix douce. Comment s’est passée la dernière chimio ?, qu’est-ce que le dernier rdv avec l’oncologue a donné ?, comment vont-ils d’une manière générale. Je le fais toujours ainsi.

A posteriori je me dis que je l’ai vu, inconsciemment, qu’il y avait une tension dans le visage, dans l’attitude de cette dame quand je lui ai dis « ça va? ». Je ne l’ai pas conscientisé mais je n’ai pas été surprise en voyant son masque se fissurer et qu’elle éclatait en sanglots.

Dans ces cas là les autres patients ont deux types de réactions : il y a ceux qui font comme s’ils n’avaient rien vu et qui me laissent gérer et il y a ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de venir témoigner de leur soutien à celui/celle qui pleure.
Je comprends la 2e réaction – il est probable que je fasse la même chose plus qu’à mon tour – mais elle m’agace profondément.

Elle m’agace profondément pour une très mauvaise raison et trois bonnes. Ma très mauvaise raison c’est que quand ils le font mon ego se sent remis en question dans ma capacité à gérer ces pleurs et à les gérer correctement. A cet instant, dans ce groupe, c’est MOI la responsable, MOI la professionnelle, JE gère. Une très mauvaise raison ai-je dit mais malgré mes efforts je doute de jamais réussir à l’annihiler complètement. Surtout que j’ai trois bonnes raisons pour être agacée.
La première c’est que souvent venir manifester son soutien sur le moment ne rend pas service à la personne qui est en train de pleurer. Ce sont des pleurs qu’elle aurait voulu ne jamais laisser échapper. Pas ici, pas comme ça, pas à ce moment là. Alors c’est plus facile en général pour elle, pour son estime, pour son orgueil, si les autres font comme si de rien n’était pendant que j’éponge les pleurs. Quitte à venir après, une fois la crise passée, presser une main sur une épaule ou faire un câlin qui dit « j’ai vu, je suis là, ça va aller ».
La deuxième bonne raison c’est que le risque est grand qu’en voulant – en toute bonne foi – consoler celui qui pleure, l’autre ramène tout à soi. Ils vivent la même maladie, pas forcément de la même façon mais des moments difficiles ils en affrontent tous et chacun à sa manière. Sauf que la tentation est grande de dire « moi aussi j’ai déprimé et j’ai fait ci et ça et finalement regarde ça va bien ». J’ai un statut différent, je ne suis pas malade, je ne suis pas émotionnellement concernée, je ne me projette pas. Et je fais très attention de leur laisser dans ces moments là tout l’espace pour pleurer, pour exprimer ce qui doit sortir, je fais tout pour légitimer et reconnaître leur souffrance du moment et leur droit à pleurer.
La troisième bonne raison c’est que souvent celui qui le console le fait avant tout pour lui plus que pour celui qu’il console. « Regardez comme je suis une belle personne qui vient en aide à ceux qui souffrent ».

Enfin là tout ce qui me préoccupe, c’est elle et sa peine. Je l’isole légèrement du groupe, je lui donne l’espace pour pleurer sans que tout le monde la voit, face à cette fenêtre grande ouverte qui lui permet d’avoir de l’air frais. Je ne lui demande pas de m’expliquer, je n’ai pas besoin d’explications et en vérité je sais qu’elle m’en donnera probablement quand il sera temps pour elle de le faire, aujourd’hui ou la prochaine fois que nous nous verrons.

Entre deux sanglots elle finit par me dire qu’elle a pleuré toute la journée, que la vie est tellement difficile. Je me crispe intérieurement, peut-être a-t-elle eu une consultation médicale porteuse de mauvaises nouvelles elle dont la situation médicale est si précaire ?
Les pleurs finissent par se tarir, je finis par réussir à la faire rire. Elle m’explique qu’elle a appris que le mariage de sa fille qui devait avoir lieu dans quelques semaines a été annulé, soudainement, et qu’elle ne cesse de pleurer depuis qu’elle l’a appris.
J’ai un moment de surprise intérieure : cette femme qui encaisse des traitements incroyablement durs depuis des mois, qui ne peut plus rester assise longtemps tant elle est douloureuse, qui prend des antidouleurs a haute dose … cette femme s’effondre parce que sa fille se sépare quelques semaines avant son mariage ?

Et puis je comprends … elle s’inquiète pour sa fille évidemment. Mais quand on est confronté à la perspective réelle de peut-être mourir dans peu de temps, ce qui donne envie d’endurer tous ces traitements, ce qui donne envie de se battre, ce sont ces échéances dans le temps qu’on se fixe pour tenir. C’est le baptême du petit fils, la rentrée scolaire de la petite fille, le mariage de sa fille, le bac de son fils.
Ce qu’elle pleure c’est la perte brutale et inattendue de ce repère dans le temps où elle se projetait, de ce pilier qui l’aidait à tenir au quotidien, de cet événement auquel elle tenait tant à assister et pour lequel elle se battait. Et je la comprends.

On sous-estime trop souvent l’importance de ces éléments donnés par l’entourage qui rythment le futur de ceux qui sont gravement malades. Et les dégâts qu’ils peuvent faire quand ils s’évanouissent.

Elle est repartie avec le sourire, je lui avais promis pendant qu’elle pleurait. Ce soir là je me suis dit que c’était vraiment ça de faire mon job et de le faire bien.

Raccrocher les fils de l’histoire

bouquets de fleurs fleurissant une tombe
Tout ce qui se cache sous ces pierres tombales

En moins d’un an j’aurais été fleurir beaucoup de tombes décidément …

C’est rigolo ce que la fréquentation des cimetières peut nous apporter comme informations sur notre histoire, sur celle de notre famille tout du moins, ce qu’elle peut déclencher comme réflexions et comme connexions entre brides d’informations que l’on possédait déjà mais que l’on avait pas relié jusque là.

Le week-end dernier je suis allée avec ma mère fleurir la tombe de ma grand-mère. Qui est aussi celle de ses parents (ceux de ma grand-mère). Située dans ce coin perdu de la Nièvre, dans un village vraiment à l’écart, vraiment isolé, et dans lequel notre histoire – ce que j’en connaissais en tout cas – ne s’inscrivait pas du tout.

Ça a été l’occasion de mémoriser l’endroit où se trouve cette tombe pour y revenir seule quand il le faudra. L’occasion de demander aussi le pourquoi de ce lieu, de ce village oublié et difficile d’accès, et donc l’occasion d’ajouter quelques lignes de ma connaissance de cette histoire qui s’est écrite bien avant ma naissance.
L’occasion, enfin, de constater que sur la pierre tombale, ma grand-mère a été enterrée sous son nom de jeune fille. Ultime effacement, ultime négation de son mari, mon grand-père, dans sa vie quand bien même elle a porté son nom de famille jusqu’à sa mort.

Mais du coup ce grand-père que je n’ai jamais connu, qui fait parti de ses morts dont on ne parle jamais, où est-il enterré au fait ? Je n’avais jamais posé la question. Je ne me l’étais jamais posée avant en fait.
A 15 kms de là … avec ses parents. Alors qu’ils étaient originaires d’une toute autre région située à 300kms de là. J’ai passé nombre de vacances dans ce village, je ne suis jamais allée sur leur tombe je crois. Ce sont les morts dont on ne parle pas.

Et puis, dans ce cimetière, sous le chaud soleil de ce week-end, m’est soudain revenu ce souvenir vieux et enfoui. Celui d’une fois où mon père est venu me chercher avec mon grand-père et que nous avons fait un détour par un village situé à une petite dizaine de kilomètres pour que mon grand-père paternel aille se recueillir … sur la tombe de son père qui n’avait pourtant rien à voir avec la Nièvre. C’est là où j’ai réalisé que 5 de mes arrières grands parents étaient enterrés dans un rayon de 20 kms, que ça n’avait absolument aucune cohérence ni aucune logique dans ce que je sais de mon histoire familiale, que je n’ai aucune idée de là où sont enterrés les 3 autres et qu’il allait falloir que je pose des questions pour combler les trous béants de cette histoire familiale tant que j’avais encore des gens qui pourraient donner des réponses.

Je savais qu’il y avait nombre de cadavres dans le placard familial, je n’imaginais juste pas à quel point.

Cigares et mojito : la fin du voyage

Voilà c’est la fin de l’album photo de Cuba.
J’aime bien écrire ces billets post-voyage. Ça prolonge un peu celui-ci je trouve de se replonger rapidement dans ses photos et ça permet de le vivre après, comme la préparation et l’anticipation permet de le prolonger en le faisant exister avant. Je suis contente aussi de partager mes photos avec vous.

J’ai l’impression d’être loin d’avoir tout écrit concernant Cuba, peut-être que j’y reviendrai dans quelques mois, j’ai l’impression d’avoir oublié de parler de tellement de choses mais évidemment c’est impossible.
Par contre, les jours passant, je me dis que ce voyage me marquera probablement beaucoup plus que ce que j’avais imaginé en le vivant.

Je vais refermer le chapitre par un billet un peu fourre-tout mêlant réflexions et conseils.

La question majoritaire qu’on m’a posé à mon retour ça a été : « c’était bien ? » … et j’ai été très embêtée pour répondre à cette question. Oui c’était bien dans le sens où je me suis vraiment régalée pendant ce voyage mais Cuba demande une réponse beaucoup plus nuancée et complexe que « oui c’était génial ». Réponse que j’ai donc été incapable de donner, il a fallu que j’explique le contexte de l’île, que je nuance au delà de mon propre séjour qui a été sans nuages. Je crois que je l’ai fait aussi pour casser le côté « voyage de rêve » que Cuba semblait faire naître dans certains esprits. J’ai été surprise avant mon départ par le nombre de fantasmes que mon futur voyage semblait faire naître, il y a un imaginaire fort autour de Cuba et de tous mes voyages c’est la première fois que j’y ai été autant confronté, un imaginaire positif. J’ai aussi été surprise par le nombre de personnes qui dans le vol de retour vers la France (rempli de français donc) exprimaient leur déception face à leur voyage. Je pense qu’il y a un lien fort entre les deux.

Transport en commun cubain
A Cuba on marche ou on monte à cheval ou dans une carriole
Ou alors en bici-taxi
Et on attend (que quelqu’un veuille bien vous prendre en stop)

Je n’ai pas été déçue par Cuba, je m’étais renseignée avant et j’avais déjà cassé cette image d’Épinal d’une île des Caraïbes, couverte de palmiers et de sable blanc, où le rhum coule à flots ainsi que la musique et où tout le monde chante et danse en se baladant dans des vieilles voitures américaines. La réalité est moins … rose et le réveil doit être brutal pour certains oui face à la pauvreté et au délabrement de l’île, aux gens qui se déplacent encore en carriole ou qui attendent des heures au bord des routes que quelqu’un veuille bien les prendre en stop. Alors oui sauf à vouloir s’enfermer dans un hôtel au bord d’une plage sans rien (vouloir) voir de l’île il vaut peut-être mieux éviter Cuba si on ne supporte pas cette vision de la pauvreté. C’est rude, vraiment rude, il faut se préparer à l’idée qu’aller à Cuba c’est aller dans un pays sous-développé (ce sont les cubains qui le disent) et ça oblige à se mettre au clair vis à vis d’un certain nombre de choses, notamment sa culpabilité d’avoir tant quand il manque eux de tout. Moi je trouve toujours que ça remet les idées en place. Bref Cuba c’est comme l’Inde, pas une destination dans laquelle on s’engage à la légère.

(A côté de ça, Cuba c’est de la joie et de la bonne humeur, du lâcher-prise à la mode cubaine, des cocktails oui, de la musique, des beaux paysages, de belles rencontres et une démonstration de solidarité et de la débrouillardise)

La « Tumba Francesa » sorte de Menuet apporté à Cuba par les colons français fuyant Haïti après la révolte des esclaves

L’autre question récurrente concernant mon voyage concerne … la nourriture. So french !
Personnellement ça a plutôt été une bonne surprise ! Probablement parce que je m’étais préparée au pire. On m’avait dit « on ne va pas à Cuba pour la nourriture » et donc je m’étais préparée à un régime alimentaire peu réjouissant digne de celui connu en Islande.
Finalement j’ai été plutôt ravie de constater que la nourriture était simple mais bonne et bien préparée. Je n’ai jamais mal mangé. Après c’est vite répétitif : riz à tous les repas, haricots rouges régulièrement, choux/concombres/tomates en crudité, porc ou poulet ou poissons/crevettes et en dessert flan au caramel (et parfois ananas ou mangue !). Effectivement au bout de 15j on commence à se lasser mais je trouve VRAIMENT malvenu de s’en plaindre alors que les portions sont plus que généreuses quand eux ils manquent réellement de tout.

Cuba c’est aussi des moments WTF où je me suis bien marrée avec une douchette à côté des toilettes dont je me suis bien demandée l’utilité (à la japonaise ?) (ah non en fait c’est pour se laver les pieds … en plein milieu de la salle de bain alors qu’il y a une douche et pas d’évacuation dans le sol ?) ou cette passion pour les Christ assis, complètement dépressifs et déprimants (mais qui me font rire à chaque fois que je regarde les photos).

Alo oui cer déprime christique
C’est pas la pêche encore
Toujours pas …

En résumé avant de partir à Cuba il ne faut pas oublier que c’est :
– Cher
– Pas pour tout le monde (assurément pas si vous ne supportez pas la pauvreté)

– Une dictature communiste
– Une île des Caraïbes de 1200 kms de long environ donc si vous voulez des glaciers et une foule de paysages variés … il faut peut-être réfléchir à une autre destination.
– Une foule de questions et peu de réponses

Cigares et mojito : Santiago de Cuba, Camagüey, Cayo Guillermo

On ne peut pas dire qu’il s’agisse de mes déceptions de ce voyage car en vérité à Cuba rien ne m’a déçu.
On va dire qu’il s’agit de ce que j’ai moins aimé en comparaison de tout ce dont j’ai parlé avant. Et pas forcément pour des raisons architecturales ou autre mais aussi parce qu’on ne peut pas dissocier une ville de son territoire, de ce qui s’y passe et de ce que ses habitants y vivent. Et à Cuba l’aspect social n’est jamais loin …

Santiago de Cuba
Je voulais absolument aller à Santiago de Cuba à cause de son histoire. Dès le départ c’était une étape non négociable de mon voyage à Cuba.
Et si Santiago de Cuba a été un démarrage un peu brutal et m’a pas mal déstabilisée, ce crescendo vers la Havane m’a permis je crois de pleinement admirer les beautés de la Havane et d’en tomber complètement amoureuse.

Santiago de Cuba est une des plus anciennes villes de la Havane et la 2e en importance actuellement. Mais le très mauvais état des routes et infrastructures de l’île l’isole considérablement et la laisse encore actuellement à l’écart des grands circuits touristiques. De ce fait, la pauvreté est vraiment prégnante à Santiago de Cuba et c’est l’endroit où je me suis sentie le plus sollicitée, voire même harcelée, par les jineteros mais aussi pour donner tout simplement (des savons, des vêtements etc). A Santiago de Cuba c’est quasi non stop mais aussi cette impression que tout se paye (la visite + les photos pendant la visite etc…).
Au delà de ça, j’ai trouvé cette ville dure (là où Trinidad était douce) mais avec le recul je ne suis pas étonnée.
La pauvreté donc y est omniprésente, les immeubles pourrissent sur place sans ce charme de la Havane et suintent la misère, mais l’histoire de la ville aussi contribue à cette dureté : Santiago est la ville des révolutions. Celle de Castro évidemment mais aussi celle d’avant, contre les Espagnols. C’est aussi là que sont enterrés les « pères de la Patrie ». Et Castro. Les slogans de la propagande castriste y sont visibles partout (contrairement à la Havane), l’architecture très communiste.
Tout ça contribue à la dureté de cette ville. Surtout en premier contact avec Cuba.

Le monument d’Antonio Maceo (un autre des « pères de la patrie ») qui trone sur la place de la révolution. Vous voyez le petit côté soviétique ?
Ca aussi ça a un petit côté soviet
Et puis des fois qu’on oublie où on est, la piqûre de rappel n’est pas discrète
Dites bonjour à tonton Fidel
Mais Santiago c’est aussi un centre historique
Mais aussi la maison de Diego Velazquez (très étonnante par son architecture andalouse et très différente des maisons coloniales ultérieures)
Une cathédrale bleue très photogénique 😉
Et d’anciennes maisons coloniales (limites châteaux) transformées en écoles ou en musées (mais avec un avion dans le jardin) (regardez bien la photo)


Camagüey
C’est compliqué d’expliquer l’effet que la ville de Camagüey m’a fait. Je crois que le meilleur terme c’est « l’indifférence ».
L’indifférence face à son architecture, l’indifférence face à ses 9 églises, l’indifférence face aux tijarones, les grandes jarres enterrées servant à recueillir l’eau de pluie, l’indifférence face à Ignacio Agramonte (le héros local).
Le seul souvenir que je vais garder de Camagüey je crois sera cette lumière du soir dans laquelle je l’ai photographié en arrivant.

C’est sous cette lumière que j’ai préféré Camagüey
Entre chiens et loups
Les fameuses tijarones (pas trop enterrée celle là)
Par contre j’ai adoré l’expression artistique de Camagüey (Cuba est riche artistiquement j’ai trouvé)


Cayo Guillermo
Ah Cayo Guillermo … ma pause plage de rêve, sable blanc, mer translucide et cocotiers. J’avais trouvé dommage d’aller à Cuba uniquement pour visiter sans prendre le temps de profiter du Cuba des plages. Aussi au milieu avais-je calé 3j à Cayo Guillermo pour souffler. Cuba c’est une grande île entourée par plein de petits ilôts perdus dans la mangrove ou à quelques encablures de la côte.
Quelques uns d’entre eux ont été transformés en lieux de villégiatures pour touristes occidentaux. J’avais choisi Cayo Guillermo car c’est une petite île et au bout de celle-ci se trouve la magnifique Playa Pilar (du nom du bateau d’Hemingway qui venait y pêcher au gros).

Playa Pilar s’est avérée aussi merveilleuse et magnifique que je l’avais imaginé. Cayo Guillermo en général s’est révélé le lieu de plages de rêve que j’avais imaginé.
Pour le reste … pour le reste le seul moyen de se loger dans ces cayos c’est l’hôtel de luxe (en théorie) géré par des groupes étrangers (généralement espagnols) en all-inclusive. Avec tout ce que ça peut comporter. Première fois de ma vie que je logeais dans ce type d’établissement. Dernière fois aussi probablement. Au minimum ça a été une expérience sociologique intéressante. Cuba est très prisée des canadiens notamment, ils y viennent 3 semaines en all-inclusive sans mettre un pied dehors et donc sans rien voir du pays. Ma définition de l’angoisse je crois.
J’ai ainsi pu observer le gang des serviettes qui à 8h réserve son transat au bord de la piscine, le broc énorme qu’on demande à faire remplir de bière au bar tout au long de la journée, les gens en plein soleil de 10h à 17h et donc rouge écarlate mais qui y retourne tout pareil le lendemain (alors qu’à 17h30 la plage est … déserte!). L’an-goi-sse.

Mais en vérité mon plus gros problème à Cayo Guillermo ça a été la qualité déplorable des installations hôtelières. D’une manière générale il ne faut pas avoir d’attentes trop démentielles concernant les hôtels cubains. Surtout quand ils sont gérés par des groupes internationaux paradoxalement. Malgré les étoiles nombreuses affichées (et les prix en conséquence), ils ne sont clairement pas au niveau d’une clientèle internationale (mais c’est propre, aucune mauvaise surprise de ce côté là). Là dessus aussi j’ai beaucoup pensé à l’Inde, je me rappelle cet hôtel Park Hyatt, où les draps – certes propres – avaient des traces de tâches anciennes. Le fou rire que j’avais eu en me disant que nul part ailleurs qu’en Inde ça ne pouvait se voir dans des hôtels d’un standing pareil. L’entretien des installations n’est absolument pas une priorité à Cuba (compliqué probablement par l’embargo subi par l’île mais ça ne fait pas tout). Paradoxalement les « petits » hôtels 100% cubains affichant « seulement » 3 étoiles se sont avérés de bien meilleures surprises que les hôtels internationaux. Mais Cayo Guillermo a été le summum (et le seul endroit où j’ai râlé parce que je ne suis pas d’une exigence folle surtout dans un pays pauvre) avec pas d’eau froide (donc pas de douche possible) et pas de WC … et une équipe franchement méprisante (pas habitué aux touristes râleurs manifestement … pas souvent des français faut croire). Au final ils nous ont changé de chambre, offerts 2 bouteilles de rhum et une dîner langouste pour se faire pardonner mais ça a clairement gâché la parenthèse (et ils ont redonné aussi sec notre chambre à de nouveaux arrivants). Ça aurait pu être 3j parfaits, ça a été 3j moyens…

Ah … playa Pilar !
La vue depuis la 1ère chambre (celle sans eau froide et chasse d’eau)
La piscine au coucher du soleil, vidée du gang des serviettes

Cigares et mojito : Baracoa, Trinidad, Cienfuegos et Viñales

Finalement c’est assez rigolo de raconter en vrac son voyage, ça permet de le déconstruire pour le revisiter autrement et de tirer d’autres liens.
Aujourd’hui, après vous avoir parlé de mon amour fou pour La Havane, je vais vous parler un peu de mes autres coups de cœur de Cuba.

Trinidad
Je le mets en premier alors que je n’y suis arrivée que dans la 2e semaine de mon voyage mais cette ville est un poil au dessus des autres endroits dont je vais parler aujourd’hui. Juste après la Havane en quelque sorte dans mon classement personnel.
J’attendais beaucoup de Trinidad, peut-être parce que la 1ère semaine de mon voyage avait été assez déstabilisante et m’avait un peu laissée sur ma faim en terme d’émerveillement, peut-être parce qu’on m’en avait promis beaucoup, peut-être parce que le nom de Trinidad véhicule toujours autant de fantasme, de mystère, d’exotisme.
J’avais peur d’être déçue par Trinidad à trop en attendre … et il n’en a rien été. J’avais peur que Trinidad soit trop touristique, en général ça me rebute ces villes peuplées de magasins pour touristes et de groupes de moutons se pressant dans les rues, je l’ai trouvé juste touristique ce qu’il fallait pour me sentir moins oppressée par la pauvreté que dans la 1ère partie de mon séjour à Cuba.

Il y a une délicieuse nonchalance dans cette ville, un parfum de temps suspendu et que l’on prend, de Cendrillon coloniale qui viendrait de se réveiller de son long sommeil (le Musée Romantique – ne me demandez pas le pourquoi de ce nom qui n’a aucun rapport – qui est une ancienne fastueuse maison coloniale superbement restaurée mérite vraiment la visite), une absence de stress. Il fait beau, il fait chaud, la vie est plus douce qu’ailleurs grâce aux touristes et la ville est belle. Pas proprette, pas léchée, simplement belle.
J’ai adoré Trinidad.

Ma seule frustration à Trinidad aura été cette occultation complète de son rôle dans l’esclavagisme à Cuba, liée à se proximité géographique avec la vallée de Los Ingenicos, vallée d’exploitation de la canne à sucre. Les grandes familles qui ont construit les grandes maisons coloniales de Trinidad étaient riches grâce à ça. Mais comme je l’ai déjà écrit c’est général à Cuba de ne pas interroger (ou de manière très partielle et orientée) son histoire …

La plaza Mayor et ses maisons coloniales
La tour emblématique de Trinidad
Ah ces palmiers sur les photos, on ne s’en lasse pas
Trinidad est pleine de jolies maisons
Tellement cubain ^^
Trinidad c’est aussi des put*** de galets utilisés en pavés qui te niquent les pieds (rimes riches)
Des rues moins riches mais tout aussi colorées
Des vieilles voitures colorées dans des rues aux maisons colorées
Ah oui, les cubaines pour se protéger du soleil utilisent … les parapluies !
Coucher de soleil sur Trinidad
La vallée de los ingenicos (haut lieu d’exploitation de la canne à sucre) (et orage au loin)
La tour de 45m d’où a été prise la photo précédente, tour servant à surveiller les esclaves qui travaillaient dans les champs


Baracoa
Virage à 180° par rapport à Trinidad. Baracoa est la 2e ville où j’ai posé mes bagages à Cuba. Une ville du fin fond de l’est de l’île (je vous laisse retourner sur la carte de mon voyage que je vous avais mis dans mon 1er billet), au bout d’une route de montagne qui parait un peu interminable. Une ville verdoyante, que les cubains qualifie de « pot de chambre de l’île » tant il y pleut plus qu’ailleurs. Baracoa est à la fois une des premières villes fondées sur Cuba par Christophe Colomb et une ville restée coupée du reste du monde jusqu’en 1960 où une route a enfin été ouverte dans ce massif montagneux qui la surplombe (vous imaginez ? Avant on pouvait seulement y aller en bateau !).
A ce titre Baracoa est … j’allais dire « moins vivante qu’ailleurs » mais ce n’est pas le bon terme. Ville en retrait, en retard sur son temps, très peu touristique, pauvre et soumise plus que le reste de l’île aux cyclones, Baracoa a souffert d’Irma en 2018 et de Matthew en 2016. J’ai aimé cet absence de tourisme qui la laisse encore authentique, ce petit côté western de son centre historique, j’ai aussi beaucoup aimé cette nature verdoyante qui l’entoure, ces forêts de palmiers (décapités par Irma …), ces plantations de bananes, de cacao, de café, ce massif montagneux qui l’enserre. Baracoa c’est l’étape nature. Dans l’avion à l’aller, j’étais à côté d’une cubaine vivant en France qui revenait dans sa famille pour un mois et m’avait dit « il faut aller à Baracoa ».
Je suis d’accord avec elle : ce n’est pas évident, mais il faut aller à Baracoa.

(nb : pour la petite histoire quand on va à Baracoa – je le rappelle la zone la plus humide de l’île – on passe, juste avant d’attaquer la route de montagne, par l’endroit le plus sec de Cuba. Une zone de quelques kilomètres, assez improbable, de quasi désert, extrêmement sèche. Ça m’a fait bien marrer cette proximité entre le plus sec et le plus humide)

Ya que moi qui trouve que ça a un côté far west ?
Perspective
Scène de vie cubaine
Oh ! Des palmiers !
<3
Oh des bananes !
Ceci est potentiellement du chocolat (mais ça se mange comme ça et c’est bon, par contre ça n’a pas le gout du chocolat)
Baracoa c’est le seul endroit où j’ai pu voir la Mariposa, fleur emblématique de Cuba
Une partie des montagnes qui ceinturent Baracoa
Ah oui par rapport à Trinidad ça fait moins rêver …
Et ça n’est pas fini
Les dégats d’Irma sont toujours bien visibles sur le front de mer
Transport en commun de cette ville qui n’a pas de bus 🙂


Cienfuegos
Un autre de mes coups de cœur, même si j’ai malheureusement passé peu de temps entre ses murs. J’ai bien aimé cette petite ville sur la route entre Trinidad et La Havane, sans vraiment être capable d’expliquer pourquoi. Peut-être parce qu’elle a été fondée par un français, originaire de Bordeaux, peut-être parce qu’un arc de triomphe « inspiré de celui de Paris » y trône (faut le savoir), peut-être parce que cette rue piétonne qui mène au Malecon que j’ai trouvé douce à parcourir.
Je crois que des fois il ne faut pas chercher à expliquer. J’ai aimé Cienfuegos et c’est tout ce qui compte à mes yeux.

Le parc José Marti
L’arc de triomphe à la française ^^’
A Cuba, la fête des 15 ans des filles sont hyper importantes : on loue grandes robes de princesse et photographe professionnel pour un shooting de princesse


Viñales
Autre zone de tourisme majeur de Cuba, la vallée de Viñales avec ses formations géologiques et sa culture de tabac mérite qu’on y fasse un tour. Pour ses paysages, pour cette typicité de la culture du tabac et ses coutumes, mais également pour sa végétation. J’ai trouvé que plus on allait vers l’ouest de l’île moins celle-ci se faisait franchement tropicale (ça reste une île des Caraïbes). Les fleurs apparaissent alors qu’on n’en voit pas du tout sur la partie est (à mon grand étonnement), l’air se fait un petit peu plus sec alors qu’il est très humide à Baracoa et Santiago.

Il y a de la douceur à Viñales, malgré la fréquentation touristique et j’ai beaucoup aimé cette vallée.

La belle vallée de Viñales et ses formations géologiques atypiques
La petite cabane à gauche ce sont les séchoirs à tabac
Les feuilles de tabac en train de sécher avant de se changer en cigares
Oh un bébé ananas en pleine croissance !
La vallée de Viñales ce sont aussi plein de grottes et des formations géologiques cachées

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