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Je lis donc je suis

Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

Amour, amour, amour !

 

Ça m’amuse toujours beaucoup de retracer a posteriori le parcours d’un livre qui m’a tellement marquée et comment il a atterri un jour dans mes mains pour mon plus grand bonheur.

Pour la 2e fois de manière très improbable, après l’Art de la Joie de Goliarda Sapienza, c’est au détour d’une chronique littéraire complètement enthousiaste (et étrangement enthousiaste, c’est si rare de lire une chronique où l’auteur semble sincèrement euphorique à propos d’un livre) que m’est venue l’envie de lire un livre qui est instantanément rentré dans mon panthéon littéraire personnel (finalement pas si fourni que ça proportionnellement au nombre de livres lus, je lis quand même pas mal en quantité depuis 25 ans et quand j’y réfléchi des livres ou des auteurs qui m’ont marquée durablement il y en a peu).

Pourtant je n’ai pas osé aborder l’oeuvre de Chimamanda Ngozi Adichie par le livre qu’on me vantait avec tant d’ardeur et je me suis d’abord attelée à lire son premier livre, comme si je craignais que derrière cette critique dithyrambique ne se cache qu’une coquille vide.

C’est donc avec l’Hibiscus pourpre que j’ai découvert la plume ciselée de Chimamanda Ngozi Adichie …. et que j’en suis résolument tombée amoureuse. Mais au delà de la plume de l’auteur, l’Hibiscus pourpre a été un livre saisissant. Sous la délicatesse des mots, la violence de cette histoire et sa malheureuse universalité. Un livre riche – pas complètement mature -, des personnages complexes et fouillés, il ne m’en fallait pas plus pour me décider à me lancer enfin dans Americanah. Avec gourmandise qui plus est.

 

Et je n’ai pas été déçue.

Si l’Hibiscus pourpre a été saisissant, Americanah s’est révélé réjouissant, lumineux, foisonnant. Et impossible à résumer sans le trahir je crois bien.

On y dissèque avec précision la question du racisme aux USA et ce mépris condescendant de l’Occident pour l’Afrique vu comme un territoire arriéré et sans talent, on y affronte pleinement la difficulté de l’expatriation et de la solitude dans un pays dont on ne maîtrise pas (encore) les codes, on y parcourt tout à la fois le Nigeria, les USA et l’Angleterre, on y réfléchit, on y ressent, on y aime, on y voyage.

 

J’ai refermé ce livre en me sentant plus riche et plus intelligente, plus ouverte au monde aussi. Nourrie.

Bref, si vous n’aviez qu’un livre à découvrir ces prochaines semaines, ça serait celui-là; et si vous n’aviez qu’une seule auteure – féministe qui plus est puisqu’il y a quelque temps on m’a demandé si je connaissais des auteurs féministes – à découvrir ces prochains mois, ce serait celle-là.

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