//
you're reading...

Cogito

Where people have no name

Samedi, alors qu’en haut des Monts du Jura, je dominais Genève et un lac Léman fort brumeux – quand on ne fait que deviner difficilement le Salève et qu’on ne voit absolument pas au delà donc absolument pas le Mt Blanc c’est que c’est fort brumeux.

(D’ailleurs si quelqu’un pouvait signaler aux commentateurs du Tour de France que le Salève domine Genève et pas Grenoble ça m’arrangerait. Je vous l’accorde ça commence aussi par un G et il n’y a que 150 kms d’écart entre les deux … une paille autrement dit.)

Ouu là c'est Genève en bas

Ouu là c’est Genève en bas

 

Donc disais-je, alors que je gambadais en haut des Monts du Jura je me suis posée la question de savoir comment s’appelait les gens de l’Ain.

Oui parce qu’il ne faut pas se méprendre, j’étais en haut des Monts du Jura, mais … dans l’Ain.

 

Et je n’ai pas trouvé comment on appelait les gens de l’Ain.

Si bien que redescendue et rentrée chez moi j’ai cherché sur Internet et découvert … qu’il n’y avait pas de mot pour appeler les gens de l’Ain. On les appelle en fonction des 4 régions principales qui composent l’Ain.

Personnellement ça m’a fait bizarre.

On m’a suffisament répété l’importance des mots – ce dont je suis persuadée par ailleurs – quand on a essayé de me convaincre du bien fondé de ne plus être appelé « Mademoiselle » par les impôts (ce dont pour le coup je ne suis toujours pas convaincue, voir les impôts m’appeler Madame ça me vrille toujours les ovaires et surtout ça me donne l’impression d’avoir été mariée de force contre mon gré) et je me suis bien demandée quelle cohésion pouvait avoir un département qui n’avait pas UN nom unique pour ses habitants.

Si au lieu d’être haute-savoyarde j’étais annécienne, je ne suis pas persuadée que je me sentirais aussi proche des chablaisiens ou des chamoniards. De toutes ces autres personnes qui composent la Haute-Savoie.

 

En écho il y a cet article lu dans Causette ce week-end (oui je lis encore Causette je suis trop une inconsciente) où un chargé de prévention qui intervient dans les banlieues exprime son blues. Et raconte dans un de ses (nombreux) exemples que quand ils demandent aux jeunes de ne pas être aggressifs entre eux, ceux ci lui répliquent « vous voulez qu’on soit courtois comme des céfrans ».

Quand on ne se reconnait pas via un nom commun dans une identité commune, quelle proximité, quelle cohésion on a?

 

(Gens de l’Ain, trouvez vous un nom commun pour vous désigner. Vite.)

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

septembre 2018
L M M J V S D
« Août    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930