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Dans les tiroirs

Vie et mort d’un blog

Quand tu ouvres un blog, pour un peu que tu le fasses sous pseudo et sans en parler à ton entourage, franchement c’est le bonheur.

C’est le temps de l’innocence où tu peux raconter n’importe quoi, publier des images de tes peluches en train de s’envoyer en l’air parce que tu t’en fouuuuuuuuuuuuuus!

Personne ne te lit!!!

 

Tu peux parler de cette fille du boulot pas épilée qui sent le poisson, et tu t’en fouuuuuuuus!

Elle ne risque pas de finir sur ton blog!

Parce que PERSONNE ne te lit!

Sauf toi mais bon ca compte pas!

 

Bon en fait ça te fait chier de parler tout seul dans le vent.

Tu vois ces blogueurs avec 100 commentaires par billet et tu les envies!

 

TU AS TORT!

Mais ça tu ne le sais que beaucoup plus tard …

 

Parce qu’un jour, tu sais pas bien comment, ya un péquin qui vient te lire.

Et qui commente.

Mais en fait tu t’en fous.

Tu écris toujours comme tu veux tes conneries.

Tu te sens super libre. Personne ne te connait donc tu bazardes tout sur Cousin Débilos, à quel point il est con.

 

Et puis tu as des lecteurs qui restent un jour.

Au début tu t’en fous.

Mais petit à petit tu apprends à les connaitre. Autant qu’ils apprennent à te connaitre. Ils arrivent à faire des liens entre les indices que tu as semé malgré toi sur ton blog.

Parfois tu te rends compte que tu t’empêches de bloguer un truc à cause d’eux… Pour ne pas leur déplaire, les blesser ou parce que c’est trop intime.

Mais ce n’est pas grave!

Parce que tu t’engueules avec eux, tu rigoles avec eux. Ils sont une présence rassurante sur cet espace qui t’appartient … mais en fait plus totalement même si tu n’en as plus conscience.

 

Si bien qu’un jour …

 

Tu finis par en avoir ta claque des pseudos et des avatars! Des mots émis par clavier et du numérique en général.

Tu as envie d’éclats de rire, de sourires, de visages, de regards, de mots qui se cherchent, de chaleur humaine et de contacts dans tout ce qui fait leur richesse et leur âpreté aussi.

 

Il y a un prix à payer pour ça.

Sur le coup tu n’en as pas eu conscience.

Mais ce jour là tu as définitivement perdu l’innocence et la liberté de tes débuts.

 

Plus jamais tu ne blogues pareil après avoir fait rentrer les gens de l’interneterie dans ta vie « réelle ».

Parce qu’ils connaissent ton pseudo et ton blog, mais aussi ton prénom et ton visage.

Parce qu’ils s’attachent à toi, te lisent régulièrement, savent peut-être des choses de toi que tu n’as jamais raconté sur ton blog.

 

Sans le vouloir ils te brident.

Par peur de les choquer.

Par peur de les blesser.

Par peur de leur regard sur toi.

 

Et il y a des jours où tu voudrais retrouver cette folle sensation de tes débuts.

Te libérer sur ton blog de ces choses qui t’encombrent l’esprit comme tu le faisais avant.

Mais tu ne peux plus.

Car tu sais que derrière il y aurait les mails pour te demander des explications ou parce que les gens s’inquiètent tout simplement.

 

Parfois tu reves de repartir de rien … ailleurs.

 

Mais rares sont ceux qui le font.

 

Soit tu abandonnes ton blog.

Soit tu continues comme c’est.

 

Parce que même si tu t’auto-censures à cause d’eux. Les lecteurs ça peut aussi t’apporter beaucoup.

 

[Original et commentaires : ]

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