//

La vie c'est du boulot

Une situation, deux personnes, des milliards de possibilités

J’ai un bon paquet de visites sur mon blog liées à des requêtes Google du type « mots réconfortants malade » (qui renvoient à ce billet j’imagine).

Ca m’a énormément étonnée et j’ai trouvé ça triste au premier abord que des gens ne sachent tellement pas quoi dire à quelqu’un de malade qu’ils en viennent à chercher des conseils ou des idées sur internet. Après réflexion, je me suis rendue compte que je ne devrais pas être étonnée, que je constatais tous les jours comment des gens malades se retrouvaient blessés par des mots inappropriés ou maladroits et que c’était plutôt sain que des gens qui se rendaient compte qu’ils ne savaient pas quoi dire cherchent des solutions au lieu d’un silence (pire que tout).

Et sans être parfaite dans le domaine je pense quand même ne pas trop mal m’en sortir si bien que j’ai décidé d’y apporter une réponse.

 

Ou plutôt … une non-réponse.

De la même manière qu’il y a 6,5 milliards d’humains sur Terre il y a 6,5 milliards de mots différents adaptés à chacun d’eux pour les réconforter.

Autant dire qu’il n’y a pas de phrases toutes faites qui existent pour satisfaire tout le monde.

Je crois même que les choses sont plus complexes car réconforter quelqu’un c’est une relation entre deux personnes ce qui fait : 6,5 milliards x 6,5 milliards de possibilités. Ce qui fait … beaucoup.

Et pour compliquer encore les choses, le moment où on prononce les mots comptent. Certaines paroles peuvent être bien prises – ou tout du moins tolérées – à un certain moment, et être très blessantes une heure plus tard.

Point de recettes miracles à vous donner donc.

 

Mais quelques vérités générales à mon sens tout de même :

– proche ou pas proche? : on ne dit pas la même choses à deux personnes différentes en fonction de la proximité qu’on a avec elles. Un(e) ami(e) intime (ou un conjoint) aura de plus fortes attentes de soutien et de réconfort, moins de tolérance envers vos bourdes, que quelqu’un dont vous êtes moins proche. Ce qui n’empêche pas que quelqu’un de moins proche puisse être extrêmement touchée par vos attentions et extrêmement blessée par une GROSSE maladresse.

Accessoirement si vous en avez envie (et uniquement à cette condition là), dire à quelqu’un de malade que si il/elle a besoin d’aide, de parler etc… qu’il/elle n’hésite pas à vous appeler même si à la base vous n’êtes pas très proche, c’est l’occasion de se rapprocher justement.

 

– faites preuve d’empathie : l’empathie c’est la capacité à ressentir les émotions des autres et à se mettre à leur place. Ya pas d’autres moyens de déterminer l’état d’esprit de la personne en face, si c’est un « bon » moment ou s’il vaut mieux remettre à plus tard sous peine de la faire pleurer, si elle a reçu des bonnes ou des mauvaises nouvelles. Bref pour pas se prendre les pieds dans le tapis en faisant une immense bourde au mauvais moment.

 

– soyez positif … : les gens malades n’ont pas envie de supporter des gens dépressifs ou tristes qui vont un peu plus les enfoncer. Accessoirement ils ont besoin d’espoir, parce que sans espoir il ne reste rien d’autre à faire que se laisser mourir. A vous de leur offrir ces grains d’espoir.

 

– … mais réaliste : ne dites pas à un malade séropositif qu’il va guérir hein? L’espoir ça ne marche que quand c’est crédible. Les gens malades font souvent preuve d’une grande lucidité sur leur état. Promettre à quelqu’un que dans un an il fera la montée du Mt Blanc alors qu’il vient d’entrer en soins palliatif, tant qu’à faire autant oublier. La lune c’est à d’autre qu’il faut en parler.

 

– ne dédramatisez pas  et ne comparez pas : ne faites pas comme si une maladie grave ça n’était pas rien. Comme si un cancer c’était une promenade de santé. Comme s’ils ne devaient pas se plaindre. Comme si Machin n’avait pas fait tant d’histoire quand lui était malade. Comme si Bidule, lui, avait bien continué de travailler en étant en dialyse tous les 3j. Une maladie grave ce n’est pas rien. Etre capable d’entendre ça, ça fait tellement de bien déjà aux gens en face et une personne = une histoire, donc les comparaisons, dans votre tête.

 

– confiez votre maladresse : si vous sentez que vous pataugez – voire que vous vous êtes bien rétamés -, vous pouvez presque tout rattraper en disant que vous ne savez pas bien comment formuler les choses, que vous avez peur de blesser la personne, que ce n’est pas facile à dire etc… parce que dans le fond c’est comme pour les cadeaux, l’intention y est.

 

– ne vous forcez pas : les mots de réconfort maladroits ne sont rien comparés aux mots de réconfort pas sincères. Ca se sent. Ca fait mal. Le silence est presque toujours mal vécu par les gens malades, mais les mots qu’on se force à dire c’est encore pire.

 

Et pour finir, j’ai envie de dire que parfois on se rétame complet, et que c’est comme ça, et que ce n’est pas forcément de notre faute. Il y a des gens tellement en souffrance, tellement en colère, tellement refermé sur leur maladie, que quoi que vous disiez, ils vous enverront chier. Ce n’est pas agréable mais dites vous bien dans ce cas que ça ne vient pas de vous.

Discussion

2 Responses to “Une situation, deux personnes, des milliards de possibilités”

  1. …il ne faut pas s’arrêter au titre et lire tout, mon esprit mal placé a été interpellé par le titre ^^’

    Posted by regarderleciel | 27 août 2012, 15:58

A vous les studios

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

juin 2017
L M M J V S D
« Mai    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

D’où viens-tu?