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Dans les tiroirs

Tout vient à point

Le dernier livre qu’on m’a offert et quel bonheur

 

Il y a 3 ans de cela, pour mon anniversaire, mon père m’a offert une paire de boucles d’oreille et deux livres.

Sur le moment, j’ai à peine jeté un œil sur les deux livres, j’ai juste regardé les titres et je me souviens de ne même pas avoir lu le 4e de couverture. Non pas par désintérêt ou parce que les boucles d’oreille mobilisaient toute mon attention – même si elles étaient vraiment magnifiques et que ça ne nécessitait pas beaucoup de ressources intellectuelles de ma part pour m’en rendre compte – mais parce que mon père fidèle à lui-même – même si maintenant qu’il est à la retraite il s’améliore – m’avait offert mes cadeaux d’anniversaire en juillet, soit quasiment 6 mois après la date et que ça n’a pas beaucoup de sens pour moi de les recevoir avec tant de retard (néanmoins j’attends le cadeau de mes 30 ans de ma soeur depuis plus d’un an, je la pense en passe d’établir un record, et je n’ai toujours pas reçu non plus celui de mes 31 puisqu’ils devraient arriver ensemble), et qu’en plus on était la veille du mariage de ma grande sœur dont j’étais la témoin ce qui me donnait vraiment autre chose à faire et à penser que de m’intéresser au contenu de ces deux livres.

Manque de bol en plus, les titres et les couvertures étaient assez peu représentatifs de leurs contenus, et à mes yeux assez peu incitatifs à la lecture. Du rose partout, des titres très emphatiques, j’ai eu tôt fait de les classer en … comment dire ça …. vous savez ces livres qu’on lit facilement et qu’on oublie sitôt les avoir fini ? Comme les Musso et cie. Sans jugement parce que ça fait des fois du bien de se vider la tête sur des livres faciles mais je ne suis pas forcément super adepte de ce genre de livres très superficiels.

Alors après le mariage de ma sœur, j’ai posé ces livres dans ma pile de livres à lire sans les avoir ouvert ni n’avoir lu la 4e de couverture, en me disant que mon père me connaissait fort mal tout de même.

Et ils y sont restés depuis tout ce temps. Je les voyais à intervalle régulier en me disant qu’un jour j’allais me décider à les donner même en ne les ayant jamais ouvert.

 

Et puis … et puis il y a quelques mois  – DRAME ! – je me suis retrouvée avec plus rien à lire. Enfin, plus rien …. je me comprends, j’ai arrêté de compter le nombre de livres que j’ai sur ma liseuse et ma bibliothèque est bien remplie mais je n’avais plus rien de nouveau et/ou d’excitant à lire. Et en traînant devant ma bibliothèque, je suis retombée sur ces deux livres. J’ai « enfin » regardé la 4e de couverture et j’en ai ouvert un. Qui n’était certes pas de la grande littérature, ni de ses livres qui vous marque irrémédiablement, mais qui se passait en Écosse et ça valait le coup de le lire en deux jours rien que pour les descriptions de ces paysages que je rêve de découvrir un jour.

Du coup je me suis gardé le 2e sous le coude en me disant que son heure viendrait bien un jour aussi. Et son heure est venue, et malgré le titre et la couverture en tons pêche rose il est bien moins superficiel que je le pensais puisqu’il traite du problème de la discrimination raciale aux USA.

Finalement mon père ne me connaît pas si mal que ça …

 

Je me suis dit que j’avais eu raison d’attendre 3 ans pour les lire. Enfin.

C’était d’ailleurs un peu pour ça que je ne m’étais jamais décidée à m’en séparer. Parce que j’avais gardé le souvenir de ce livre, les cerfs-volants de Kaboul, qu’on m’avait donné quand j’étais au lycée ou à la fac en me disant qu’il était merveilleux mais qui, moi,ne m’avait pas du tout inspirée mais que j’avais conservé pendant des années … avant de retomber dessus après mon voyage en Inde et de tomber littéralement amoureuse de ce livre qui m’évoquait tant désormais.

 

Je crois vraiment qu’il y a un temps pour rencontrer certains livres (et que pour certains cette rencontre ne se fera jamais), a fortiori quand on nous les a offert, que nous ne les avons pas choisi. Qu’il faut se laisser et leur laisser la possibilité d’y revenir plus tard. Y compris des années après. Quand le moment sera venu ou qu’il sera juste le bon moment.

Je sais aussi qu’il y a des choses difficiles à m’offrir, et que les livres en font partie (comme les vernis) même si c’est tentant. Parce que j’ai lu tellement et développé un goût si pointu qu’on peut facilement tomber sur un livre que j’aurais déjà lu ou … un vernis qui ne me plairait pas du tout. Et qu’il faut bien connaître les livres déjà dans ma bibliothèque et mes goûts, ou alors avoir saisi au vol le nom d’un livre que j’aimerais tant lire sans l’avoir encore fait, pour ne pas se planter à l’exercice. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir des très bonnes surprises régulièrement, des pépites que j’aurais raté ou vers lesquelles je ne serais jamais allée.

Et puis parfois il faut juste le temps.

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