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sans vouloir être désobligeante

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Vous serait-il possible de la fermer svp ?

Keep calm and breath

Un matin, au réveil, en ouvrant mon flux instagram j’ai découvert cette image de Sketches in Stilness (que j’aime beaucoup d’une manière générale) et ça m’a fait comme une petite révélation : « c’est tellement ça ».

Je suis fatiguée de l’avis des autres. Et je suis fatiguée qu’ils me l’imposent constamment.
Oh je ne dis pas que je suis toujours parfaite en la matière loin de là. Ça doit m’arriver quelque fois, ça m’arrive surement quelque fois. Mais j’essaye d’éviter d’imposer aux autres ce que je pense du gouvernement en place, de celui d’avant, et de tout un tas d’autres sujets moins politiques mais pas moins polémiques … et je ne dois pas trop mal réussir puisqu’une fois, un ami proche, vraiment proche, m’a dit une fois « mais en fait je ne sais même pas pour qui tu votes » (plus beau compliment) alors qu’on avait parlé politique plusieurs fois ensemble (mais sans que je lui impose MON avis manifestement).

Ça ne veut pas dire que je n’en ai pas d’avis. Sur le réchauffement climatique, sur l’église, sur les fonctionnaires. Simplement que je le garde pour moi. Je ne ressens pas le besoin de l’étaler partout, je ne ressens pas le besoin d’en parler partout, ni de le confronter à celui des autres pour le renforcer ou me sentir détentrice de la parole sacrée et chargée de l’imposer.

J’évite aussi d’imposer mes opinions parce je sais qu’on ne m’en fera pas aisément changer. Et qu’on ne parle pas aux murs, pas plus qu’ils ne se parlent entre eux. Je me suis rendue compte récemment que j’étais franchement solide sur mes bases, que je mettais du temps pour construire mais avis mais que je n’en changeais pas facilement : j’ai fait quelques séances d’hypnose, une histoire de sommeil perturbée qui ne s’arrangeait pas comme je voulais depuis qu’une nuit de novembre 2015 je me suis réveillée avec un steak tartare à la place du mollet. Et j’ai raconté tout ça et tout ce qui concernait la Maladie à l’hypnothérapeute. Parce qu’il était évident pour moi que mes rapports compliqués avec le sommeil s’étaient noués là, dans l’abandon de la nuit où la Maladie avait porté sa première banderille. L’hypnothérapeute n’a pas pu s’empêcher de vouloir chercher une cause psychique à la Maladie, une explication, une raison, une trace dans mon histoire qu’il pourrait relier. Et je lui ai gentiment mais fermement fait comprendre qu’il ne fallait pas, qu’il n’en trouverait pas, qu’il n’en trouverait jamais. Que j’avais cherché un temps aussi au fin fond de mon cerveau avant de réaliser comme c’était vain, que ça ne changerait de toute façon rien. Il a fait marche arrière. Lui.

Mes proches apprennent vite que le silence n’est pas un problème pour moi, que je peux me passer de dire et d’exprimer si on ne me donne pas l’espace nécessaire pour ça.
L’autre jour, au café, mes collègues disaient qu’elles trouvaient qu’en réunion on ne s’écoutait pas assez les uns les autres. Je rigolais en me disant qu’il nous faudrait un bâton de parole. Quelques instants plus tard, sur un autre sujet, deux d’entre elles m’ont coupé la parole en forçant le volume de leur voix pour couvrir la mienne et réagir à ce que je venais de dire sans me laisser finir ma phrase. Je ne l’ai jamais fini. Je ne dis pas que mon avis ne peut pas être intéressant, mais il mérite qu’on lui laisse de la place, je ne vais pas forcer à parler plus fort que les autres pour l’imposer.

J’aimerais bien qu’on me rende la pareille parfois.

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