//

Cogito

Si on devait mourir demain ?

[Préambule : je me rends compte une fois ce billet fini, qu’il conclut un espèce de tryptique – après « De la non-immortalité » et « Et si tout s’arrête? » – dont je n’avais pas conscience sur la conscience de la mortalité, celle des autres et la sienne. Mais comme les deux précédents ce n’est guère joyeux aussi si vous êtes tristes, que la journée est mauvaise … passez peut-être votre chemin. (Ah oui et je vais me répéter un peu)]

 

Petit côté fin du monde

Petit côté fin du monde

 

Je ne sais pas si c’est l’avancée en âge ou d’avoir régulièrement des personnes qui meurent (#LeBoulot) mais j’ai l’impression de vivre avec l’idée quasi permanente que je vais mourir. Bien plus que ne l’a mon entourage de ce que je ressens. (ça les choque même à priori …)

Que je vais mourir peut-être demain ou peut-être dans 50 ans. Mais que je vais mourir. (Oui je sais on meurt tous)

Et je ne peux pas le nier, ça définit certains de mes actes et de mes choix … des choses très concrètes même : « comment faire que telle personne soit prévues ? Que tel truc soit fait ? » et je prends des dispositions pour régler ces questions … Et je ne comprends pas que ça ne soit pas le cas de tout le monde d’ailleurs, d’être guider par ce sentiment quasi permanent de mortalité : que demain pourrait être le dernier. De même que je ne comprends pas que tout le monde n’ait pas encore rédigé ses directives anticipées, ses dernières volontés et son testament.*

 

Un moment je me suis demandée s’il n’y avait pas une pulsion de mort derrière tout ça, mais non! Je ne VEUX PAS mourir ! Cette idée comme à peu près tout le monde me terrifie. J’ai simplement conscience que ma seule volonté pourrait ne pas suffire du tout à changer le cours des choses (face à un chauffard alcoolisé par exemple) et que … la vie est tout bonnement fragile.

Surtout que la mort n’envoie pas systématiquement un bristol pour prévenir qu’elle arrive. Ce qui est étrange comme pensée car je travaille justement avec des gens qui ont reçu ce fameux carton. Il est d’ailleurs surprenant de voir que l’oncologie ne représente qu’une petite partie de mon activité et que pourtant ce que j’y vis continue de résonner singulièrement en moi, bien plus que les maladies respiratoires ne le feront jamais.

 

Donc non, je n’ai pas du tout envie de mourir, je ne suis pas malade etc … J’ai juste une conscience très aiguë de ma propre mortalité et de la brutalité qu’elle pourrait avoir.  Je n’y pense pas tout le temps – je ne crois pas qu’on puisse bien vivre avec cette idée constante en tête – mais régulièrement je me dis que je ne veux pas mourir sans avoir fait ceci ou dit cela … Ce qui ne veut pas dire que je le fais ou le dit forcément. Malheureusement c’est un peu plus compliqué que ça … mais il y a parfois un côté moteur là dedans.

 

 

* Je n’ai fait aucun des trois ^^’ … comme quoi la conscience de sa propre mortalité à ses limites.

Discussion

2 Responses to “Si on devait mourir demain ?”

  1. Je me retrouve dans tes mots (pourtant je ne travaille pas du tout dans le même domaine que toi). Mon entourage trouve ça bizarre, moi je trouve ça logique d’avoir conscience de la possibilité de notre fin, de l’incertitude quant à sa date.
    Je n’ai pas écrit grand-chose, mais mes proches connaissent ma position sur le don d’organes, ce que je souhaite qu’ils fassent de mes restes, et aussi qui s’occupera de nos enfants si leur père et moi mourrions avant qu’ils soient autonomes.

    Posted by Anna Musarde | 9 juin 2015, 12:40
    • En ce qui me concerne ce n’est pas forcément écrire quelque chose mais plutôt faire en sorte que tout soit dit/fait avant de mourir (au cas où ça arriverait)

      Posted by Shaya | 10 juin 2015, 10:32

A vous les studios

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

novembre 2017
L M M J V S D
« Oct    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

D’où viens-tu?