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Chez moi

Shaya? Oui … c’est moi

Chouyo a retracé la génèse de son pseudo, Lizly l’a suivi et j’avoue qu’étrangement l’envie me tenaille d’en faire de même…

Sans doute parce que bien plus que l’histoire d’un pseudo il y a un fragment de l’évolution d’une personne derrière.

 

Comme dit le générique des Tudors : « Vous pensez connaître l’Histoire, mais vous ne connaissez que la fin. Pour en atteindre le cœur, il faut la reprendre au début. »

Reprenons au début donc…

 

Ma « vie » numérique a démarré bien avant le blog, bien avant Facebook et Twitter.  Il y a maintenant 11 ans que le web mondialement mondial est devenu une pièce de ma maison. J’étais une ado de 15 ans qui se voyant offrir un ordi et un accès à Internet c’était vu « offrir » la même semaine une mère atteinte d’un cancer à un stade avancé. Je suis devenue adulte la même semaine où j’ai investi – seule et sans surveillance – le net.

J’ai connu les chats IRC, les msn messenger où on ne pouvait même pas communiquer par micro, le 56k qui plante quand il y a de l’orage et les ASV? (age-sexe-ville). J’ai, je crois, fait preuve de beaucoup de prudence quand j’ai investi tout cela, réalisant que pour me protéger il fallait … me cacher. Cacher mon identité, mes coordonnées, mon visage. Cacher qui j’étais pour afficher un autre avatar qui ne permettrait pas de remonter de l’un à l’autre. Et donc un pseudo.

Quelques années avant le net, j’ai découvert la fantasy – à l’occasion d’une entorse du pied droit et d’une tendinite du pied gauche me condamnant à des déplacements très limités pendant 3 semaines – par un livre emprunté à la bibliothèque de Marion Zimmer Bradley. La Romance de Ténébreuse … une révélation littéraire pour moi, mais pas seulement littéraire sans doute.

Trois ans plus tard, cette saga occupait toujours une place capitale dans ma vie et c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers cette source pour me trouver un pseudo. Un pseudo qui n’aurait rien à voir avec mon prénom dans ses sonorités comme dans son histoire. Impossible à relier avec moi.

Je suis devenue … Ysaye.

 

Le seul lien avec mon prénom? Cette lettre caractéristique , ce « y » mais ce n’est pas pour rien.

Un pseudo tranchant dans sa sonorité, permettant les jeux de mots à la con d’une ado qui en chiait pas mal quand même (ysaye…se faire foutre = ils aillent se faire foutre) et les déclinaisons plus bisounours « ysayounette », un signe de reconnaissance – et donc d’intégration facile – envers ceux qui lisaient ces livres.

Je l’aimais aussi car l’auteure de la Romance de Ténébreuse avait indiqué que ce nom signifiait « la Grâce » et j’aimais l’idée de cette signification cachée.

Quelques mois plus tard, la violoncelliste que j’étais apprendra le lien musical que ce pseudo avait. Comme un signe.

 

Avant Shaya et son blog il y a eu … Ysaye et son blog. Un blog qui parlait de livres et uniquement de livres pour partager avec ses amis les textes qui lui avaient plu. J’avais délaissé les chats IRC, le 56k et je délaissais MSN messenger mais je donnais l’adresse à mes amis intéressés.

Et puis … et puis très vite l’impression d’être enfermée, le besoin d’écrire sur autre chose que mes lectures, une période personnelle un peu compliqué et une prise de conscience des possibilités d’expression qu’un blog donnait.

Il me fallait un autre blog … et un autre pseudo. Pour ne pas laisser de traces qui permettent de faire le lien, pour être libre, pour se mettre à l’abri d’une recherche internet.

 

Retour aux fondamentaux : Marion Zimmer Bradley et la Romance de Ténébreuse.

Ce fameux « y » fil conducteur, lien entre celle que je suis et les avatar que je prends.

Un pseudo court toujours, plus doux avec ce son « ch ».

Au fur et à mesure qu’Ysaye et son blog s’éteignaient, je suis devenue Shaya oui.

 

On m’appelle comme ça, on pense à moi dans ce terme, sur le web ou dans le réel.

Néanmoins si Shaya est devenue une seconde peau, je ne me résume pas à ça. Je ne veux pas me résumer à ça, en dessous reste la première.

Donner mon vrai prénom est un acte de confiance, un accès à la totalité de ce que je suis pour moi qui cloisonne consciencieusement le virtuel, le réel, le personnel, le professionnel.

Pourtant je ne peux nier que le cloisonnement s’est fait plus perméable. Que j’ai signé par erreur ou étourderies des mails professionnels « Shaya », qu’il m’arrive de penser à moi en disant « alors Shaya on fait des conneries? », qu’on m’a présenté à des gens en disant « tenez c’est Shaya » parce que Shaya leur était quelqu’un quand mon vrai prénom ne leur était rien et que si quelqu’un crie « Shaya!? » dans la rue je vais selon toute probabilité me retourner.

 

Shaya simple facette de ma personnalité? Mais facette dont je ne peux nier l’importance.

Au point que quand j’ai crée mon blog pro, le véritable déchirement, la chose qui m’a vraiment fait hésiter au delà de tout, ça a été de renoncer à mon pseudo. A Shaya.

Aujourd’hui encore, je ne l’ai toujours pas digéré, je ne me reconnais toujours pas dans ce nouveau nom et si j’arrive à signer avec lui mes billets sans y penser je n’arrive pas à lui donner plus vie que cela sur les réseaux sociaux.

Je ne me reconnais que sur le web qu’en Shaya.

J’ai grandi tout au long des 5 années de ma vie blogosphérique, faisant le choix – inconscient – que ce que je montre de moi sur le net soit fidèle à ce que je suis. Cohérente. Même dans l’image associée au nom.

 

Merci Luis Royo

Discussion

16 Responses to “Shaya? Oui … c’est moi”

  1. Hi hi je savais déjà 😉
    Bon, pas la peine d’un billet pour expliquer le lien je crois…

    Posted by Regarderleciel | 15 octobre 2012, 09:46
    • Tu le savais déjà? Je t’avais raconté? (me souviens plus)
      Tu as tort Totor, moi je connais l’histoire de Regarderleciel mais tu pourrais expliquer comment tu en es venu là alors que ça n’était pas ton pseudo à la base! (Et comment toi t’as aucun anonymat 😉 )

      Posted by Shaya | 15 octobre 2012, 12:03
  2. Rooh là là, j’avais oublié toute cette époque ! Je chattais sur caramail. A l’époque, je devais négocier un temps de connexion avec mes parents parce qu’on avait encore les forfaits limités !
    Mes premiers pseudos aussi je les empruntais à la littérature. Longtemps, j’ai utilisé « octarine » en référence à la couleur de la magie dans les Annales du Disque Monde de Pratchett. D’ailleurs, souvent, je renseigne encore Ankh Morpock comme lieu de vie (même référence). C’était un bon moyen de rencontrer des gens qui aimaient le même univers que moi.

    Pour les mails, ça m’est arrivé aussi ! Du coup, j’ai pris l’habitude de signer Liz’ au lieu de Lizly, moins compromettant si ça m’échappe hors propos. ça interpelle mais ça ne fait pas de lien direct.

    En tout cas, ton pseudo a une bien belle histoire.

    Posted by Lizly | 15 octobre 2012, 19:37
  3. Alors moi je n’ai aucune imagination.

    Quand il m’a fallu trouver un pseudo pour internet il y a euh… un certain temps, quand je créais des petits sites avec Adobe Go Live où je mettais mes photos, puis pour signer relativement anonymement sur des forums, puis enfin pour mon blog, je n’ai pas chercher plus loin que le surnom qu’on me donne depuis que je suis toute petite.

    Posted by Ma0 | 15 octobre 2012, 20:53

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