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Dans ma tête

Se tuer au travail ?

C’est un phénomène que j’ai l’impression d’observer de plus en plus dans mon entourage.

Probablement parce que j’atteins cette tranche d’âge où la « carrière » se construit et les gens veulent « évoluer » comme on dit si bien dans le jargon actuel.

Et en vérité, ça me fait peur.

 

De voir ces gens sacrifier leurs jours de repos, voire parfois leurs vacances, passer leurs soirées, leurs nuits, leurs week-end … à bosser.

Concilier la chèvre et le chou, ne jamais vraiment décrocher en consultant leurs mails même en plein repas de famille, avoir 365j/an un dossier urgent à traiter …

J’ai une envie terrible de leur hurler d’arrêter. Que le monde continuera à tourner s’ils ne répondent à leurs mails que demain, que leur pile de dossier ne diminuera en fait pas s’il la traite dimanche au lieu d’attendre lundi parce qu’il y en aura toujours qui se rajouteront.

Ça me fait d’autant plus « peur » et j’ai d’autant plus envie de leur dire de remettre leur travail à sa juste place même s’ils l’adorent, que moi je vois tous les jours des gens soudainement coupés de leur milieu professionnel parce qu’à un moment leur corps, leur santé, leur survie a brutalement pris le pas sur leur travail « teeeellement important ». Et qu’ils se rendent soudain compte (sauf pour les indépendants mais les gens auxquels je pense ne sont pas du tout dans cette situation) que leur boulot peut très bien se passer d’eux. Et eux de leur travail.

Que c’est agréable de penser à autre chose que d’écrire à Machin pour lui dire de renvoyer le projet Bidule et qu’il faut avancer le truc Truc avant le comité de pilotage et que …

 

Je ne dis pas qu’il ne faut pas aimer et s’éclater dans son travail. Ni qu’il ne faut pas parfois faire un effort. Je suis la première à passer une soirée de temps en temps à envoyer des mails urgents que je n’ai pas eu le temps d’envoyer dans la journée ou écrire un texte pour qu’un projet avance.

Je dis juste que la plupart du temps, même avec un employeur sympa, tout le temps et l’investissement que vous aurez donné en plus de vos 35h prévues dans votre contrat … personne ne vous les rendra. Personne ne vous en remerciera. Dans le meilleur des cas et même si vous y laissez votre santé, on vous offrira une boîte de chocolat et on vous dira que votre poste attend que vous vous soyez soigné. Dans le pire vous serez lourdés comme un déchet.

Mais le temps que vous n’aurez pas passé à jouer avec vos enfants ou à rire avec votre conjoint et vos amis pour rendre vos 12 dossiers mensuels urgents, vous ne le rattraperez pas. Et vous regretterez peut-être d’avoir systématiquement fait passer votre travail avant tout le reste. Parce que c’est con. Parce que le travail certes c’est ce qui permet de manger à la fin du mois mais ça n’est qu’un aspect de votre vie. Et qu’il faut arrêter de se croire indispensable et important et tout le reste, parce qu’il n’y a que votre boîte qui en profitera et que ça servira gracieusement.

Ça n’empêche pas je crois d’être consciencieux et de bien faire son travail sur les heures qui lui sont dédiées.

 

Ça évitera peut-être juste qu’un jour vous le regrettiez amèrement, d’autant plus qu’il sera … trop tard.

Discussion

10 Responses to “Se tuer au travail ?”

  1. Il y a des gens pour qui jouer avec leurs enfants ou « rire avec leur conjoint » représente le summum de l’ennui : qui sommes-nous pour juger qu’ils ont tort ? Il y a des gens pour qui le travail est une véritable jouissance en soi et qui s’y adonne jusqu’à leur dernier souffle, se produisît-il à plus de 80 ans (j’en ai connu) : qui pourra dire qu’ils devraient vivre autrement, puisque, précisément, c’est cela leur vie ?

    Posted by didiergoux | 4 décembre 2014, 16:12
  2. Je partage ton avis, en ce qui me concerne en tout cas. J’ai eu un boulot stressant (et encore, pas autant que celui que j’aurais rêvé de faire mais que je savais pas fait pour moi et mes nerfs et surtout mes attentes perso), qui me faisait me réveiller la nuit pour m’envoyer des mails, qui me bouffait même en week-end, même alors que j’étais malade et que j’essayais d’avancer mes dossiers de chez moi, même quand j’étais en pleins examens lors de ma reprise d’étude, même alors que j’aurais du prendre ce temps qui m’était accordé pour faire mon deuil, même alors que j’étais en plein calins avec mon cher et tendre (oui oui, même pendant THE calin). Et cela ne m’a rien apporté. C’est pour ça que j’ai tout laissé tombé pour La Planque, lorsque l’occasion s’est présenté. Pour ça que j’ai laissé tomber un boulot « valorisant » pour entrer dans l’administration à un poste pépére mais moins reluisant en coctail mondain. Parce que le boulot ça fait pas tout. Parce que je ne veux plus vivre pour mon boulot. Parce que je veux profiter de mon chéri, et de ma nièce plus-si-neuve. Parce que je veux faire des mini-moi un jour, et que je veux m’épanouir dans ma vie perso plutot qu’au boulot.
    Alors oui il y a des gens qui vivent pour leur boulot et en vivent heureux, mais moi je ne fais pas partie de ces gens, alors je partage ton avis ^^

    Posted by sushiesan | 4 décembre 2014, 19:16
  3. J’ai un cousin qui va reprendre le boulot après 6 mois de congés maladie suite à un burn out. Il a failli y laisser sa vie…
    Il a la cinquantaine, et pas certain d’arriver à bosser jusqu’à l’âge de la retraite.
    Terrible.

    Posted by des pas perdus | 5 décembre 2014, 20:03
  4. Malheureusement, il est difficile de se contrôler… Et je parle en connaissance de cause.
    Je sors de trois ans de harcèlement pro, face à un pervers narcissique qui m’a poussé jusque dans mes retranchements, jusque dans ma perfection, sauf qu’à un moment, je ne pouvais plus « fournir », je n’en pouvais plus… Je me suis arrêtée àla limite du burn out, il semblerait… Un mois d’arrêt, un changement de lieu pour finir les quelques mois qu’il y avait avant les vacances… Pourtant, je savais qui j’avais en face, je n’étais pas sa première victime… J’ai vu une collègue qui n’est jamais revenue, un an et demie d’arrêt, une autre qui a été deux mois en arrêt avant mois… J’étais pourtant épanouie, heureuse avant…. Le travail ne doit pas tout effacer car on ne sait jamais….

    Posted by bubulle | 1 janvier 2015, 10:32

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