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Barcarolle

Rebondir

Un matin de la semaine dernière je me suis dit que j’en venais à comprendre les gens qui se suicidaient.

Une autre partie de mon cerveau s’est dit que ça craignait. La partie cynique s’est dit que mon entourage devrait s’inquiéter mais qu’il n’en ferait rien.

« Shaya elle gère ».

Elle gérait rien du tout. Elle a fini par gérer.

 

Je n’ai pas réussi à pleurer.

Pas encore?

Pas vraiment en tout cas.

Plusieurs fois je m’en suis empêchée, ce n’était jamais ni le moment ni le lieu, il fallait « tenir ». Plusieurs fois j’ai espéré pleurer, mais quand les conditions étaient réunies de larmes point.

Finalement c’est sur un quai de gare et dans un TGV que j’ai le plus sangloté. Ce n’était pas idéal et je n’ai pas pleuré autant que j’aurais voulu mais je me suis dit qu’à un moment il fallait arrêter de s’en empêcher.

Des mots et des gestes doux, des questions franches, de la préoccupation et de compréhension, il en fallait finalement peu pour que j’accepte d’arrêter de (me) dire que ça n’était « pas grave ».

 

J’ai détesté ces moments où l’on m’a traité comme une grenade nucléaire dégoupillée.

J’ai détesté ces questions que personne n’osait poser, chacun attendant que je fasse le pas de parler. Comme si c’était mon genre…

 

Et puis à un moment, à force de sourires forcés et d’échéances qu’on cherche à tenir à toute force en se demandant si on ne craquera pas avant, le rebond se fait.

Heureusement.

Discussion

13 Responses to “Rebondir”

  1. Un rebond, ça s’arrose !

    Désolé de commenter légèrement un tel billet mais à force de manipuler les « lecteurs de flux » pour remplacer Google Reader, je suis en retard de lecture des blogs des copains…

    Posted by jegoun | 19 juin 2013, 10:32
  2. Le lâcher prise , comme hygiène de vie
    Enfin je tente
    🙂

    Posted by Eric Mulhouse | 19 juin 2013, 16:49
  3. Je suis toujours admirative devant ta capacité à mettre en mots des choses que je n’ai jamais su exprimer. Nous n’avons certainement pas le même vécu, pas les mêmes souffrances, je suis beauuuuuuuuuuucoup plus vieille que toi (si si !! ;-)), mais je me retrouve dans ce que tu écris.
    C’est bien d’arriver à rebondir… parce que finalement, on n’a pas tellement le choix 😉 (si on ne veut pas arriver à la solution extrême que tu cites au début de ton billet)

    Posted by Patricia | 19 juin 2013, 17:06
  4. J’ai cherché quelque chose d’intelligent à écrire, en fin de compte je n’ai trouvé que *hugs*
    On vit une époque bizarre où toute blessure doit cicatriser dans la journée (la semaine, à la limite) OU te tuer sur place, mais pas de juste milieu, pas de temps naturel pour guérir. On en parlait justement avec une collègue au sujet du deuil.

    Posted by Anna Musarde | 24 juin 2013, 12:26
    • Je trouve que les gens passent vite à autre chose.
      Avant porter le deuil (par les vêtements) permettait de rappeler aux autres la perte subit. Et là rien, l’impression de ne pas être entourée. Seule. (Mais bon on est toujours seul en fait parait-il)

      Posted by Shaya | 24 juin 2013, 18:53

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  1. […] , alors en dehors de la promenade niçoise, quelle salade va encore nous produire l’intelligence ump de Mulhouse […]

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