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Dans ma tête

Philosophons

J’ai passé l’année de terminale à détester mes cours de philosophie et à préférer jouer aux morpions avec mes amis que d’écouter. Je voulais qu’on me rende mes cours de français. Elève en S en plus, la philosophie n’avait aucun enjeu pour l’obtention de mon bac et comme la plupart de mes petits camarades je ne crois pas que j’avais la maturité nécessaire pour saisir le contenu.

Surtout en une année … comme si on pouvait apprendre le questionnement et les références aux auteurs philosophiques en une année. Connerie.

Au final cette année m’a laissé le souvenir qu’on essayait de me faire ingurgiter de force (et de replacer) une tonne de citations de différents auteurs par coeur tout en me disant qu’en fait je devrais ré-flé-chir. Un peu comme les verbes irréguliers sauf que les verbes irréguliers ça doit effectivement être appris par coeur.

J’ai tiré un 9 au bac ce qui m’a paru une note tout à fait honorable, parce que par rejet je n’ai jamais fait l’effort d’apprendre la moindre citation du moindre auteur

Je me suis toujours demandée ce que cela aurait fait si j’avais opté pour un bac littéraire plutôt qu’un bac scientifique.

 

J’ai gardé une aversion profonde pour la philosophie de cette année-là. Vraiment profonde.

Aussi il y a quelques années quand un ami m’a dit de lire « Petites métaphysiques du meurtre » d’Eliette Abecassis j’ai ricané, même si après avoir lu le résumé je me suis dit que oui sans doute ça devait être intéressant. Mais je me passe bien de la philosophie.

 

J’avais oublié ce nom jusqu’à il y a quelques semaines quand, en me retenant de vider l’intégralité de mon compte en banque chez mon libraire (torture rituelle), j’ai vu en tête de gondole « le Palimpseste d’Archimède » d’Eliette Abecassis … dans le secteur roman. J’avoue je pensais qu’elle se contentait de philo sans savoir qu’elle écrivait des romans. J’ai lu le 4e de couverture, je me suis dit que ça avait l’air pas mal et qu’il faudrait que je le lise et je suis passée à autre chose.

En général quand je lis le 4e de couverture je sais si un livre me plaira ou pas et ça me trompe rarement. Drame du marketing! Heureusement que je me suis dit qu’il faudrait que je le lise et non que je l’achète.

Je l’ai emprunté il y a peu à la bibliothèque et je l’ai lu. Bien que ce soit un roman, ca ne risque pas de me réconcilier avec la philosophie. Ca m’a rappelé tout ce que je détestais dans cette matière et dans ses auteurs, avec en prime le fait d’avoir lu un roman que je considère comme gâché. Je me suis faite avoir par le 4e de couverture, et je me serais forcément faite avoir, parce que l’intrigue est intéressante. Sauf que dans un roman il n’y a pas que l’intrigue loin de là, il y a les personnages (et le personnage principal m’a paru aussi épais et intéressant qu’un papier de cigarette) et il y a l’écriture.

Et là au niveau de l’écriture on sent vraiment qu’elle est philosophe et non écrivain. C’est à la fois pompeux et lourd avec 50 références historico-philosophiques à la seconde, et dans le même temps un style vraiment « gnan-gnan » (je n’arrive pas à le qualifier autrement) qui m’a donné envie d’hurler à chaque page.

 

Au final je me suis dit qu’être philosophe ne faisait pas de soi un bon écrivain et que je n’étais pas encore prête à me réconcilier avec la philosophie. Loin de là.

Discussion

6 Responses to “Philosophons”

  1. C’est pas vraiment de la philo, mais son « Heureux évènement », j’avais vraiment eu du mal à le terminer tant à cause du fond que de la forme…

    Posted by poulpynette | 27 novembre 2013, 14:08
    • C’est vrai. Dis moi pourquoi (j’adore dire du mal des gens :D) ? (j’ai attaqué « la dernière conquête du Major Pettigrew » derrière, j’ai l’impression de me laver le cerveau à chaque page)

      Posted by Shaya | 27 novembre 2013, 20:42
      • Disons que ça m’a pas non plus laissé un souvenir impérissable, je me souviens surtout que c’était long à finir, que le personnage principal chouinait beaucoup et ne faisait pas grand chose pour se sortir de la situation. L’idée c’est qu’avoir un enfant, ça signe la fin de ta vie, que tu dois sacrifier ta vie, tes loisirs, ta santé, ton sommeil à ton gamin et que de toute façon le couple n’y survivra pas (avec tout un tas de clichés si je me souviens, son mec la laisse s’occuper toute seule du machin et repart faire ses sorties entre potes pendant qu’elle est enchainée aux couches/biberons).
        Le truc positif du livre, c’est que ça casse un peu le mythe du « c’est que du bonheur » de la maternité.
        Mais c’est pas non plus le bagne qu’elle décrit (sauf la nuit de la descente d’hormones, le 3ème jour, j’aurai dit tout pareil qu’elle). Sinon les gens n’auraient qu’un seul enfant et n’en feraient jamais un 2ème (j’ai déjà réservé ma sage-femme pour 2016).

        Posted by poulpynette | 27 novembre 2013, 22:50
  2. Mon prof de philo avait un bac S. Il s’engageait pour une carrière scientifique et a rencontré la philo en Terminal et a été séduit par la matière. Réorientation, fac de philo, CAPES et le voilà devant nous.
    Je pense que sa formation de scientifique lui donnait une manière particulière d’enseigner la matière.
    Par contre, je me suis payé un 8 au bac. Mais c’est parce que j’étais un sage petit robot qui avait appris à faire des dissertations en 3-parties-3-sous-parties façon littérature ou histoire, je n’arrivais pas vraiment à organiser une dissertation autour de mes réflexions.
    Avec le recul, je regrette beaucoup parce que je sais que j’ai raté quelque chose parce que j’avais un bon prof mais que je n’étais pas prête à entendre ce qu’il avait à nous apprendre.

    Posted by Lizly | 27 novembre 2013, 18:46

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