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Cogito

Penser plus large, plus grand, plus vaste?

Il y a un truc qui me chiffonne dans le débat (forcément énervé) qui s’annonce sur l’euthanasie et la fin de vie. Qui me chiffonne vraiment.

 

Au delà des convictions brandies en étendard, depuis plus jours je grince des dents parce que ce débat est systématiquement placé sur un terrain : celui de l’histoire personnelle.

 

Unetelle raconte la fin de vie (forcément bouleversante) de sa mère, qui donne envie à tout le monde de pleurer, telle autre « réplique » par l’histoire de la propre fin de vie de ses parents.

Mais ça ne devrait pas peser dans le débat! Chaque histoire personnelle est par essence unique et deux situations même identiques ou presque seront for-cé-ment vécues, interprétées différemment en fonction de tout ce qui compose une personne : son vécu, son rapport à la mort, son rapport à celui/celle qui se meurt, ses croyances (et je ne parle pas que de religion) …

 

Qu’on nous lâche avec les histoires de fin de vie. Ou tout du moins qu’elles restent ce qu’elles sont : l’histoire d’UNE personne dans UN contexte.

On ne peut pas baser une loi (ou l’absence de loi) qui va impacter tout un pays sur ce qu’a vécu une personne.

Ne peut-on penser plus large, plus global?

Lâcher ce microscope, être capable de ramener sa propre histoire même extremement douloureuse à hauteur de celle des autres. Elle n’a pas à compter plus … ni moins … en fait elle ne devrait même pas compter. Et donc passer de l’affect pur à la réflexion. On en revient toujours au même …

 

Parce que croyez-moi l’émotionnel – surtout sur ce sujet – c’est trompeur … Des histoires de fin de vie qui vous bouleverseraient au point d’appeler à la légalisation immédiate de l’euthanasie, je pourrais en écrire des dizaines. Et je pourrais vous décrire autant de fins de vie qui vous feraient rejeter l’idée en bloc. (Ah oui je le fais déjà ailleurs)

C’est sur que pour quitter le terrain de l’émotion il faut s’appuyer sur des faits, des études, des chiffres (et pas ceux d’un pauvre sondage où on demande à un millier de français s’ils sont pour ou contre). Oui mais Churchill disait « je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées » et des chiffres sur ce sujet on n’en a pas des masses et ceux qu’on a – parfois issus d’autres pays – sont régulièrement disqualifiés dans un sens ou dans un autre.

Pas étonnant dans ces conditions qu’on reste au ras des paquerettes sur l’émotionnel.

 

Ce qui serait pas mal aussi c’est qu’on nous lâche avec les raisonnements binaires qui consistent d’un côté à dire que si on légalise l’euthanasie on va assassiner sauvagement (et facilement) des milliers de malades et de petits vieux (dans leur sommeil?) sans qu’ils le sachent, de l’autre à clamer qu’interdire l’euthanasie c’est condamner le monde dans son ensemble à une mort dégradante.

C’est vrai qu’on va drôlement avancer avec tout ça …

Je suis fatiguée d’avance …

 

(nb : je parle d’euthanasie parce que c’est le sujet du moment mais Dieu sait que ça pourrait s’appliquer à un paquet d’autres sujets)

Discussion

2 Responses to “Penser plus large, plus grand, plus vaste?”

  1. Je t’aime. Je t’ai déjà dit ça ? Je cherche à dire ça sans vexer personne depuis deux-trois jours, et toi, tu es là, et tu le dis simplement et clairement.

    Posted by Anna Musarde | 20 décembre 2013, 10:38
    • Tu me l’as déjà dit une fois au moins c’est sur. Donc ça ferait deux. Et comme on dit… Jamais 2 sans 3 ;-). Je m’en moque de vexer d’une part, d’autre part c’est un sujet sur lequel j’ai souvent l’occasion de réfléchir 😉 ça aide je crois.

      Posted by Shaya | 20 décembre 2013, 13:01

A vous les studios

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