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Dans ma tête

Never explain never complain

« Tu as appelé ton père? » me demande ma mère.

Non je n’ai pas appelé mon père.

J’ai failli le matin, sur mon brancard aux Urgences quand j’attendais qu’on m’enlève ma perf’ et puis je me suis dit « oh non, ne lui gâche pas ses vacances ».

Voilà ça c’est moi, typiquement.

 

Qui pense d’abord aux autres.

Qui minimise.

Qui veut toujours prendre le moins de place possible.

Qui a un mal fou à demander un tant soit peu d’aide.

 

J’ai tourné ma visite aux Urgences en dérision, live-twittant joyeusement la chose malgré la douleur sous forme de blague et d’expérience. Parce que c’était la meilleure chose à faire.

Depuis je fais celle qui gère : la douleur, la fatigue, la peur.

C’est le problème quand on tourne les choses à la dérision et qu’on montre qu’on fait front … les autres pensent qu’on fait totalement front et que tout ceci ne nous affecte pas en fait.

Bah si … un peu quand même. Un peu beaucoup même, la fatigue faisant son travail de sape.

 

J’en ai ri vraiment de ce passage aux Urgences, de ce truc improbable et inexpliqué qui m’arrivait, j’ai vraiment décidé d’en faire une expérience amusante. Mais quelque chose peut être à la fois amusant et pénible. Ou amusant et usant.

Surtout à la 4e journée à souffrir le martyr sans amélioration tangible.

Oui mais voilà j’ai l’air de gérer alors pourquoi s’en inquiéter?

Discussion

20 Responses to “Never explain never complain”

  1. Un mien ami, chrétien, m’a expliqué un jour que dans la parabole du bon Samaritain, tout le monde s’imagine être le bon Samaritain. Pourtant, si c’est le meilleur rôle, il faut aussi savoir le laisser aux autres et accepter d’être le blessé pour une fois, non ? *hugs*

    Posted by Anna Musarde | 28 août 2013, 09:45
  2. (J’ai bien conscience que quand on a l’habitude de réagir comme ça, tout le temps, sans même que ça passe par le niveau conscient, c’est vraiment dur d’en sortir.)

    Posted by Anna Musarde | 28 août 2013, 09:47
  3. C’est un des premiers « boulots » que m’a fait faire mon psy.
    « – Dites le, quand vous allez mal, que vous avez mal.
    – Mais je le dis ! Je suis même une grande râleuse
    – Vous les dites mais derrière, vous minimisez.
    – Oui mais parce que le dire suffit, ça soulage
    – Est-ce que vous êtes bien sûr que ça suffit toujours ? »
    Quelque chose dans le genre.
    La réponse c’est que des fois ça suffit et que souvent ça suffit pas.
    Ça n’a pas été évident, les premiers temps. Surtout que même quand je ne minimisais pas moi-même, par habitude de m’entendre râler, les gens autour de moi ne prenaient pas vraiment en compte. Pas évident de devoir dire à quelqu’un « Attends, tu ne m’as pas entendue ? Je viens de te dire que… » ou « Ecoute, je suis en train de te dire que je ne vais pas bien. Vraiment ».
    Je n’y arrive pas encore à tous les coups. Ne pas déranger, ne pas embêter pour rien, est-ce que ça en vaut la peine ?
    Mais les fois où j’y arrive, ça fait du bien. Même si les gens ne peuvent rien faire pour arranger les choses. Savoir qu’ils savent réellement, qu’ils comprennent pleinement, qu’ils prennent en compte, souvent, ça suffit. Ou c’est au moins déjà beaucoup.

    Posted by Lizly | 28 août 2013, 10:34
  4. J’ajoute un paquet de câlin sans date de péremption à utiliser en toutes occasions. Puis un bisous.

    Posted by Lizly | 28 août 2013, 10:35
  5. Oh ma belle 🙁 que te répondre ? J’ai vu tes tweet mais n’ai pas osé réagir ne sachant pas de quoi il en retourne (quand je sais pas de quoi je parle, souvent je préfère me taire).

    Je sais ce que c’est d’être (de vouloir paraître) forte pour rassurer, avoir le moins d’impact possible, ne pas déranger/inquiéter son entourage. Et je sais comme c’est dur, comme une double souffrance, mais on y peut rien, c’est comme une double nature. Un jour Chéri m’a sorti « je ne suis pas aussi fort que toi. Toi t’es forte, t’es une warrior, je t’admire » et je me rappelle m’être dit « mais qu’est ce qu’il raconte ? Non je ne suis pas si forte, ni physiquement, ni mentalement. Oui j’ai des faiblesses et oui des fois j’ai besoin de craquer, de me reposer sur quelqu’un, d’être vulnérable. Mais je n’y arrive pas. Alors je serre les dents, je souris, je minimise et j’explose en privé, ou je m’effondre, loin des regards, seule, j’attend que la crise passe, jusqu’à la prochaine.

    Pleins de câlins ma belle et bon courage !!!

    Posted by SushieSan | 29 août 2013, 12:04
  6. si tu veux, je peux t’organiser un stage de couinement (gratos) au choix avec mon père (l’hypocondriaque), mon fils aîné (Caliméro, à côté, c’est Chuck Norris…) ou mon mari (stage en trois partie: 1) comment faire la gueule quand on a mal 2) refuser les antalgiques/antibiotiques/massages 3) faire des remarques désobligeantes avec un regard noir)
    suffit que tu viennes… 😀

    Posted by Daydreamer Toulouse | 31 août 2013, 22:43

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