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Dans ma tête

L’ironie de l’histoire

En ce moment je vis un peu au jour le jour, emberlificotée dans une grande incertitude quant au renouvellement de mon contrat et donc à mon avenir professionnel.
Avec toute l’angoisse que génère la question de savoir si demain on aura encore du travail.

Il y a l’aspect financier c’est certain, il y a le rejet que je fais à l’idée de me retrouver sans travail. Mais tout ça n’est pas le plus important en fait dans mon esprit.

Je ne suis pas du tout préparée à l’idée que tout s’arrête. Tout ce que j’ai construit, tout ce pour quoi je me suis battue. Pas prête à me séparer de « mon » bébé et surtout pas comme ça, sans projet de substitution dans lequel m’investir. Pas prête à repartir de zéro, à redéployer autant d’énergie et de temps.

Je sais, j’y ai mis trop de moi, c’est pas bien. Mais j’aurais difficilement pu faire autrement. J’ai créé le poste, j’ai du le faire accepter, j’en suis l’incarnation et je ne suis pas prête à ne plus me sentir exister à travers lui. Pas prête à rompre avec. Pas maintenant.

Alors je vis dans l’angoisse du coup de fil, du mail, qui me dira « en fait c’est fini, salut! ».

 

Le plus « drôle » dans tout ça c’est que j’ai mis longtemps à me sentir à ma place dans ce que je faisais.

Du temps à me faire accepter professionnellement, à être reconnue pour ce que je fais, à assumer aussi mon rôle sans avoir l’impression d’être une impostrice, ou quelqu’un d’inférieur ou que tout ceci était immérité. Du temps pour avoir l’impression de réellement faire partie de l’équipe, pour baisser la garde et me détendre. Du temps pour me sentir acceptée en fait, même si pas tant de temps que cela en fait quand on sait qu’on m’avait promis la traversée des 9 cercles de l’enfer à mon arrivée.

Du temps à me faire accepter humainement aussi donc. Mais maintenant j’ai noué certains liens qui dépasse le cadre professionnel pour entrer dans l’amical. Et la perspective de ne plus revoir ces personnes quasiment tous les jours me terrifie tellement je me suis habituée à leur présence rassurante dans ma vie.

Et tout en bataillant, j’ai passé des mois – des années en fait – à me demander si j’avais raison de m’investir (autant) là dedans, si je ne devrais pas répondre à certaines propositions et aller voir ailleurs … là où l’herbe serait plus verte et moins connue. Si cette sensation d’étouffement pouvait disparaître autrement qu’en plaquant tout et en partant.

Depuis quelques semaines, on va dire depuis le début de l’automne, cette question, cette sensation, cette envie de fuir a disparu. Vraiment et totalement disparu. Je me sentais enfin vraiment « à ma place ». Pour le moment tout du moins.

 

Je ne suis vraiment pas prête à voir cet équilibre s’effondrer. Mais il va peut-être falloir.

Discussion

6 Responses to “L’ironie de l’histoire”

  1. Mmm, je souhaite vraiment que tu te prépares au pire pour rien (et j’espère surtout que tu arrives quand même à profiter de la vie en attendant… qu’est-ce que c’est pénible, c’est moments où on ne maîtrise pas du tout la situation !)

    Posted by Nekkonezumi | 7 janvier 2013, 13:52
    • Jusque là j’ai réussi (je me suis bluffée et j’ai bluffé mon entourage aussi) à me contraindre à ne pas céder à l’énervement et à ne pas me gâcher les fêtes avec leurs conneries.
      J’arrive un peu moins depuis ce matin.

      Posted by Shaya | 7 janvier 2013, 19:17
  2. :-/ pas glop… courage !

    Posted by Nekkonezumi | 7 janvier 2013, 21:54
  3. L’article est assez sympa à lire quand on sait que la conclusion a été finalement heureuse ^^

    Posted by Lizly | 8 janvier 2013, 20:04

A vous les studios

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