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Cogito

Les heures familiales

Et ça fait boum !

Et ça fait boum !

 

Ne trouvez vous pas qu’il se noue et se dénoue tant de choses lors de ces heures d’agapes familiales ? Dans ce huis-clos de quelques jours.

Il y a tant à dire pour ma part.

Je ne sais plus où commencer où finir. Qu’est-ce qui a du sens qu’est-ce qui n’en mérite pas ? Il va falloir démêler les fils.

 

♦ Il y a eu l’engueulade stupide avec mon père – celle que je redoutais des jours avant que nous ne soyons réunis comme une cicatrice de la Guadeloupe qu’il faut perpétuellement rejouer –  et en y réfléchissant à posteriori je me suis rendue compte que si je me hérissais tant dans ces moments, moi qui n’hésite jamais à prendre sur moi et à fermer ma gueule pour éviter d’en venir bêtement au conflit, c’est que transpire dans l’attitude de mon père tout le mépris et la condescendance dont sa mère m’a gratifiée jusqu’à sa mort. Réminiscence de temps anciens que je voulais révolus, et qui le sont d’autant moins que si mon père semble atteint dans sa personne propre que je puisse avoir une expérience supérieure à la sienne dans certains domaines, il concède à ma grande sœur toute sa place d’adulte. Si ce n’est que contrairement à l’enfant que j’étais avec ma grand-mère, l’adulte que je suis ne supporte pas de s’écraser ou de se faire écraser. D’autant moins que cela me renvoie à cet épisode douloureux.

Je ne sais ni comment gérer ça maintenant que je l’ai compris avec quelques jours de recul, ni si je vais réussir à le supporter ; encore moins si je vais réussir à continuer à être l’adulte de nous deux, celle qui rompt l’échange avant que des paroles irrémédiables aient été proférées. Et je me surprends à vouloir réagir comme je l’ai fait avec ma grand-mère : en l’excluant de ma vie.

Comment changer tout cela ? Est-ce que cette façon inhérente de me faire rabaisser ne viendrait pas de moi ?

 

♦ Il y a eu ma petite sœur, fidèle et discret soutien vis à vis de mon père. Et je me suis rendue compte à cette occasion que je l’aimais tellement de me manifester son approbation et de prendre le risque de devenir une cible, elle qui le subit au quotidien.

 

♦ Il y a ce manque de foi de ma part, persuadée que personne ne m’offrirait une certaine chose, je me la suis achetée quelques jours avant … tant pis pour moi.

 

♦Il y a eu ces fou-rires, ces bons moment, cette joie de se retrouver, ce plaisir d’apprendre à skier à ceux qui ne savent pas et tant pis si je n’ai dévalé aucune piste rouge du séjour. Il y a ce temps partagé, trop rare, qui permet de savoir ce qu’aime vraiment l’autre, ce qu’il déteste, quoi lui offrir la prochaine fois.

 

♦ Il y a eu ces vérités rétablies, ces relents de racisme, ces discours pesants où l’on voudrait que ceux du même sang que nous la ferment parce qu’il y a là-dedans une incompatibilité d’opinion impossible à résoudre.

 

♦ Étrangement, avoir mon père et ma mère ensemble à Noël pour la première fois depuis 24 ans ne m’a provoqué aucune émotion sur le moment. Avant oui, après oui. Mais à part que je ne me suis pas préoccupée de mon téléphone de la soirée, sur le moment : rien. Comme quoi il y a longtemps que j’ai fait le deuil du mariage de mes parents. Ou alors parce que ce n’est pas la 1ere fois qu’ils se retrouvent réunis lors d’une réunion familiale.

 

♦Il y a eu ces Pyrénées que je connais si peu, ce soleil sans faille pendant 5j à défaut de neige, ces balades en pleine nature et j’ai aimé cet endroit terriblement.

 

Il y a eu des heures creuses, des heures pleines, des sombres et des lumineuses. C’est compliqué la famille non ?

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