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Monde de merde

Les Giralda de l’information

Pendant plusieurs jours ce pays n’a eu les yeux rivés que sur un endroit : Toulouse.

Au point d’oublier le reste du pays. Et du monde.

On ne parle plus des massacres en Syrie (soyons sûrs que Bachar a cessé de tuer les siens pour honorer la mémoire des gens assassinés chez nous…) par exemple.

 

Malheureusement même une information qui touche directement le pays et une de ses ressortissantes est passée à la trappe dans ce grand chaos médiatique : Florence Cassez reste en prison.

Je crois qu’en temps normal cette information aurait fait partie des titres, ou tout du moins qu’elle aurait eu une place de choix au JT entre la poire et le fromage. Mais pas là. Tout juste une ligne rapidement jetée en fin de JT – où on nous avait ressassé jusqu’à la nausée qu’on ne savait rien de ce qui se déroulait à Toulouse – sans analyse ni explication de ce qui se passait. De ce qui s’était passée là bas dans ce pays tellement – trop – loin qu’est le Mexique. Rien sur ce juge qui a déclaré – en dépit du bon sens – que « oh oui le montage vidéo était faux mais enfin ça n’avait pas influencé le procès!!! »

Pas de temps de cerveau disponible pour elle …

 

J’ai de la peine pour elle et son entourage qui doivent se sentir seuls et oubliés dans leur combat. Broyés par une machine médiatique qui n’a pas de place pour eux, pour qu’ils se fassent entendre, pour essayer de mobiliser l’opinion publique afin de faire bouger les choses en influençant les politiques.

Oui j’admets je la pense innocente de ce dont on l’accuse. Et même si elle est coupable, elle ne mérite pas de passer sa vie à des milliers de km de sa famille. Seule dans un pays qui la hait et qui s’accroche à elle comme une sangsue sur une jambe, prise dans quelque chose qui manifestement la dépasse.

J’ai d’autant plus de peine qu’elle se retrouve « abandonnée » par son pays quand elle aurait le plus besoin de soutien. L’attente de cette décision avait suscité beaucoup d’espoirs, morts aujourd’hui ou bien éteints, et l’espoir fait vivre alors quand il n’y en a plus …

 

A Seville, les gens n’utilisent pas le mot « veleta » pour parler d’une girouette, mais ils utilisent le terme « Giralda » en rapport avec cette immense tour à côté de la cathédrale au sommet de laquelle se dresse une statue qui tourne au moindre souffle de vent.

 

Nous sommes tous des Giralda de l’information.

Et nous n’avons vraiment pas de quoi en être fiers.

 

Discussion

4 Responses to “Les Giralda de l’information”

  1. Florence a un moral de fer et c’est formidable. Son papa est pour l’instant tout près, sa maman, très très vaillante est ici pour l’instant et, malgré le coup au moral tout les trois restent qd même confiants de pouvoir un jour s’en sortir qd même (elle a des parents formidables) et Florence ne se plaint pas trop de ses conditions de détention, elle sait qu’il y a bien pire au Mexique’ … et monter en haut de la Giralda, c’est crevant !

    Posted by Nardeau | 24 mars 2012, 13:35
  2. …. les prisons du Mexique ou … monter la Giralda ?

    Posted by nardeau | 24 mars 2012, 21:55

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