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Cogito

L’école, les vacances, les voyages

Entends-tu les antres de la Terre qui fument ?

Entends-tu les antres de la Terre qui fument ?

⇒ Il y a quelques jours une patiente m’expliquait que sa fille, son gendre et ses deux petits enfants de 1 et 8 ans allaient partir le lendemain pour quelques jours de vacances à l’étranger parce que c’était moins cher. Avant la fin de l’école donc en ce qui concernait son petit fils de 8 ans. Et que la maitresse n’était pas contente contente alors qu’il a d’excellentes notes.

 

Je ne m'en lasse pas

Je ne m’en lasse pas

⇒ Quand ma famille a décidé de partir en Guadeloupe il y a deux ans, ma belle-mère a été intraitable : pas question que mon petit frère et ma petite soeur ratent le moindre jour d’école. Quand bien même ils n’avaient aucun problème dans leur scolarité. Pas question !

 

Séville ma douce Séville

Séville ma douce Séville

⇒ Je crois bien ne jamais avoir fait la fin des classes en primaire. Ou alors vraiment pas très souvent. Pour des raisons de santé qui m’obligeaient à rater au moins la dernière semaine (si ce n’est pas plus, il faudrait que je demande à ma mère). Je ne crois pas avoir jamais eu la moindre remarque de la part de mes maitresses ni que ma mère en ait jamais eu. Il faut dire que j’avais un an d’avance et des notes excellentes, peut-être que ça a joué.

 

Le dégradé des couleurs de la Manche

Le dégradé des couleurs de la Manche

⇒ Quand j’étais à la fac, j’ai eu l’occasion de partir faire un voyage au Maroc. Mais ça impliquait de rater une semaine de cours. J’étais à la fac certes mais dans une section bien particulière, une petite trentaine de personnes recrutées sur dossier dont on contrôlait la présence à chaque cours. Impossible de partir sans que ça se voit et les 3 absences non justifiées autorisées n’y suffiraient pas. Alors je suis allée voir la responsable de mon année d’étude et je lui ai expliqué que j’avais la possibilité de partir en voyage mais que ça impliquait une semaine d’absence. J’étais une très bonne élève (oui toujours) et peut-être que là aussi ça a joué, je n’en sais rien. Mais elle a surtout eu cette réponse : elle m’a dit que voyager était toujours une chance et un moment où l’on apprenait beaucoup et que j’allais peut-être rater une semaine de cours théoriques que je rattraperais après mais que j’allais surtout apprendre une foule d’autres choses.

 

Sur le coup je me suis surtout réjouie de son accord, je n’ai pas bien compris le sens de son message. Le Maroc était mon premier vrai gros voyage à l’étranger. Maintenant que j’ai plus de recul et d’expérience, je me rends compte à quel point sa réponse était intelligente. Il n’y a pas que le scolaire, les voyages apprennent beaucoup d’autres choses, ouvrent à autre chose.

Encore faut-il l’entendre.

 

De l'extrême pointe de la Guadeloupe ...

De l’extrême pointe de la Guadeloupe …

Discussion

15 Responses to “L’école, les vacances, les voyages”

  1. Aloooooooooooors je suis quand même ultra partagée sur ces histoires de « manquer l’école » pour des vacances.
    En fait, j’ai tendance à avoir exactement le même discours que ta prof de Fac. Je pense profondément que les voyages apportent des tonnes de choses que ne permettent pas l’école.
    Je pense aussi que très ponctuellement et à certaines occasions, manquer l’école, surtout la dernière semaine, c’est sans conséquence, surtout si l’élève est un bon élève et qu’il n’y a pas d’enjeu majeur.
    Ma seule crainte, c’est comme toujours la dérive: systématiser l’absence de la dernière semaine « parce que c’est moins cher, le camping à Palavas », ou « parce que de toute façon aller à l’école pour jouer ou regarder des films, ben ça sert à rien »….Je me souviens à quel point ma mère (prof), pestait contre ces parents qui systématisaient à ce point l’absentéisme, en expliquant que certes la dernière semaine était cool mais que si ça continuait ainsi, tous les profs prendraient la mouche et se mettraient à garder des informations importantes pour les derniers jours histoire de faire comprendre que l’école n’était pas optionnelle…
    Et le risque aussi (je le vois autour de moi) c’est que l’enfant reçoive le message « oh ben finalement l’école c’est pas si important puisqu’on a le droit de la rater quand on veut »….Mais ça, c’est toujours une question de position des parents, d’explication. Et puis j’ai mon esprit suisse un peu (trop) rigoureux. Et puis bien sûr, tout dépend des capacités de l’élève 😉
    Bisous (et faut me prévenir, petit scarabée, quand tu mets une jolie photo de l’Islande, que mon coeur ne tombe pas de 300 mètres dans ma poitrine sous le mode « je veux y êêêeêtreee » :)))

    Posted by Floh | 24 juin 2015, 10:51
    • Ah oui je ne parle pas de banaliser l’absence de la dernière semaine (ou d’une semaine dans l’année, pas forcément la dernière) et je ne parle que de bons élèves sans retard d’apprentissage ni problème scolaire.

      Posted by Shaya | 27 juin 2015, 18:43
  2. bon, ben là je suis obligée de répondre aussi… et désolée, je crois que ce sera long, parce que ça me tient à cœur.

    D’accord à 100% avec la partie voyage=apprentissage, formation etc…
    MAIS, l’instit que je suis est forcée de constater qu’au quotidien ce n’est pas vraiment la même réalité que je vis. Ces dernières années, c’est l’école à la carte, et c’est cela que je déplore.
    Effectivement certains très rares font un « vrai voyage », par contre la grande majorité, c’est (exemple vécu aujourd’hui même) « X sera absent jeudi et vendredi parce qu’il va chez ses grand parents ». Non les grands-parents n’habitent pas loin, non je n’ai pas prévu deux évals ces deux jours là (annoncées une semaine à l’avance) et non nous ne ferons plus rien bien sûr alors qu’il reste une semaine et demi.
    Quatre autres seront absents à partir de lundi (2 ont prévenu à l’avance, les 2 autres non, je l’ai appris par hasard.) L’une m’a demandé de préparer le bulletin à l’avance (mais comme je fais encore une éval le vendredi, pas possible : je corrigerai le soir et ne pourrai finir les bulletins qu’après…) L’autre à qui j’annonçais que les bulletins seront à récupérer à la mairie « ben ça ne m’arrange pas, je ne peux pas plutôt le récupérer chez vous à la maison? »

    (Si je fais encore des évals la dernière semaine, c’est parce que
    – les programmes sont chargés ; il faut d’accord travailler une notion avant de l’évaluer
    – je préfère faire une séance de révision avant
    – j’évite de mettre plusieurs éval le même jour, donc ça étale…)

    Au final, ces absences répétées et décalées, (ce n’est pas un mais plusieurs élèves et pas en même temps), m’obligent à une gymnastique permanente (qu’est-ce qu’il me reste à vérifier pour un tel? Que dois-je absolument montrer à un tel? Qui n’a pas encore rangé le classeur (qui était absent le jeudi)?) C’est très chronophage, et pas seulement pour moi, également pour les autres enfants!

    Je constate réellement comme l’a dit Floh que les enfants reçoivent le message « école pas importante » (l’un n’est pas venu l’après midi de la kermesse -alors qu’il était là le matin- parce qu’il n’avait pas envie et pas parce qu’il était malade…. Peu importe que les autres se retrouvent embêtés pour la chorégraphie…)
    Etc… etc…

    Je ne peux pas en fin d’année continuellement préparer à l’avance ou après coup les choses faites normalement en classe, corriger les évals ou les travaux en 3 ou 4 fois (au lieu de corriger la pile d’un coup)
    et entendre sans arrêt en parallèle : « alors bientôt en vacances »? « c’est fou combien vous avez de vacances, c’est beaucoup trop! » Ben si c’est autant, pourquoi vous n’arrivez pas à partir dans cette longue durée-là????

    Parce que c’est moins cher… (ok d’accord… mais la plupart des élèves chez nous restent dans le coin, ce ne sont pas des destinations exotiques en avion qui les motivent)

    Très honnêtement, la plupart du temps je vis très mal (malgré moi) ce manque de respect, ces remarques que je trouve dégradantes pour mon travail : « de toute façon vous ne faites plus rien »…
    (Et au collège ils ne font réellement plus rien 15 jours avant, mais personne ne part en vacances !!!!)

    Désolée, je n’ai pas relu, pas construit d’argumentaire, juste noté mes ressentis au fur et à mesure.

    Posted by carreaux | 24 juin 2015, 19:41
  3. je rajoute simplement que je ne fais de remarque aux parents que s’ils viennent me voir avec des exigences que je trouve déplacées dans ces circonstances… autrement, ben je ne dis rien et j’essaie de gérer tant bien que mal pour le bien du gamin.

    Posted by carreaux | 24 juin 2015, 19:46
  4. je ne peux m’empêcher de rajouter (encore, désolée) ce qui s’est passé ce matin :
    – un enfant, alors que j’évoquais l’une des choses que nous ferons la semaine prochaine fanfaronne « m’en fous, je serai plus là, … déjà en vacances et pas vous, nananère etc  » (super pour les autres…, sans compter la classe à recanaliser ensuite)
    – un nouveau mot « ma fille ne sera pas là mardi prochain, elle va au parc d’attraction avec sa marraine » (marraine et parc sont à moins de 60 km toute l’année et le parc est ouvert au même prix le week end.)

    Cela vous expliquera peut-être le pourquoi de la réaction de certains enseignants… Celui qui vit sa seule situation de vrai voyageur ponctuel ne comprend pas mais nous ne voyons pas la même chose, d’où notre exaspération!

    Dernière précision : chez moi, cette année du moins, tous les élèves qui anticipent leur départ ou partent pendant les cours sont des élèves moyens à faibles. (l’année dernière l’un de ceux parti pendant l’année était à la fois très bon élève et était parti loin, chaque cas est particulier)

    Posted by carreaux | 25 juin 2015, 09:18
    • Si tu relis bien ce que j’ai écrit je ne parle que de bons élèves et que pour des voyages ponctuels. Après je t’avoue que l’idée de ce billet m’est venu en lisant sur twitter une prof, qui enseigne dans un département dit défavorisé, raconter que ces collègues ralent parce que certains élèves ratent la dernière semaine pour partir en vacances parce que leurs parents ne peuvent pas leur payer des vacances quand c’est plein pot en juillet-aout. Je ne dis pas que c’est normal mais je pense néanmoins que ça peut s’entendre.

      Posted by Shaya | 27 juin 2015, 18:50
  5. Dans la mesure où il s’agit de vacances annuelles qu’on peut avoir moins cher en partant fin juin au camping de Palavas, j’estime aussi qu’il s’agit d’un certain manque de respect vis à vis des enseignants.
    Les collégiens trainent leurs basques dans mon village depuis début juin, ne voient plus l’intérêt d’aller au collège… Effectivement le message qui passe c’est « l’école c’est pas important », comme s’ils partaient avant la fin du film au cinéma…
    Ca n’est pas à comparer avec un voyage ponctuel et unique, dans lequel on va vraiment apprendre des choses.
    Mes enfants iront à l’école jusqu’à vendredi… mais ils ont regardé l’éclipse avec moi dans le jardin, décision prise quand j’ai appris le confinement dans les classes dont ils feraient l’objet. J’ai été… félicitée par les enseignants, prévenus avant.
    Et c’est dingue, mais ces derniers jours à l’école sont pour eux les meilleurs souvenirs qu’ils en gardent.
    Bref, tu as eu bien raison de partir au Maroc, mais je rejoins Carreaux sur l’importance de l’apprentissage du respect.

    Posted by La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau | 26 juin 2015, 11:42
    • Après comme je le disais à Carreaux juste avant, quid des parents qui n’ont pas les moyens financiers de payer des vacances en juillet et aout ? Et je ne parle pas d’aller chez les grands parents ou les oncles/tantes etc mais bien de pouvoir partir en famille une semaine ?
      Après à la base mon billet ne portait que sur de vrais voyages, ponctuels, une occasion quasi unique et pour des élèves sans problèmes scolaires.
      Et j’ai toujours été au collège jusqu’au bout (contrairement à la primaire mais là c’était pour des raisons de santé).

      Posted by Shaya | 27 juin 2015, 18:53
      • et quid des parents qui n’ont pas les moyens du tout? ( et pour info ma mère était instit et ne pouvant pas partir en juin nous ne partions pas du tout!!!)

        Posted by carreaux | 29 juin 2015, 17:23
  6. shaya, j’ai bien lu ce que tu expliquais, et pour ma part j’ai bien parlé de la différence entre un voyage ponctuel lointain etc… et la dérive actuelle née du précédent créé par ledit voyage : l’école à la carte!!!! Le problème étant que le 1er se généralise et surtout que les absences dues aux 1ers donnent des idées ….
    mes parents d’élèves qui n’ont pas les moyens (même pas de partir en juin quand c’est moins cher en avion) ne partent pour la plupart jamais, mais se disent « si certains n’y vont pas, pourquoi j’enverrai le mien? »

    Posted by carreaux | 29 juin 2015, 17:16
  7. je complète par petits bouts pour ne pas faire trop indigeste (j’avais dit que cela me tenais à cœur)
    par ailleurs ces mêmes bons élèves ne se privent pas (pas tous, mais j’en ai eu plusieurs) de se vanter et de rater la classe et de partir loin, ce qui côté maîtresse, en effet ne rend pas « content, content »

    Posted by carreaux | 29 juin 2015, 17:18
  8. enfin, (et je vais être cynique) : que font les enfants dont les parents, déjà partis en juin, n’ont plus ni vacances à prendre, ni argent pour payer un quelconque mode de garde pendant l’été? (les siiiiiiii longues grandes vacances dont on nous rabâche tous les jours les oreilles?)
    restent-ils seuls?

    cela ne me regarde plus, après, tout est une question de choix…
    Le problème à l’école c’est que la désorganisation provoquée par le choix personnel de certains est subie par tous les enfants, particulièrement ceux qui ne partent pas (du tout)

    j’espère que mon comm’ aura permis à quelques uns de comprendre le point de vue de l’autre partie

    – en fait ma réaction est de la jalousie parce que je ne peux pas profiter des mêmes tarifs, moi…-

    Posted by carreaux | 29 juin 2015, 17:31
    • Des parents qui abusent, ça existe, tout comme des enseignants qui font suer parce qu’ils ne supportent pas qu’on bouscule le ronronnement de leur classe.
      Si on parle de l’école à la carte, on peut parler des instits qui multiplient les congés « maladie » (qui ne désorganisent absolument pas la vie des enfants, ça se saurait).
      Ce que je trouve admirable, c’est cette propension qu’on les gens a toujours tout ramener à leur grille de lecture. Il me semble que Shaya parle d’elle, d’elle et puis d’elle. Alors pourquoi généraliser sur ce qui est de l’ordre de l’expérience personnelle ?
      Les enseignants ne sont pas les uniques dépositaires du « bien de l’enfant », alors quand quelqu’un témoigne d’un ressenti personnel (voire intime) qu’il a autour de l’école, il serait peut être intéressant d’essayer de comprendre ce que la personne veut dire, plutôt que de lui vomir son égocentrisme à la gueule.
      Etre instit n’empêche pas d’être un minimum empathique, non ? 🙂

      Posted by mauvaispere | 29 juin 2015, 21:22

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