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Cogito

Le silence

Quand j’étais adolescente un ami m’a dit un jour « le silence est le plus grand cri de détresse ».

J’étais d’accord avec lui, dans cette façon qu’ont les ados de verser dans la mélancolie.

Mais aujourd’hui encore, je suis d’accord avec lui : le silence est le plus grand cri de détresse.

Je l’ai constaté à de nombreuses reprises. Parce qu’il en faut de la souffrance pour faire le choix de se taire, de brider ses mots (maux?), de se mettre en retrait de notre monde essentiellement basé sur la communication, de se censurer, de devenir invisible.

 

Néanmoins … si le silence est le plus grand cri de détresse … c’est aussi le plus stupide inutile contre-productif.

Déjà parce que pousser le plus grand cri de détresse pour n’être péniblement entendu que par 0,1% de son entourage – celui qui s’attache autant aux creux qu’aux pleins (les musiciens comprendront) – c’est au minimum dommage.

Mais surtout parce que le silence isole.

Il coupe des autres, il rompt le contact. Comment rétablir le contact avec quelqu’un qui ne veut pas parler? Comment démêler l’écheveau, découvrir les blessures pour aider à les soigner quand on ne reçoit aucune réponse.

Le silence est un mur qui ne laisse aux autres aucune asperité où s’accrocher.

 

Et quand on choisit de s’isoler il ne faut pas s’étonner d’être seul …

 

C’est ça de choisir le silence comme cri de détresse. C’est le plus grand mais aussi le moins entendu et le moins susceptible d’apporter de l’aide.

Discussion

6 Responses to “Le silence”

  1. Est-ce vraiment un choix ? Ou est-ce le désespoir, l’idée que quoi qu’on fasse on ne sera pas entendu, alors à quoi bon ?

    Posted by Anna Musarde | 6 novembre 2013, 09:35
  2. Je rejoins Anna : est-ce vraiment un choix ? Pour avoir été une ado silencieuse, je pense que c’était plutôt une « fatalité ». « Rien ne sert de parler, je ne serai pas entendue, ce que je dirai risque d’être déformé, minimisé, mal compris. Rien ne sert de parler parce que personne ne pourrait m’aider même si quelqu’un entendait vraiment ce que je pourrais dire. Et puis, qu’est-ce que je pourrais dire exactement ? »

    Je ne dis pas que c’est une bonne logique mais je pense que c’est un mécanisme qui se comprend. Surtout quand on manque de mots, quand on manque de recul sur soi-même pour analyser suffisamment ce qui ne va pas…

    Si tu dis « Je me sens triste », on va te demander ce qui te rend triste. Et si tu n’as pas la réponse à cette question là, et bien tu ne dis même pas que tu te sens triste, ça ne sert à rien…
    Et puis ado, on a souvent l’impression d’être seul au monde avec nos problèmes et que personne ne peut les comprendre.

    Posted by Lizly | 6 novembre 2013, 10:33

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