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Dans ma tête

Le niveau d’anglais

Longtemps j’ai pensé être complètement nulle en anglais.

Ca remonte à mon tout premier contact avec cette langue : mon prof d’anglais de 6e. On néglige trop souvent l’impact que peut avoir un premier enseignant sur une matière. Qui plus est une langue vivante est bien plus qu’une matière. Ce prof était vraiment une catastrophe, de par sa personne autant que par sa façon d’enseigner. Et j’ai bien peur qu’il ait compromis l’expression de plusieurs générations d’élèves dans la langue de shakespeare.

Ma prof de 5e n’a rien fait pour améliorer mes relations avec cette langue. Au contraire, elle a creusé le fossé un peu plus. Incapable de ressentir les blocages et d’y remédier autrement que par le fouet (au sens imagé du terme hein). J’ai haï chaque semaine un peu plus cette matière tout en me pensant pas du tout prédisposée pour. Facteur favorisé par le fait que dans ma famille personne n’est bon en langues étrangères. A l’instar du reste de ses membres, j’avais un profil scientifique et qu’importe si j’étais excellente en français aussi.

 

C’est dans cet état, franchement catastrophique que je suis arrivée en classe de 4e. Face à une 3e prof d’anglais.

C’est elle qui a permis que la situation ne s’aggrave pas un peu plus encore, elle qui a commencé à déconstruire tout ce qui avait été lancé les deux années précédentes. Je ne crois même pas qu’elle en ait une conscience. Seulement un jour, elle m’a dit un peu surprise « mais non tu n’es pas nulle en anglais! ». ET cette simple phrase a tout changé, puisque je n’étais pas nulle alors je pouvais recommencer à apprendre et progresser.

Il aura bien fallu les efforts de ma prof d’anglais de 4e-3e puis de celle (exceptionnelle) de lycée pour inverser la tendance amorcée en 6e-5e.

 

Mais j’avais quand même choisi un profil scientifique, là où les langues étrangères deviennent marginales. Et ça n’a qu’empirer après le bac.

Entre ma 1ere année post-bac et ma 4e, je n’aurais eu qu’un semestre avec de l’anglais. Les vicissitudes des organisations inter-facultés semblant indiquer qu’à quoi bon poursuivre leur apprentissage de l’anglais, ça ne leur servira pas. Idée renforcée par l’attitude de mes camarades qui ne voyaient pas l’intéret de ces 2h/semaine. Moi je bénis ce semestre et le travail que ce prof a réussi à faire, avec moi tout du moins s’il n’en reste plus rien chez les autres, à chaque fois que je lis une étude scientifique. Il a ciblé son apprentissage sur ce qui en fait pourrait vraiment nous servir : le vocabulaire scientifique.

 

Quand j’ai changé de fac pour mon master 2, le discours et l’organisation ont été sensiblement différents : de l’anglais nous allions en avoir et ça n’était pas une sous-matière par rapport aux autres. Là encore je pense que mes camarades n’ont pas compris l’intéret. Mais pour la rédaction de mon mémoire j’ai fouillé toute la littérature scientifique sur mon sujet et j’ai du lire une centaine d’études rédigées … en anglais.

Lors des partiels de fin d’année, j’ai fini major en anglais. Bien bien loin devant les autres.

 

Malgré tout ça … j’étais toujours nulle en anglais. Un peu comme quand même avec 20 kgs de moins on se pense toujours grosse.

J’étais (je le suis toujours) loin d’être bilingue, je me pensais incapable de me débrouiller à l’oral autant pour comprendre que pour parler. Bref, nulle.

 

Ce sont les voyages à l’étranger qui ont fini de me réconcilier avec cette langue.

Ces moments où tu n’as d’autres choix que de parler pour manger, te déplacer ou dormir et où tu te rends compte que tu es comprise par ton interlocuteur et que tu le comprends aussi quand il te parle.

Enfin pas toujours … mais la plupart du temps oui.

Et j’ai attaqué – un peu par hasard – un MOOC de sociologie en anglais. Et je n’ai pas eu de mal à suivre, d’autant que la transcription me permettait de rattraper les bouts ratés en route. Ca m’a tellement plu que j’ai enchainé sur un de criminologie. Ca entraine l’oreille à différents accents et différentes vitesse d’élocution, ça permet d’acquérir du nouveau vocabulaire (bon concernant celui de criminologie, c’est vraiment particulier comme vocabulaire, un peu comme le vocabulaire scientifique, tu ne vas pas le placer toutes les 3s).

Pourtant … quand on m’a proposé d’assister à un séminaire en anglais, j’ai accepté en me disant que j’allais galérer à suivre, voire que je n’allais pas y arriver. Et j’ai été plus que surprise de voir que si, j’y arrivais et même très bien en fait.

 

Mais quand même … je suis plutôt nulle en anglais.

Discussion

7 Responses to “Le niveau d’anglais”

  1. Nulle au sens scolaire peut-être (je n’en sais rien, c’est toi qui le dis!), mais ouverte sur le monde et aux autres: cela suffit souvent pour établir le contact et souvent progresser à vue d’oeil!

    Posted by La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau | 3 avril 2014, 15:39
    • Nulle au sens scolaire … non, mais nulle en anglais dans ma tête oui.
      Merci beaucoup pour ce beau compliment. J’ai appris de mes voyages que l’anglais qu’on nous enseignait était assez éloigné de celui dont nous aurions besoin.

      Posted by Shaya | 3 avril 2014, 21:20
  2. c’est un mal tellement francais de se sentir nul, incapable d’y arriver. c’est peut etre du au fait qu’on a tendance a nous montrer ce qui ne va pas plutot que ce qui va…
    C’est aussi assez francais de croire que parce qu’un jour, en 6eme, on etait moyen, alors on ne pourra jamais rattraper ca. Il n’y a pas de fatalité, ni en langues ni en rien d’autres.
    Well done pour l’anglais 😉

    Posted by mariel | 3 avril 2014, 16:02
  3. Oh que oui, les enseignants sont essentiels dans l’apprentissage des langues! Chez moi c’était essentiel, même si une fois lancée, j’arrivais à en faire abstraction.
    Par contre, je ne comprends absolument pas comment on peut considérer en filière scientifique comment l’Anglais peut ne pas être important, quand on voit que 80% des échanges et des collaborations scientifiques se font en Anglais, qu’il y a un nombre incalculable de colloques et conférences en Anglais, etc….Ca, ça me dépasse totalement, je l’avoue, mais bon, je viens aussi d’un pays où l’apprentissage de la langue étrangère est essentiel, que ce soit en scientifique ou pas, je suis peut-être déformée 😉
    En tout cas, bravo de t’être accrochée, d’avoir persévéré et d’y arriver!!

    Posted by Floh | 4 avril 2014, 16:30
    • Je suis complètement d’accord que même dans les filières scientifiques l’anglais devrait être un enseignement majeur. Mais ça n’est pas le cas, sans doute parce que dans les formations post bac jusqu’à la licence on n’imagine pas bien ce que les étudiants vont en faire (ok et ceux qui vont aller au delà de la licence?) et du coup on n’explique pas aux étudiants l’intéret qu’il y a à leur faire pratiquer cette matière.

      Posted by Shaya | 4 avril 2014, 17:22

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