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Cogito

Latence post-maladie

Etre un peu malade me permet un peu plus de comprendre les gens beaucoup malades, je crois.

Ca tombe assez bien ma foi, ça a le mérite de me servir.

 

Je suis dans cette phase étrange de la maladie où si je n’ai plus de symptomes tangibles (plus de fièvre, plus de vomissements) (juste que j’ai perdu 1.5kg en 2j et que je n’arrive à manger que le 1/4 de ce que je mange d’habitude si bien que j’attends qu’un Dr Ducon vante le régime gastro) (pour ce qui est de trouver le point de satiété de Zermati c’est assez efficace) mais l’énergie d’un bulot mort et où tout le monde s’attend à ce que je reprenne mes activités à la hauteur de ce qu’elles étaient avant la maladie.

Que je fasse le ménage, la bouffe, les courses et mon boulot.

Sauf que je n’en suis pas encore capable.

Ca va venir oui. Question d’un ou deux jours encore, guère plus. Parce que je n’ai eu qu’une gastro, pas un truc grave. Mais là la bouffe, le ménage, marcher 10km et monter les 2 étages en courant … pas encore.

 

Ca me fait penser à tous ces gens qui ont des maladies graves et qui juste après la fin des traitements se retrouvent face à l’incompréhension absolue de leur entourage qui ne comprend pas qu’ils ne reprennent pas immédiatement les tâches ou les activités qu’ils effectuaient (ou autant d’activités) (le ménage est une activité) avant la maladie. Qui ne comprennent pas que tout redevienne comme avant en fait.

Parce que voilà c’est « fini ». Mais en fait non il faut du temps pour remonter la pente jusqu’à « comme avant ». Et parfois on ne la remonte jamais autant.

Souvent l’incompréhension s’exprime assez violemment. J’ai souvenir de ce médecin qui racontait que le mari d’une de ses patientes soignée pour un cancer avait arrêté de faire les lessives le lendemain même de la fin des traitements. Pas une semaine après. Le lendemain. Bim.

 

Avant je me disais que je comprenais. Oui je comprenais intellectuellement .

Maintenant je comprends … un peu plus.

Discussion

4 Responses to “Latence post-maladie”

  1. Pour les proches, ça peut aussi être une façon de nier tout ce qui s’est passé, ou au moins la place qu’a prise la maladie.

    Posted by Anna Musarde | 25 février 2013, 14:53
  2. J’en suis encore à me dire que je ne peux pas garder le même mode de vie qu’avant Junior et que je dois me coucher plus tôt le soir sinon je rampe le lendemain. Alors pour mon entourage, ça doit être encore plus difficile à voir.
    Je crois que dés qu’on ne voit plus les symptomes de la maladie (vomissements, fièvre, perfusions ou chimio), on se dit que la maladie est terminée et qu’on peut reprendre le cours normal des choses. Sauf que le corps met un poil plus de temps à s’en remettre, et la fatigue c’est invisible pour celui qui n’est pas dans le corps de l’ex-malade. Sauf si t’oublies de te maquiller et que t’as des cernes jusqu’aux genoux comme moi ce matin (alors que la semaine dernière j’étais aussi fatiguée mais mieux camouflée par mon super fond de teint).
    Et +1 pour le lien gastro/satiété/Zermati, ça m’a fait pareil 🙂

    Posted by poulpynette | 25 février 2013, 18:33
    • Dans le même genre il y a aussi le « handicap invisible » : la surdité, la cécité.
      Et même sans aller jusque là, je suis sortie avec un gars daltonien, souvent j’oubliais et je m’énervais qu’il se mélange entre deux choses qui ne se distinguaient que par la couleur.

      Posted by Shaya | 25 février 2013, 20:44

A vous les studios

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