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Je lis donc je suis

L’art de la joie – Goliarda Sapienza

Il en est des rencontres avec les livres comme avec les gens, c’est le hasard qui procède.

Pour les livres habituellement c’est au détour d’un rayonnage que se fait la rencontre, à la faveur d’un titre ou d’une 4e de couverture.

Pas pour l’Art de la Joie de Goliarda Sapienza.

 

La première fois que j’ai entendu parler de ce livre c’était … en lisant une critique littéraire.

Je ne lis jamais les critiques littéraires, ça ne sert à rien je suis encore moins les injonctions des critiques que je ne les lis. Je ne me fie qu’à mon propre instinct et aux conseils de quelques amis fiables dans ce domaine.

Pourtant j’ai lu cette critique. Jusqu’au bout. Complètement hallucinée par ce qui était écrit dedans. Il s’agissait à la base d’une critique sur « Moi, Jean Gabin », le dernier livre édité en français de Goliarda Sapienza. Sauf que l’auteur de la critique ne faisait que de parler de « l’Art de la Joie » en rappelant – de manière improbablement enthousiaste – à quel point ce livre était extraordinaire et merveilleux et extraordinaire et formidable et génial et extraordinaire.

Quand on sait que c’était dans Telerama, on comprend à quel point lire une telle critique était vraiment hautement improbable.

Intriguée j’ai demandé autour de moi et sur le net qui avait déjà lu le livre et s’il méritait l’engouement qu’il suscitait. Une seule personne m’a répondu. Étrangement ça a achevé de me convaincre.

Sauf que mon libraire ne l’avait pas en rayon. Il a fallu que je lui fasse commander. (Depuis il trône en tête de gondole, je me sens trop influente sur mon libraire)

 

Et effectivement il mérite l’enthousiasme qu’il suscite même s’il n’est pas forcément évident à lire au départ, le lecteur n’a guère d’indication sur l’écoulement temporel et le narrateur passe aisément du « je » au « elle » d’une phrase à l’autre.

Ce livre est un roman d’apprentissage d’une femme sicilienne pour qui rien ne sera plus important que sa liberté quel qu’en soit le prix à payer … pour elle comme pour les autres. Mais c’est aussi un véritable portrait de l’Italie des années de guerre avec une foule de détail historique, et un magnifique voyage dans cette volcanique Sicile.

Enfin ce texte recèle de véritables pépites féministes. Celui dans lequel je me reconnais, qui dit que les femmes peuvent être leurs propres ennemies alors que l’homme n’en est pas forcément un.

 

Conquise par « l’Art de la Joie » je vais me faire une joie de découvrir « Moi, Jean Gabin ». Finalement l’auteur de cette critique n’avait pas tort de parler du premier pour inciter à lire le second.

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