//

Cogito

Lacher-prise

Je n’ai jamais lu le moindre livre de Zermati. Jamais visité son site. Jamais lu la moindre interview (enfin presque). Jamais été fouillée plus loin que ce que j’en ai entendu chez mes ami(e)s ou mes lectures de blog.

A commencer par le blog de Caro évidemment sur lequel j’avais suivi avec intérêt son parcours.

On peut me reprocher ce manque d’intérêt, de ne pas avoir cherché à creuser le sujet plus que ça.

Ma foi … je n’en ai jamais ressenti le besoin.

 

J’ai toujours trouvé que le principe de base était on ne peut plus simple à comprendre : réapprendre l’écoute des sensations de son corps dont la sensation de faim.

De là découlait tout le reste selon moi.

 

Le problème c’est qu’entre savoir et comprendre une chose et l’appliquer … il y a souvent un monde.

Il est probable que j’aurais réussi plus vite si j’avais lu les livres et fait les exercices mais en fait je n’en suis pas si sûre …

 

Le fait est que cette gastro a été comme un déclic.

Mon corps a pris le pas sur mon esprit sur ce coup-là imposant totalement sa volonté au niveau de mon alimentation pendant quelques jours et me réapprenant la sensation de faim. Accessoirement m’aidant à trouver aisément le point de satiété pendant plusieurs semaines : point de satiété dépassé = envie de vomir .

Radical.

 

J’ai conscience que c’est quand même assez récent tout ça mais j’avais envie d’en parler (je fais ce que je veux de toute façon) et j’ai constaté beaucoup de changement dans la façon d’envisager les choses (pas seulement alimentaires).

Il parait que je ne sais pas lâcher-prise. C’est discutable comme affirmation (et je ne manque jamais de la discuter) mais ne plus se battre avec soi-même – au moins sur ce sujet là – c’est tellement tellement tellement détendant. J’ai l’impression d’avoir perdu une couche de stress dont je n’avais même pas conscience. Comme un vêtement plus confortable.

Je n’ai jamais été du genre à compenser par la nourriture, ce qui ne signifie pas que je ne le fasse jamais. (Moi j’ai plutôt des compulsions de boucles d’oreilles et de vernis) Je ne suis toujours pas du genre à le faire, mais en plus maintenant je me pose la question avant « pourquoi je veux manger ce morceau de chocolat? », ça permet drolement d’identifier les envies, les besoins etc. Et ça se transpose ailleurs.

Je me suis rendue compte d’un certain nombre de « conditionnement »: finir toujours mon assiette, manger 5 fruits et légumes par jour même si je n’ai pas faim. L’un des plus terrible me concernant c’était « la peur d’avoir faim ». Comme si avoir un peu faim risquait de me froudroyer sur place, me faire faire des hypoglycémies immédiates, comme si je n’avais jamais moyen de manger si je vois qu’effectivement je manque de sucres en plein travail. Je me suis rendue compte que je mangeais toujours assez pour ne pas avoir faim d’ici le repas suivant. Depuis j’ai réappris à avoir faim et à ne pas le craindre.

Ne plus avoir ce système de culpabilisation permanent en tête (noooon pas un carré de chocolat sinon je vais grooossir) au delà du fait que ça détend, libère aussi des envies. Plus de frustration, plus d’envies. Et sinon une envie 100% assumé : je mange ce chocolat parce que j’ai décidé de le manger.

C’est fragile d’avoir conscience de sa satiété. C’est quasiment impossible pour moi les week-end où je travaille. Je n’arrive généralement pas à manger avant 13h30-14h, mon « moment faim » est passé, comme quand on rate son heure de sommeil, du coup je mange parce qu’il le faut et que je sais devoir tenir jusqu’à 20h. J’ai aussi tendance à grignoter du sucré dans l’après-midi pour tenir face à la fatigue accumulée. J’ai l’impression dans ces moments-là que mon corps me réclame du sucre pour tenir le coup si bien que j’y cède. Après il me faut 1 jour ou deux pour me rééquilibrer.

 

Je me suis rendue compte aussi que si je n’écoutais pas jusque là les sensations de mon corps pour la faim, je ne les écoutais pas non plus pour le sommeil et qu’il allait me falloir faire aussi cette apprentissage là.

 

Enfin, un ami – grand fumeur compulsif – avec lequel je parlais de cette « expérience » et du lacher-prise en général (des fois qu’il lache sa foutue clope) me racontait la chose suivante qui illustre assez bien cette notion.

Pour capturer des singes, une tribu inventait le piège suivant : ils creusaient un trou dans une noix de coco juste assez grand pour qu’une main de singe puisse y entrer mais qu’un poing ne puisse pas en sortir et glissaient dans cette noix de coco une banane. Le singe par l’odeur alléché glissait sa main pour se saisir de la banane mais était incapable de ressortir son poing et ainsi on les capturait. Alors qu’il leur aurait suffit de lâcher … prise.

 

(Après « être bienveillant avec soi-même« , ce billet. Je vais bientôt devenir coach bien-être je sens)

Discussion

8 Responses to “Lacher-prise”

  1. Ça te semble peut-être simple, mais il m’a fallu 30 ans, 3 mois de nausées et un bon paquet d’hormones pour découvrir mon seuil de satiété. Ajoute une pincée de compulsion alimentaire à la moindre contrariété (certains fument, d’autres boivent, moi je bouffe), des années de conditionnement sur le mode « il faut manger plus de ci, moins de ça, compter les calories, insérez ici n’importe quel conseil nutritionnel pour faire maigrir une ado obèse », on se retrouve à ne toujours pas savoir ce qu’est la faim. Et la faim, je l’ai découverte avec des exercices sur le mode Zermati. Il m’a fallu des mois pour l’identifier, ne plus en avoir peur, apprendre à vivre avec.
    Mais une fois qu’on a appris à identifier une sensation, c’est plus facile de la retrouver quand on la cherche. J’espère ne plus perdre mes copines la faim et la satiété même si parfois on se perd un peu de vue…

    Posted by poulpynette | 6 avril 2013, 12:55
    • Tu as de la chance d’arriver à « zermater » sans avoir fait les exercices. J’ai lu « maigrir sans régime » (ou un titre dans le genre). J’ai fait les exercices. J’ai surtout adhéré aux principes expliqués dans le livre mais je n’ai jamais vraiment réussi à le faire. J’identifie mieux ma faim et ma satiété mais je continue de manger sans faim et du coup, de m’arrêter un peu au hasard. La faute, essentiellement, à mes horaires de travail ultra fixe, rythmés par les sonneries et en partie à la présence de l’Homme chez nous.
      Je n’ai par ailleurs pas complètement vaincue la peur d’avoir faim qui souvent se confond avec l’inquiétude de ne pas avoir eu faim (je mange parce que j’ai peur d’avoir faim dans une heure alors que je ne pourrai pas manger, je mange aussi parce que ce n’est pas normal que je n’ai pas encore faim alors que mes horaires habituels sont dépassés).

      Bref, je te souhaite de réussir à trouver cet équilibre dans ton alimentation. Et ailleurs dans ta vie où tu pourrais en ressentir le besoin.

      Posted by Lizly | 6 avril 2013, 16:43
      • Je pense que je lirai le livre à l’occasion. J’aurais tendance à penser qu’un rythme fixe aide au contraire à savoir doser les quantités etc. Après la peur d’avoir faim et de ne pas pouvoir manger dans une heure, je l’ai complètement dépassé et finalement je me dis que se dire qu’on doit manger maintenant parce que plus tard on ne pourra pas c’est un « faux » problème, on peut toujours grignoter pour s’éviter l’hypoglycémie.

        Posted by Shaya | 6 avril 2013, 17:57
        • Les heures fixes de mon emploi du temps me contrarient parce qu’elles ne suivent pas du tout mon rythme. Il faudrait que je puisse décaler mon repas de midi vers 13H30/14h et ma pause est soit de 12hà 13h, soit de 11h30 à 12h30. Du coup, je mange pas beaucoup à midi, ou alors par gourmandise. Quand je n’ai pas mangé assez, j’ai faim à 18h/18h30, trop tôt pour le repas. Si je mange un peu pour calmer la faim, je n’ai plus d’appétit pour le repas mais j’ai de nouveau faim vers 21h30/22h alors que l’Homme dont l’appétit est calé sur des horaires différents à faim vers 19h30/20h, heure « normale » pour un repas.

          Du coup, dans l’ensemble, soit je passe à table sans faim, soit je contrarie ma faim en attendant (longtemps).

          Par ailleurs, quand tu es prof, grignoter pour éviter l’hypoglycémie n’est pas forcément toujours possible (je ne m’imagine pas manger en faisant cours !).
          Ajoute à ça qu’une crise d’hypoglycémie peut me déclencher une crise d’épilepsie (déjà vécue) (ça marche avec la chute de tension aussi) et tu comprendras mon casse-tête zermatien !
          Mais sur le principe, je reste très convaincue !

          Posted by Lizly | 6 avril 2013, 18:20
          • Ok je comprends. C’est vrai que mon rythme du midi est clairement calé sur 12h pour le repas, quand il est décalé à 13h30-14h c’est là mon problème. Après je me « force » à petit déjeuner le matin en sachant qu’il ne faut pas mais justement pour être calée pour la suite de la journée. Et je prends souvent un gouter vers 17h sauf quand vraiment vraiment vraiment je n’ai pas faim pour tenir jusqu’à 19h.

            Posted by Shaya | 7 avril 2013, 10:19
    • Je n’ai pas dit que c’était simple. J’ai dit que le concept de base défendu par Zermati l’était.

      Posted by Shaya | 6 avril 2013, 17:54
  2. Oui Lizly, j vois ce que tu veux dire avec les horaires, je suis instit moi-même. Et la faim, je l’ai découverte en faisant les exercices du livre, avec l’aide d’une nutritionniste « zermati-compatible ». Le principal truc a été de ne pas me forcer à manger tant que je n’en ressentais pas l’urgence physique, mais en sachant que je pouvais manger à n’importe quel moment (toujours un truc à portée de la main en gros). L’idéal c’est de faire ça le week end ou en vacances.

    Maintenant (au bout de 2 ans à jouer avec la sensation de faim) j’arrive à prévoir si en me levant à 6h30 je peux attendre la récré de 10h ou si je dois manger un truc juste avant d’accueillir les gnomes à 8h15. Mais je sais que je ne suis presque jamais capable de manger moins d’1h30 après le réveil. Par contre le soir, j’ai faim à 18h30. Et par chance mon copain est capable de se mettre à table à cette heure-là, il a compris que c’était nécessaire, il voit que j’ai beaucoup moins de pulsions. Et pendant quelques temps tu peux aussi avoir besoin de manger seule en décalé, le temps que ton corps retrouve le rythme social. Si j’ai faim et pas lui, je mange, s’il a faim et pas moi, je ne me force pas, je l’accompagne en discutant, parfois la faim arrive et j finis pas aller me chercher une assiette mais pas toujours.

    Et pour la satiété, je ne l’ai découverte qu’à travers les nausées de grossesse. depuis, je crois que je mange purement à l’instinct. Des fois, je trouve que je n’ai pas vraiment faim, alors je me pèse, et je vois que j’ai pris un peu de poids. Une fois je me suis réveillée avec l’envie de bouffer les meubles (et ce n’est pas un euphémisme, j’ai juste ouvert le frigo et commencé à manger avant même de le refermer), en me pesant, j’ai vu que j’avais perdu presque un kilo en 2 jours. Mon corps semble savoir s’il a besoin de plus ou moins de nourriture et je commence enfin à l’entendre et à lui faire confiance. Je crains un peu le retour de baton, l’ivresse de ne pas avoir pris un kilo en 6 mois me tourne un peu la tête, j’ai parfois la tentation de me restreindre mais j’essaye de résister et de continuer à écouter la faim et la satiété.
    Hum, ça c’est un beau pavé, désolée Shaya 🙁

    Posted by poulpynette | 6 avril 2013, 19:24
    • Ne t’excuse pas ma belle, au contraire je suis ravie qu’il y ait échange et je trouve ça très intéressant! Et puis un blog ça sert à ça sinon j’écrirai un livre 😉

      Posted by Shaya | 7 avril 2013, 10:21

A vous les studios

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

octobre 2017
L M M J V S D
« Sep    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

D’où viens-tu?