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Je lis donc je suis

La vie est sans fin

Plus on fait quelque chose et plus on devient un « expert » de ce quelque chose et donc exigeant.

Je suis devenue exigeante en lecture. Mais ce sont mes goûts et mes attentes qui s’expriment, qui sont différents de ceux de mon voisin et qui évoluent aussi dans le temps.

 

(D’ailleurs je vais en profiter pour râler un peu contre cette espèce de snobisme littéraire qui semble régner de plus en plus. Il est souvent de bon ton de critiquer certains auteurs – Musso et Levy pour ne pas les citer – et certains types de livres au motif que ça ne serait pas de la « vraie » littérature et qu’avoir lu le moindre de leur livre serait une atteinte aux capacités intellectuelles. Je n’ai pas lu Levy je ne parlerai donc pas le concernant mais j’ai lu Musso. Plusieurs mêmes. Et je le vis bien. Je l’assume sans problème. Ma belle-mère les avait tous dans sa bibliothèque et ça me faisait passer agréablement les vacances interminables et ennuyeuses chez mon père. Il faut le prendre pour ce que c’est, sans prétention, ça se lit sans donner mal au crâne. Vite lu vite oublié comme un bon block buster de cinéma. De la même façon que le cinéma d’auteur ça va bien un moment mais des fois on a juste envie d’un truc léger pour s’aérer la tête. Est-ce que ça vaut le mépris et la honte pour autant? Ça dépend si on veut se donner une posture d’intellectuel(le) puant… )

 

Je suis devenue capable de savoir rien qu’en lisant le 4e de couverture si un livre me plaira ou pas. Infaillible. Tant mieux parce que je déteste ne pas lire un livre jusqu’au bout, même si je ne l’aime pas, si bien que je n’ai abandonné qu’une seule fois la lecture d’un livre dans toute ma vie.

 

Pourtant ce livre je l’aurais acheté sans même lire le 4e de couverture, rien que pour son titre.

La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre.

Quelqu’un capable de trouver un titre aussi beau ne peut qu’avoir écrit un livre en accord avec celui-ci, tout en utilisation fine et intelligente des mots.

 

[Mais par précaution j’ai quand même lu le 4e de couverture et ça a achevé de me séduire.]

 

L’auteur réussit l’exploit d’écrire un livre réaliste, touchant et doux amer sur un thème pourtant déjà fort exploré par la littérature : le triangle amoureux.

Plutôt un carré d’ailleurs.

Les personnages sont surprenants mais assez fouillés et construits pour être crédibles et justes.

Le héros, plus proche du looser lâche et pathétique que de la figure emblématique, vit entre « l’angoisse de l’infidélité et la dépression de la fidélité » (autre phrase magnifique de l’auteur) sans savoir s’il aime encore vraiment sa femme et incapable de renoncer à sa maîtresse.

Et cette mise en lumière de l’inéluctabilité de certains sentiments quelque soient les conséquences.

Sans que jamais ne transparaisse aucun jugement, aucune condamnation.

 

Les mots sont ciselés, fluides, justes.

J’ai été très agréablement surprise de voir l’auteur réussir à construire une histoire qui ne soit pas cousu de fil blanc et qu’à quelques pages de la fin du livre, je n’ai encore aucune idée de la chute.

 

Un joli livre qui ne soit pas qu’un bon titre donc.

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