//

Je lis donc je suis

La petite communiste qui ne souriait jamais – Lola Lafon

Qu’est-ce qui m’a donné envie il y a des semaines de lire ce livre au point de l’avoir réservé à la bibliothèque dans la foulée ?

Mystère …

 

Il y a longtemps que je ne suis que de loin l’actualité des sorties littéraires. Que je laisse le temps faire son œuvre pour séparer le bon grain de l’ivraie comme l’orpailleur sépare les pépites du reste.

Il se trouve aussi que je cherchais depuis quelques jours ma prochaine lecture.

J’avais enquillé à la suite les 6 tomes des Rois Maudits, pas question d’attaquer un autre roman historique dans la foulée malgré ceux conseillés, j’étais à saturation. Pas envie non plus d’un polar ou d’un thriller. Ni de science-fiction.

J’avais envie d’un roman. Un roman puissant. Qui me donnerait l’impression d’être passée à la lessiveuse. Un roman comme fut « L’art de la joie« .

 

Je lis peu de romans. Je n’ai jamais été autant déçue que par ce genre littéraire, trop de livres fades, ennuyeux ou à demi-ratés. Mais des fois, ça me prend comme une envie de pisser j’ai des envies de romans.

 

J’en étais là de mes recherches infructueuses quand le mail de la bibliothèque arrive m’informant que « la petite communiste qui ne souriait jamais »  – que j’avais quasiment oublié – était enfin disponible (oh oui presque 2 mois après que je l’ai réservé).

Femme de peu de foi je me suis dit qu’à défaut d’un roman puissant ça serait … un roman.

 

Ce qui est bien avec les livres dont on n’attend rien c’est qu’ils ne peuvent que nous surprendre.

Ce livre-ci au départ m’a surtout laissée … perplexe. Des chapitres courts, une narration à deux voix mais avec un dialogue chaotique, conflictuel. Un récit qui se dit chronologique mais ne l’est pas tant que ça. Et ce que je déteste par dessus tout : pendant bien un bon tiers du livre absolument aucune idée de là où l’auteur veut m’emmener. (J’ai horreur de suivre quelqu’un les yeux fermés)

Pourtant en refermant ce livre je n’ai pu que me féliciter de l’avoir lu. Et cerise sur le gâteau, l’effet inespéré : l’impression d’avoir reçu une de ces claques salvatrices qui dit qu’un livre a modifié la façon de voir les choses.

C’est un livre protéiforme.

Le récit imagé d’un morceau de la vie d’une gymnaste roumaine dans lequel se cache aussi bien une vision plus nuancée – mais pas idyllique – du communisme que celle qu’on nous sert habituellement dans les pays de l’Ouest, qu’une remise en question des pratiques d’entraînement de ces jeunes filles, qu’une mise en perspective de notre monde capitaliste et de ses pratiques.

Qu’une critique à la virulence cachée envers nous tous surtout. Nous tous en tant que spectateurs qui cautionnons, en tant que juges qui assistons la bave aux lèvres au grand cirque médiatique qui déchiquette, nous tous qui portons aux nues pour mieux enterrer ce qu’on a adoré à la première occasion, nous tous qui ne voyons et comprenons que ce que nous voulons voir et comprendre.

 

Peut-être pas un roman « puissant » comme j’en réclamais un mais assurément remuant.

Discussion

No comments yet.

A vous les studios

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

novembre 2017
L M M J V S D
« Oct    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

D’où viens-tu?