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Cogito

La liberté se conquiert

Je me souviens très bien de mon 1er job d’été.

J’avais 17 ans. Le bac en poche mais pas majeure. J’aurais pu passer un été de plus à glander sur la plage des bords du lac… à la place j’ai fait un de ces jobs, forcément pouccrave qu’on fait l’été sauf quand on est pistonné, et pourtant jamais aussi essentiel que cet été là. C’était en 2003, je faisais le ménage chez des personnes âgées et pendant que des milliers d’entre eux mourraient seuls, moi je baissais les stores, prenais des nouvelles et distribuais des verres d’eau avant de partir.

 

Je me souviens très bien pourquoi je m’étais retrouvée à travailler aussi.

J’avais décidé d’aller voir un ami très cher à Paris pendant quelques jours. Ma mère m’a dit qu’elle ne me payerait pas le voyage, qu’elle ne le voulait pas, que si je voulais y aller il faudrait que je me trouve un boulot.

Finalement je n’ai pas pu aller voir mon ami mais j’ai quand même travaillé tout l’été avant d’entrer à la fac. Et après ça j’ai travaillé tous les étés pendant mes études.

 

J’aurais préféré comme tant d’autres me reposer sur l’argent de papa-maman mais en fait ce jour-là ma mère m’a enseigné une leçon qui a postériori m’apparait capitale : elle m’a appris que la liberté se conquerrait à la sueur du front et ne se trouvait pas sous le sabot d’un cheval. Que pour réaliser ses envies et ses rêves il fallait s’en donner les moyens, que ça impliquait de bouger ses fesses – et parfois faire des sacrifices – mais que jamais les choses n’arriveraient toute cuite dans mon assiette.

Et je crois beaucoup de gens l’oublie.

 

On peut dire ce qu’on veut du monde actuel, il n’y a pourtant pas de mystère : l’argent est le nerf de la guerre.

Je ne crois pas qu’il en faille des quantités démentielles comme certains en réclament à corps et à cris mais assurément pour réaliser ses envies, ne dépendre de personne et n’avoir de compte à rendre à personne, il en faut un minimum.

 

Je vois et j’entends parler de beaucoup de personnes autour de moi, surtout des « jeunes » qui ne semblent pas bien avoir compris que la réalité était souvent moins clémente que les success story dans les films ou les médias.

Qui refusent des boulots honnêtes au motif qu’il est trop mal payé, trop pénible et trop ingrat pour eux. Qu’ils « méritent » mieux que ça sans pour autant avoir les qualifications pour prétendre à plus.

Qui disent qu’ils feront tel truc super et tel truc génial et auront un super métier avec un gros émargement … et qui reste le cul sur le canapé sans jamais envoyer la moindre lettre de motivation, écrire le moindre projet, prendre le moindre contact.

La dignité (la prétention devrais-je dire) n’a jamais permis de manger à la fin du mois. Pas plus que de se loger. Et on a jamais trouvé le boulot de ses rêves sur son canapé (sauf à se lancer dans la prostitution?).

Les success story, ces gens partis de rien et devenus riches comme Crésus en 2 ans ça existe. Il doit y avoir, je sais pas, 500 personnes dans le monde? Mais assurément ils ont travaillé pour en arriver là, inventé quelque chose d’innovant, crée les bons contacts avec les bonnes personnes. Et du passer quelques nuits blanches.

Ils ne se sont pas contentés de rêver, ils ont vécu leur rêve et ils se sont bougés pour ça.

 

Et ils ont surtout décidé de se donner les moyens d’être libre.

Discussion

2 Responses to “La liberté se conquiert”

  1. Suis bien d’accord.

    (Désolé, c’est plus fort que moi, mais la liberté elle se conquéRISSAIT pas, elle se conquéRRAIT tout simplement 😉

    Posted by MaO | 26 juillet 2012, 17:27

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