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Barcarolle

La GPA ? Un jour peut-être …

L’actualité ayant remis sur le tapis le sujet de la GPA, les débats fleurissent un peu partout.

Très bien, parlons en, débattons en, discutons en, confrontons avis et idées.

Mais il y a un argument récurrent qui revient avec ce sujet (et qui me fout en l’air) et que je résumerais par : des gens qui ont un, deux, trois (ou plus) bambins qui courent dans le jardin ou l’appartement et qui disent « je sais comme ça doit être dur pour ces couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant mais de là à avoir recours à la GPA … »

 

Non. Vous ne savez pas puisque vous avez des joyeux bambins qui foutent le bordel chez vous.

Je ne dis pas que ces grossesses ont été un chemin parsemé de roses, que vous n’avez connu ni l’angoisse ni la douleur d’une fausse couche, voire le calvaire d’une FIV. Mais le fait est que ces enfants sont là.

Vous ne savez pas. Vous ne pouvez qu’imaginer. Et encore, dans la plupart des cas ce que vous imaginez sera bien loin de la douleur vécue.

 

Quand j’avais 15-16 ans, mon amoureux de l’époque a appris qu’il était stérile. Cette annonce l’a fait implosé intérieurement et je me rends compte aujourd’hui que je n’ai pas mesuré sur le moment à quel point. A l’époque, je n’ai pas compris pourquoi cette annonce était aussi douloureuse, lui disant qu’il y avait d’autres moyens d’être père … comme l’adoption.

Aujourd’hui je sais. Et je sais à quel point mon discours de l’époque a du être blessant et inadapté.

 

L’année dernière j’ai moi-même appris que je ne pourrais pas avoir d’enfant (comme quoi on n’aurait pas dû se séparer, on était fait l’un pour l’autre). Et je mesure aujourd’hui avec un an de recul à quel point cette annonce m’a fait exploser intérieurement et à quel point je ne suis passée pas loin … Pas loin que la souffrance de cette annonce me fasse un jour avaler tous les médicaments que je pouvais avoir chez moi, pas loin de ne pas pouvoir me lever tous les matins et vivre avec ce sentiment de honte, de déficience, tous les jours.

Je sais aujourd’hui que c’est mon travail qui m’a sauvée l’année dernière.

Alors oui je comprends ces couples, je comprends qu’on puisse « en arriver là ».

J’ai la chance d’avoir appris que je ne pourrais pas avoir d’enfant alors que je n’avais pas de désir d’enfant justement. J’ai la chance de pouvoir faire ce deuil là sans en plus devoir lutter contre l’envie dévorante de tomber enceinte. Sans en plus lutter contre les échecs répétés d’une FIV ou le parcours du combattant d’une adoption.

J’espère y arriver avant que cette envie se pointe.

Mais si ça n’était pas le cas ? Est-ce que je ne déciderai pas un jour de payer une femme pour ce que je ne suis pas capable de faire ? Pour arrêter d’entendre que ça n’a pas marché ou qu’il faudra attendre 5 ans avant d’espérer accueillir un enfant chez moi ?

La plupart des couples découvrent qu’ils ne peuvent pas avoir d’enfant, justement quand ils veulent en avoir un. Et je comprends que la douleur puisse faire décider de sauter ce pas là.

 

Je ne dis pas que les gens qui ont des enfants ne peuvent pas débattre de la GPA, exposer leurs idées et leurs croyances. Mais gardez vous de dire que vous savez ce que c’est de ne pas pouvoir avoir d’enfant après avoir tout tenté.

Vous n’avez pas la moindre petite idée de ce désespoir-là ni de ce que vous feriez dans ce cas-là.

 

Kali la terrible

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