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Cogito

La dureté des retours

(Une petite pause dans mon récit de voyage ? Je sens que vous en avez besoin, c’était ce que je craignais, des billets sans doute trop longs avec trop de photos qui lassent. J’ai besoin d’une petite pause aussi, même si se replonger ainsi dans ses souvenirs et ses photos permet de prolonger un peu les vacances c’est beaucoup de boulot de sélectionner les photos, les traiter et les agencer. Mais le billet qui suit ne quittera pas totalement l’Islande …)

 

J’ai souvent du mal à rentrer en France quand je suis allée passer quelques temps à l’étranger.

Un peu de mal à rentrer d’Inde mais finalement pas tant que ça, la dureté du pays qui te râpe l’esprit jours après jours m’ayant donné envie de retrouver mon confort.

Beaucoup de mal à rentrer de Thaïlande, pays confortable qui ne m’avait pas tellement donné envie de le quitter. D’autant plus de mal avec ce retour atroce à Paris entre hurlements stressants et inutiles des gens de la sécurité à peine le pied posé sur le sol français à Roissy et remarques plus qu’acerbes dans le RER …

 

Oui plus le pays a été « confortable » plus le retour est difficile.

Le retour d’Islande a été difficile.

 

Moins dépaysant culturellement que la Thaïlande (mais nettement plus concernant les paysages), l’Islande s’est avérée extraordinairement accueillante. Et confortable.

Ma mère a fait la réflexion à un moment que l’Islande était la Suisse du nord. En plus chaleureux ajouterai-je.

Je me méfie de ces pays trop proprets qui cachent souvent beaucoup de vilaines poussières sous le tapis mais j’avoue ne pas avoir réussi à trouver la faille en Islande. J’ai trouvé les gens optimistes, solidaires et toujours prêts à aider mais sans être envahissants. Cela s’explique aisément quand on pense au rude climat qui règne de long mois et aux dangers du volcanisme qui guettent les habitants en permanence, ils doivent pouvoir compter les uns sur les autres. J’ai souvenir d’études de sociologie portant sur ces sujets.

 

En plus de tout cela les islandais sont confiants envers les autres.

Pas naïfs, ce ne sont pas des ravis de la crèche. Mais là où nous montrons défiance, la suspicion et demandons des preuves à-priori, ils opposent la confiance, la foi en l’autre.

Extraordinaire renversement des charges. Ou comment en ne changeant presque rien, on change quasiment tout.

A notre arrivée, la responsable qui encadrait notre séjour m’a dit « oh ne vous inquiétez pas, laissez tout dans la voiture, ici personne ne vous l’ouvrira. S’il y a des vols ils se font entre les touristes. » Et c’est vrai, j’ai pris l’habitude de laisser portable et appareil photo en pleine vue dans la voiture mais un couple de français croisé à Reykjavík à notre arrivée et retrouvés sur notre vol de retour s’est fait voler son guide … lors d’une nuit en gîte rempli de touristes …

Je me suis demandée les causes de cette faible délinquance. Ce besoin vital de solidarité évoqué plus haut oui.

Mais pas seulement. Il y a cette histoire de confiance.

Tous les sites touristiques d’Islande sont équipés de WC. Les stations services aussi même les plus petites dans les coins isolés. Les sites naturels sont accessibles gratuitement. Parfois ils sont entretenus par un simple fermier qui se trouve avoir ses terres là. Et un peu partout on vous demandera une petite contribution pour l’entretien de ces WC ou de ces sites. Parfois on vous demandera 200 ISK (environ 1€30) parfois on vous dira juste « ce que vous souhaitez ». Mais pas de portiques, de tourniquets, de caisses, de vigiles pour surveiller que vous allez bien les donner ces sous et pour vous empêcher d’y accéder si vous ne payez pas. Juste un simple tronc dans un coin. On s’attend à ce que vous le fassiez, et personnellement – mais je ne pense pas être la seule – qu’on ne me l’impose pas m’a donné encore plus envie de le faire. Pour être digne de cette confiance.

Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Ça a fait écho à beaucoup de choses que j’avais lu sur l’erreur et le tort que nous nous faisions à nous même de toujours considérer l’autre (les autres) comme un ennemi.

 

 

Alors oui le retour est rude. Comme toujours, tout me paraît plus étroit, étriqué même. Mon horizon, mon esprit, celui des autres.

Mais cette fois-ci, cette défiance permanente – inconnue pendant presque 15j qui me recolle à la peau soudain – m’étouffe et je n’en veux pas.

Je veux retrouver la confiance.

 

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Ecrit sur un campers. J’ai adoré !

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