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Oui je rale et alors?

L’année de l’aigreur

Santé !

Santé !

Il y a quelques années de ça, quelqu’un auquel je tiens beaucoup m’a caché les symptômes inquiétants qui lui étaient apparus depuis un petit moment et le bilan médical complet qu’il devait subir de ce fait. Il ne me l’a révélé qu’une fois celui-ci fait et avec lui la certitude que tout allait très bien.

Je lui en ai …. pas mal voulu sur le moment de m’avoir caché ça. Comme si je n’étais pas digne de confiance. Surtout qu’il s’en est défendu en me rétorquant qu’il ne voulait pas en plus avoir à gérer mon stress. (MON STRESS ? QUEL STRESS ???)

Avec le recul – et l’expérience personnelle acquise depuis un an – je me suis dit que ce n’était peut-être pas tant de mon stress qu’il s’était protégé que de (mes) réponses inadaptées.

Depuis quasiment un an, depuis que je suis tombée malade, j’ai l’impression de voir l’immense majorité de mon entourage rater constamment. Rater les évènements clés, rater les réactions dont j’aurais besoin, rater la présence ou l’absence, rater le souci que j’aimerais qu’ils aient de moi. RATER RATER RATER !!!

 

Vendredi j’avais un rdv médical important. Que j’attendais avec impatience depuis des mois. J’attendais trop de ce rdv je le savais mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Et j’en suis ressortie à la fois dépitée et pleine d’informations que je voulais partager. Dès que je suis sortie du cabinet, j’ai appelé ma mère pour l’informer de ce qui s’était dit et parler de tout ça avec elle. Sauf que ma mère … ben ma mère je sais pas, elle était en train de faire autre chose et elle ne m’écoutait pas du tout pendant que je parlais, elle n’en avait clairement rien à cirer alors que moi j’aurais vraiment voulu qu’elle m’écoute pour une fois.

Et tout est à l’avenant un peu. Mon père … ben mon père qui planait jusque là à 4000 en mode « c’est rien ce qui t’arrive », il est désormais en panique depuis septembre, depuis qu’il a pris conscience que j’étais toujours sous anticoagulants et que ça ne se passait pas sans conséquences alors que bon c’était en novembre dernier qu’il aurait dû être en panique, pas maintenant.

Je ne parle pas de ceux de mes proches même pas au courant dudit rdv parce que … ben s’intéresser un peu aux événements clés pour moi des fois c’est trop demander (c’est pas comme si je réclamais souvent de l’attention).

Alors oui je comprends, ce cycle « maladie mais pas vraiment » qui n’en finit pas depuis 12 mois (plus long qu’une grossesse) (et qui n’est pas fini encore …) il est lassant et passablement incompréhensible, les gens ils ont dormi depuis, ils ont des projets, des problèmes, ils sont passés à autre chose. Mais pas moi. Moi ça occupe encore beaucoup (trop) de place dans ma vie, à mon corps défendant. Surtout quand les effets secondaires des médicaments s’amusent à me rappeler tous les jours que ça déconne sec. J’aimerais bien ne pas me sentir aussi seule des fois face à ça.

 

Et parce qu’il ne faut jamais finir sur du négatif et que ces personnes méritent vraiment que je leur fasse un méga big up, il y a des gens – que je peux compter sur une main mais peu importe – qui ont toujours été là pendant cette période, qui n’ont jamais raté le coche ou eu la réaction inappropriée et je les en remercie vraiment énormément <3

Discussion

5 Responses to “L’année de l’aigreur”

  1. J’ai parfois la sensation que quand on a un grand degré d’exigence envers nous-mêmes face aux autres (comme tu l’es, et comme je peux l’être aussi), le fonctionnement un tant soit peu « négligent » nous heurte énormément (j’ai l’impression de super mal m’exprimer).
    Cela dit là, je pense que c’est autre chose qu’un « tant soit peu négligent », on est en droit d’attendre de nos parents qu’ils s’inquiètent en temps et en heure pour nous (qu’ils s’en inquiètent sans nous étouffer ou nous malmener est autre chose…) et je comprends tellement bien ta tristesse et ta colère.
    Je t’embrasse fort fort ma jolie, moi je suis sûre que même si cette date anniversaire approche, elle va signer la fin de cette période douloureuse….

    Posted by flofeenix | 17 octobre 2016, 15:16
  2. C’est marrant ça, la question que je redoute le plus c’est « et ta santé ? » 🙂 Pas question que quiconque s’inquiète pour moi parce que ça prends des proportions démentielles. Et j’ai un peu autre chose à faire que rassurer tout le monde. Peut être parce que justement, lorsque j’ai eu mon lymphome j’ai dû surtout gérer le stress des autres, j’essaie d’en dire le moins possible.

    (IL y a 3 ans, suite à mon manque d’anticorps, j’ai eu des soucis digestif et que j’ai perdu 15kg et qu’on m’a mis sous perf nutritionnelles la nuit : depuis mon retour d’arrêt maladie (il y a 3 ans maintenant QUAND MEME) la responsable des RH me regarde à chaque fois comme si j’allais tomber dans les pommes – alors que bon, ça va là, j’ai repris mes kilos et arrété les perfs. Alors non, c’est pas guéri, j’ai plein d’autres effets secondaires, mais je me garde bien de le dire à quiconque et surtout à mes proches 🙂

    Posted by MaO | 18 octobre 2016, 07:35
    • Je ne comptais pas vraiment me garder d’en parler à quiconque mais j’avoue que je commence à y réfléchir.

      Posted by Shaya | 20 octobre 2016, 12:19
      • La question que je me poserais sans doute à ta place serait de savoir à qui je peux dire simplement ce que j’attends, ce dont j’ai besoin. Et (malheureusement ?) la réponse à cette question n’est pas toujours « la famille ». Il y a tellement d’historique derrière, ça complique souvent les choses.

        Posted by Georgia | 24 octobre 2016, 22:05
        • J’ai cité mes parents en exemple mais ce n’est pas pour rien que je dis que c’est mon « entourage » qui rate et pas juste « ma famille ». Ce n’est pas que ma famille qui se vautre.

          Posted by Shaya | 27 octobre 2016, 21:44

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