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Cogito

J’aime pas (trop) les gens

Souvent je suis impressionnée de voir des gens de mon entourage avoir des centaines d’amis sur Facebook, des milliers sur Twitter, un nombre incalculable de contacts mails ou téléphoniques, une liste sans fin de blogs à lire, toujours un pote dans tel ou tel domaine ou à tel endroit. Je suis impressionnée par la capacité de ces gens à multiplier à l’infini les contacts.

 

Je suis impressionnée … mais pas envieuse. Vraiment pas.

Comme le disait lucidement l’un d’entre eux « beaucoup de connaissances mais peu d’amis ».

Proportionnellement j’ai peu de connaissances … mais beaucoup d’amis.

 

Je n’aime pas trop les gens.

Je sais c’est paradoxal pour quelqu’un qui passe (avec bonheur la plupart du temps qui plus est) ses journées à s’occuper des autres.

Peut-être arriverai-je un jour à comprendre pourquoi mais en dehors de mes patients, je trouve les gens généralement bovins, mous du cerveau, inintéressants, lents, stupides. Oui je sais dis comme ça je manque cruellement d’humilité (cela dit je me trouve généralement inintéressante et stupide aussi) et pour une personne qui passe le filtre, au moins 10 sont recalés.

Alors je n’ai pas le réflexe de demander leurs numéros (aux recalés), de les ajouter sur Facebook, de les suivre sur Twitter.

Il s’agit d’un mécanisme de survie : la vie quotidienne m’oblige déjà à supporter un certain nombre de personnes dont je me passerais bien (collègue-crétin par exemple) pourquoi s’en rajouter volontairement ?

 

Je crois aussi que nos amis sont toujours un peu plus beaux quand on n’a pas un accès complet à eux, qu’on n’a pas à supporter leur côté obscur, celui qu’on ne veut pas connaître parce qu’il pourrait nous les faire moins aimer.

Et toujours cet éternelle question quand le cas se présente « ai-je vraiment envie d’avoir cette personne sur twitter, sur facebook, dans mon téléphone et dans ma vie? Ai-je envie de le voir pérorer contre le gouvernement, liker la page de soutien au bijoutier de Nice, transférer des hoax et m’écrire des sms en langage sms? » (et inversement : ai-je envie que mes amis me supportent le faire?)

 

A choisir j’aime mieux que mes amis m’envoient régulièrement un sms ou une carte postale que de voir leur activité quotidienne sur les réseaux sociaux. Au moins il y a du lien personnel entre nous dans tout ça. J’avais écrit (il y a fort fort longtemps) à quel point Facebook avait changé mon amitié avec Choupinet, à quel point voir ce que nous en disions sur les réseaux sociaux donnait à l’autre l’illusion que nous étions au courant de ce qui se passe dans nos vies respectives alors … alors qu’il n’en est rien.

L’essentiel est ailleurs. Caché. Toujours.

 

Il parait (thanks Jegoun pour l’info) qu’on ne peut pas dépasser une relation stable avec environ 150 contacts et du coup je me demande ce que font ces gens qui les multiplient à l’infini ?

Quand j’ai rencontré le Best Friend, un jour nous avons plongé dans son répertoire et fait le tri de ses contacts. J’aurais dû compter le nombre exact mais dans environ la moitié des cas à la lecture des noms il m’a répondu « je ne sais plus qui c’est … peut-être une ex? ».

Certes je laisse peu de personnes m’approcher. Mais au moins je sais qui sont chacune d’entre elles.

Discussion

12 Responses to “J’aime pas (trop) les gens”

  1. Si je peux rendre service…

    Je vais répondre : si j’ai beaucoup de contacts sur Facebook, c’est pour trouver des gens qui jouent à des jeux, pour qu’on s’échange de vies. Mais je ne lis les publication que des gens que je connais.

    Posted by Nicolas | 16 février 2014, 10:16
  2. Moi non plus j’aime pas les gens ! 😉

    Posted by sushiesan | 16 février 2014, 11:10
  3. Beaucoup d’échos dans ton billet.
    Je suis d’un contact très facile. Je ne me vente pas, on me le dit. On me dit que je suis ouverte, accueillante… Au boulot, je fais partie de ceux qui vont vers les nouveaux très facilement. Quand je me retrouve dans un groupe d’inconnus, je lance la conversation.
    Mais si j’entre facilement en contact, ça reste « superficiel ». Je discute, je papote, j’écoute mais je ne m’implique pas vraiment. Je laisse les gens s’approcher facilement de cette première couche mais avant de les laisser entrer dans une sphère plus personnelle, dans laquelle je donne vraiment de moi-même, il me faut du temps et surtout, que je sente que la personne en vaut le coup.
    On pourrait dire que je suis « fausse » avec les autres mais je ne crois pas. Je ne vais pas prétendre auprès d’eux qu’ils sont mes amis.
    Je suppose que ce sont les déceptions et les « coups » reçus qui m’ont rendue ainsi.
    Le résultat est que j’ai très peu d’amis IRL.
    En ligne, j’ai peu de contacts FB, et j’ai un compte Twitter raisonnable dans lequel je fais régulièrement le tri parce que je veux être capable de suivre ce que ça reste un outil d’échange ce qui est assez vite impossible. Je noue plus facilement des liens en ligne, et, paradoxalement, me laisse plus facilement approchée quand la relation se noue à distance…

    Posted by Lizly | 16 février 2014, 11:25
    • Tout pareil sur beaucoup de points.
      Je pense que la distance donne une protection qui permet paradoxalement de se laisser plus approcher. Et il n’y a généralement pas le contexte social autour, le monde qui interrompt, le manque de temps qui empêche une conversation.

      Posted by Shaya | 16 février 2014, 14:37
  4. J’aime les gens. C’est mon côté joyeux Bisounours. J’ai choisi de devenir bibliothécaire parce que j’aime les gens (et là ceux qui ne connaissent pas trop le métier rigolent, pourtant c’est un métier de transmission, pas un métier de « gens qui aiment les livres »- pas que en tout cas).
    J’ai le sourire et le bonjour facile, j’ai le souci des gens qui m’entourent au quotidien même s’ils ne me sont pas proches.
    Je ne laisse pas n’importe qui m’approcher.
    Je recopie mon répertoire papier pratiquement chaque année, n’y figure personne dont je ne sais presque rien.
    Je fais régulièrement le tri sur Twitter (et parmi les comptes que je suis il y a des gens avec qui je ne cherche pas forcément d’interactions, mais dont j’aime simplement ce qu’ils écrivent).
    Je n’ai pas de compte Facebook.
    Dans la vie tangible, j’ai quelques amis proches, je ne cherche pas à en avoir plus ; serais-je une bonne amie pour 20 personnes ? Je ne le crois pas.

    Posted by Anna Musarde | 17 février 2014, 16:48
    • Je suis d’un abord facile, gentille, souriante, serviable. Surtout avec mes patients. Mais je ne me laisse pas facilement approcher.
      Je ne crois pas non plus que je pourrais être une bonne amie pour trop de personne.

      Posted by Shaya | 17 février 2014, 21:54

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