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Dans ma valise

Il y a des retours plus difficiles que d’autres …

Dans l'avion pour rentrer d'Islande

Dans l’avion pour rentrer d’Islande

 

♣  Quand je suis rentrée d’Inde …

j’ai oublié mon portable à Bombay dans la chambre de l’amie qui m’hébergeait. Acte manqué qui prolongeait mon « injoignabilité » au reste du monde malgré mon retour en France. Pourtant j’avais envie de rentrer, terriblement envie de respirer de l’air frais après la lourdeur indienne. J’ai décollé de Bombay, c’était la mousson, il faisait 35° et 90% d’humidité. J’ai atterri à Bruxelles, nous étions fin juin, il faisait 10° et il pleuvait. Et j’étais en tongs. Choc thermique/culturel/neuronal.

Mais les 40° de fièvre que j’ai eu les 4 jours suivants m’ont bien aidé à ne pas trop mal vivre ce retour. Et même si j’ai cherché pendant longtemps le chaïwalla dans le train, j’étais heureuse de retrouver la France, ma ville, mon lit, le silence, la tranquillité et le calme. Et ce portable laissé en route m’a permis de gagner les quelques jours dont j’avais besoin pour atterrir sur mes pieds sans être malmenée.

Ca avait été un retour plutôt doux.

 

♣ Quand je suis rentrée de Thaïlande …

A 7h du matin, après 12h de vol et 3 semaines passées là bas dans une douceur absolue des thaïlandais dans leur comportement envers moi, une nana de l’aéroport de Roissy s’est mise à me hurler littéralement dessus parce que je ne prenais pas la bonne file pour passer la frontière. J’ai hésité entre lui coller la beigne de sa vie et retourner me terrer dans l’avion en pleurant et en suppliant qu’on me laisse repartir immédiatement en Thaïlande.

Après ça, il a fallu affronter le RER à l’heure de pointe rempli de parisiens naturellement désagréables mais là encore un peu plus car j’avais un gros sac à dos. Je me suis vraiment demandée ce que je faisais là et ce que j’avais fait pour qu’on m’inflige ça comme punition. Et puis en prime je me suis faite larguée.

Ca avait été un retour vraiment rude.

 

♣ Quand je suis rentrée de Guadeloupe …

Malgré le charme absolu de cette île et sa beauté sublime, je n’avais qu’une hâte : rentrer. Le huis-clos familial avait été étouffant, me menant bien prêt d’une rupture définitive, brutale et sanglante avec mon père malgré le soutien de mes frères et sœurs.

Pour dire, il faisait 30° en Guadeloupe et grand soleil, je suis arrivée à Paris il devait difficilement faire 12° un mi-mai et il pleuvait, il n’y avait aucun train pour Annecy ce week-end là, la SNCF me proposant un improbable et interminable voyage via la Suisse et pourtant j’étais tellement heureuse de rentrer chez moi et de retrouver un peu de sérénité. Et très frustrée de n’avoir pas pu découvrir la Guadeloupe comme je l’aurais voulu.

Mais ça avait été un retour très doux.

 

♣ Quand je suis rentrée d’Islande …

Bien que le décalage horaire et culturel paraissent plus faible qu’avec d’autres pays … le retour d’Islande a été une claque immense. Au niveau du bruit et de la promiscuité déjà. En Islande c’est l’immensité du pays qui écrase mais tout est d’une telle sérénité … on est plus confronté au silence, à la solitude et à la Nature grandiose qu’au bruit, à la foule et à la ville sale. Alors l’arrivée en France a été très difficile. Cet espèce de hangar dans lequel nous avons attendu les bagages avec même pas de toilettes pour faire pipi, la puanteur des quais du RER, la virulence des gens dans ledit RER contre les voyageurs et leurs bagages … j’ai eu énormément de mal à encaisser tout ça après que l’Islande ait tant parlé à ma nature. Réaction de rejet immense envers mon pays qui m’accueillait si mal après 15j d’absence.

Ca a été un retour très difficile.

 

♣ Quand je suis rentrée du Pérou …

J’ai eu l’impression d’être malmenée, bousculée, agressée. Pourtant … pourtant le Pérou est un pays sale et bruyant. J’ai trouvé Paris rutilante et calme en comparaison c’est dire. Et puis on apprend de ces voyages précédents, alors je m’étais préparée psychologiquement dans l’avion à la confrontration avec les agents de la police des frontières aussi aimables qu’une porte de congélateur et j’avais décrété qu’il n’était pas question que je passe plus de 2h dans la capitale.

Mais c’est ailleurs que le mal s’est fait cette fois-ci …

J’ai eu un mal fou à reprendre le fil du quotidien, à réintégrer le train train, à retrouver mes marques. Décalage énorme entre ces 15j au Pérou et ma vie en France. Jet lag évident quand je suis allée faire les courses un fois rentrée et qu’à l’entrée du supermarché je me suis demandée comment on faisait déjà.

Je n’avais pas envie aussi de reprendre ce quotidien, j’avais envie de prolonger un peu cette coupure, résistance mentale amplifiée par la brutalité de ma reprise de travail. J’étais là – j’étais physiquement là tout du moins – il était évident que je me devais d’être pleinement opérationnelle immédiatement. Le jour de ma reprise on m’a collé une réunion à 17h (heure à laquelle je finis théoriquement). Qui a duré jusqu’à 19h. Sans se soucier le moins du monde alors que l’organisatrice le savait parfaitement que c’était mon jour de reprise, sans se dire que je n’aurais peut-être pas le temps de la préparer. Sans me demander si j’étais disponible de fait.

Toute la semaine qui a suivi a été à l’avenant. On m’a demandé de régler des trucs de manière immédiate alors qu’il n’y avait aucun caractère d’urgence et que je n’étais au courant de rien après 15j d’absence, on m’a sollicité sur des trucs qui auraient pu attendre une semaine de plus.

Et j’étais fatiguée. Ca ne se fait pas de le dire quand on rentre de vacances alors j’ai serré les dents, mais je suis rentrée fatiguée comme jamais sans doute en payant la densité du voyage, la fatigue liée à l’altitude subie, les 12h de vol, les 7h de décalage horaire.

C’est passé, mais ça a été un retour vraiment vraiment rude …

Discussion

4 Responses to “Il y a des retours plus difficiles que d’autres …”

  1. Ben c’est ça le problème quand on part….les retours sont tellement difficiles qu’on se dit qu’on ne devrait jamais rentrer. Ou alors pas du tout partir, mais ça je n’arrive pas à m’y résoudre :)))

    Posted by flofeenix | 15 juin 2016, 20:05
    • Hé bien ça fait partie du voyage je trouve en fait. Quand je suis rentrée de Venise en février (retour assez rude aussi) quelqu’un m’a dit « tu me rappelles pourquoi je ne veux plus partir » et moi je me suis dit que c’était drôlement con 😀

      Posted by Shaya | 16 juin 2016, 11:23
  2. Le RER à Roissy au retour, c’est no way. Je préfère claquer 60 euros de taxi (maintenant c’est 40 avec Uber 🙂 pour rentrer chez moi, quitte à rogner sur les extras pendant le voyage.

    Evidemment, moi, une fois à Paris, je suis arrivée.

    Posted by MaO | 15 juin 2016, 20:13

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