//
you're reading...

Cogito

Homme rural

Quand j’ai appris à connaître le Best Friend il m’a dit « je suis une homme rural ».

Ca il l’était oui pas de doute, ayant grandi dans un département qu’il n’avait jamais quitté que pour rejoindre un autre voisin encore plus rural pendant ses vacances. Ayant vécu à côté d’une ville qui n’avait même pas de transports en commun.

Je me suis moquée plus d’une fois de sa « ruralité ». Raillant le fait qu’il appelait les bus de la ville des cars (« c’est pas un car ça, c’est un BUS! ») et qu’il ne sache pas que pour ouvrir les portes dudit bus afin d’en descendre il faille appuyer sur un bouton.

C’était facile de me moquer, j’ai grandi dans une ville et pris le bus dès que j’ai su marcher. Je connais les codes de ce milieu, les coutumes. Où trouver les renseignements pour me rendre dans des endroits inconnus et comment me repérer dans ses rues étriquées et bondées sans me sentir avalée.

Lui il connaissait les grands espaces, les forêts dont on ne suit pas les sentiers, les pierres qui dévalent sous le VTT, les sangliers qu’on croise dans son jardin au petit déjeuner, les arbres qu’on tronçonne en citant leur espèce, le jardin qu’on fait et le lait qu’on boit au pis de la vache.

 

Je lui ai appris à appréhender la ville, à se l’approprier, à ne plus voir en elle un ennemi, à se déplacer en elle à pieds, en transports en commun ou en voiture.

Quand il a quitté cette ville pour habiter dans une ville encore plus grande avec envie et enthousiasme, je me suis dit que j’avais « tué » sa ruralité.

 

Je me rends compte aujourd’hui qu’il n’en est rien.

Il reste toujours un homme rural malgré ses costards, son aisance à prendre l’avion, son smartphone professionnel dernier cri. Pas tant parce qu’au lieu d’habiter en ville il a choisi d’habiter une maison avec des dizaines d’hectares de nature sauvage autour dans lequel il s’est fait un potager.

Non c’est une réflexion faite pendant une discussion qui m’a fait prendre conscience qu’il resterait toujours mal à l’aise dans une ville. A fortiori dans une grande ville. Quelque soit les années vécues en elle, les déplacements professionnels réguliers à Paris, Lyon voire même l’étranger Bruxelles, Stockholm, Vienne ou Londres.

Parce qu’il m’a avoué que dans le métro (parisien) il était toujours sur le qui-vive ayant peur de se faire voler quelque chose ou de se faire agresser.

Je ne dis pas que ça n’arrive jamais, et qu’il ne faut pas faire un minimum attention, mais ce « culte » de la peur est pour moi le signe absolu de la méconnaissance, de l’absence d’aise dans ce milieu et donc de l’ancrage de ce que les médias diffusent le concernant.

 

Dans le fond quelque soit sa vie et ses expériences, le Best Friend restera toujours un homme rural. Ca me plait bien comme ça.

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

novembre 2018
L M M J V S D
« Oct    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930