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Cogito

Etre bienveillant envers soi-même

Si je devais retenir deux choses que Mémé Bourreau m’a appris dans mon enfance ça serait en premier – et vraiment ce n’était pas ce qu’elle cherchait – de m’avoir appris à me défendre, à dire merde à l’autorité, à ne pas me soumettre à quelqu’un qui chercherait à me nuire.

En deuxième de m’avoir appris la haine de moi. D’avoir tenté tout du moins. D’avoir imprimé dans ma chair que j’étais trop petite, trop grosse, trop brune, trop disgracieuse, trop bête, trop empotée.

Je n’ai pas eu tellement de problème à me débarrasser de tout le négatif dont elle m’a enveloppée concernant mon intellect; excellente élève j’ai toujours eu une bonne (haute?) opinion de mes capacités de réflexion.

 

Concernant mon physique ça a été plus compliqué.

Je ne peux pas dire que je me sois détestée; je ne me suis pas maltraitée, pas infligée des sévices pour me punir de ce corps qu’on m’avait dit devoir haïr.

Mais je ne peux pas dire non plus que je m’adore. J’ai longtemps eu une certaine indifférence envers mon corps. Je ne l’aimais pas, je ne le détestais pas, il était là point.

J’ai toujours eu conscience de ne pas correspondre aux canons de la beauté en vigueur. Sans être grosse, j’ai ce qu’on nomme pudiquement des formes : 95D devant, un cul proportionnel derrière qui remplit mon 40 tranquillement. Je suis petite, brune, j’aime pas porter des talons au quotidien. Je ne trouve rien à mon visage, mais si je devais attribuer des notes je dirais que je préfère le haut de mon corps au bas. L’adolescence a été le bannissement des jupes/robes, j’ai mis un moment à renouer. Par contre les shorts je ne peux toujours pas. Faudra que je me réconcilie avec mes cuisses.

 

Mais au fil des années j’ai appris à être bienveillante envers moi-même. A me débarrasser petit à petit de cette haine de moi-même que ma grand mère (et la société) avait essayé de m’inculquer.

J’ai fait des régimes (pas beaucoup) pour atteindre le graal, le 38. Et j’ai compris que ça ne servait à rien après que superbement fière dans mon 38 et me sentant comme une bombe atomique j’ai entendu un mec dire à son copain qui venait de me qualifier de « trop bonne » que « ah mais noooon elle est trop groooosse ».

Autant pour moi et mon 38. En fait à moins d’être rachitique, il y aura toujours des mecs pour me trouver trop grosse. Et des femmes. Bref des gens qui me donneront l’impression de me découper à la scie par leurs remarques, parfois involontairement, il y en aura toujours oui.

Heureusement, j’ai eu la chance de croiser plein d’autres mecs qui m’ont aidée à aimer ce corps. Même si c’était de manière très improbable parfois, en s’amusant par jeu à deviner la taille de mon tour de poitrine; même si c’était limite vulgaire parfois, en me disant très sérieusement et franchement que mon cul était génial parce « qu’il faut de la surface où s’accrocher quand on baise »; même si c’était d’une manière douce et involontaire en me disant qu’ils me trouvaient très belle.

 

Alors oui je me rends compte que je suis beaucoup plus bienveillante envers moi-même que je ne l’ai été et plus que ne le sont beaucoup d’autres … femmes (parce que oui souvent ce sont les femmes).

Et j’aime bien ça. C’est drôlement agréable.

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