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Cogito

Etre aux autres

Chouyo dans son dernier billet parle de son temps et de comment elle en dispose librement … ou pas.

Son billet m’a inspiré une réflexion juste un pas à côté.

 

J’ai passé le réveillon du 31 sur mon canapé devant un bon film. Bien loin du cliché de la soirée de St Sylvestre obligatoire : robe à paillettes – alcool jusqu’à en être malade – danse jusqu’au bout de la nuit – foule d’amis.

Et c’était absolument génial.

Oui je sais, ça va paraître bizarre à pas mal de monde mais cette soirée je la fantasmais depuis plusieurs jours et j’en ai vraiment autant profité que je l’espérais.

 

Ca fait deux mois que j’ai commencé à me dire que je déclinerai toute proposition pour cette soirée et que j’opterai pour mon canapé. Un mois que je sais que cette décision est la bonne et que j’ai vraiment besoin de cette soirée … rien qu’à moi.

Car c’est bien de cela dont il s’agit.

Le soir du 31, l’immense majorité du monde noyé dans la fameuse soirée type « robe à paillettes – alcool – danse – amis », il n’y aurait enfin plus personne. Personne à me quémander de l’attention et du temps, personne à qui devoir faire des sourires et la conversation, personne envers qui devoir faire preuve de politesse, personne à devoir gérer, personne à demander où on va / ce qu’on fait après / ce qu’il faut faire.

Et c’était ce rien dont j’avais terriblement besoin depuis des semaines. Parce que ces dernières semaines en ont vraiment manqué, succession d’impératifs où il fallait absolument tenir en impératifs où il fallait absolument tenir, de conversations professionnelles où il fallait briller et avoir l’air fine et intelligente en repas familiaux où il faut s’enquérir de chacun. Et pour finir j’ai passé une semaine non stop sans le moindre moment de solitude rien qu’à moi, même pas mon sommeil.

 

On ne peut pas toujours être aux autres. Toujours donner aux autres, toujours phagocytée par les autres : le boulot, les collègues, les amis, la famille. Et si le corps ne l’exprime pas, l’esprit lui le crie. Alors pour ne pas trancher brutalement dans le vif, il faut choisir, s’aménager des espaces à soi autant que faire se peut, ne pas répondre aux mails, aux messages ou aux appels. Prioriser à qui on veut donner les ressources disponibles.

Choisir c’est mourir un peu, prioriser c’est décevoir souvent. Parce qu’il y a toujours quelqu’un ou quelques uns à qui on a envie de donner plus qu’à d’autres.

 

J’ai bien conscience que la plupart des gens se plaignent plutôt de solitude quand moi c’est de trop plein que je souffre. Et de pas assez de rien.

Discussion

16 Responses to “Etre aux autres”

  1. J’ai une amie qui dit qu’être avec son mari, c’est aussi bien qu’être seule. Certains prennent ça pour une boutade, mais je comprends.

    Posted by Anna Musarde | 2 janvier 2014, 10:24
  2. En plus les envies varient selon les moments, les temps de la vie et les besoins de notre tête, il est toujours sage de les écouter avec honnêteté 🙂

    Posted by Nekkonezumi | 2 janvier 2014, 11:09
  3. Les contraintes d’être avec l’autre, quel que soit cet autre… Il faut savoir dire stop. Si tu étais sûre de toi pour cette soirée, tu n’as que trop bien fait de passer ton tour pour cette année !

    Posted by Lizly | 2 janvier 2014, 16:34
  4. C’est bien DE cela QU’il s’agit, bon sang de bois !

    Sinon, moi, je l’avais mise, ma robe à paillettes. Et je me suis éclaté comme une bête.

    Posted by didiergoux | 2 janvier 2014, 16:47

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