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Me Myself and I

Ecrire mais quoi?

Je me souviens de mon épreuve de philo au bac.

Une fille devant moi avait écrit au moins … 12 copies doubles pendant les 4h de l’épreuve. Sans exagérer.

Moi et mon unique copie double ont l’avait contemplé se tuer la main mi-fascinée mi-interrogative. Oscillant entre le mépris et la crainte de me prendre une note vraiment médiocre.

Que pouvait-elle bien avoir tant à écrire? Surtout que je passais un bac S spé maths, elle aussi donc.

Je n’ai jamais su la note qu’elle avait eu, mais moi je m’en suis tirée avec un honorable 9/20, conséquence d’une année de philo où le prof n’avait jamais réussi à m’intéresser. Pire il n’avait fait que me faire regretter de ne plus avoir de français pour subir … « ça ».

Mais j’avais trouvé que ma pauvre et unique copie double n’était pas si pourrie que ça.

 

Après ma 1ere année de médecine, où les examens étaient tous sous formes de QCM (sauf une – sciences humaines et sociales ça parait justifié – mais là le nombre de lignes était limité), quand j’ai renoué avec des partiels dits « classiques », les débuts ont été difficiles.

En P1 on apprend à décortiquer chaque question (et les réponses attenantes) en cherchant LE piège (voire LES pièges) et il y en a forcément un (qu’il n’y ait apparemment pas de piège dans la question est un piège…), alors renouer avec des partiels classiques où on ne cherche pas à te planter et que tu dois rédiger … j’en étais ressortie très perturbée et certaine de m’être plantée…. en n’ayant pas traitée assez largement les sujets.

I.e. ne pas avoir ressorti tout ce que je savais sur le cours : tout le cours donc.

Parce qu’on dit toujours qu’en médecine on n’apprend pas à réfléchir, que ce n’est que du par cœur. Je ne suis pas d’accord. Il y a une masse énorme de chose à apprendre mais après il faut toujours avoir à l’esprit tous les sujets connexes au sujet central.

Bref réfléchir large. Et donc revenu à des partiels standards, j’avais l’impression d’avoir été trop restrictive.

(Bon avec une moyenne de 15 sur ces partiels là … je ne m’étais pas trop plantée ^^’)

J’ai eu une rechute néanmoins pendant la rédaction de mon mémoire. Je me suis retrouvée à vouloir expliquée les moindres concepts qui en entraînaient immanquablement un autre au point que j’ai failli me perdre, jusqu’au moment où j’ai décidé que ça suffisait et que je ne pouvais expliciter les choses en cascade et devait prendre un certain nombre de concept pour acquis sans explication.

 

J’ai toujours été sensible au thème du hors-sujet.

Pendant toute ma scolarité j’ai toujours préféré les réponses concises (mais complètes) au remplissage. Déjà parce que si j’avais été prof j’aurais détesté devoir me fader des copies entières remplies de rien ou de rien à faire là. Mais aussi parce que je n’ai jamais considéré qu’on était noté au kilomètre de mots pondus.

Mais souvent pendant les examens je me suis retrouvée confrontée à des co-galériens atteints de logorrhée sur leurs copies qu’ils remplissent frénétiquement par paquet. Flippant sur le moment (ai-je raison d’écrire aussi peu? Ne devrais-je pas parler de la famine en Ouganda pour expliquer la physiologie cardiaque?), flippant après (« bon sang mais tu n’as pas parlé de la famine de l’Ouganda dans ton partiel de physio cardiaque? Ni de la station Mir??? »), réconfortant après car j’ai toujours eu de meilleures notes qu’eux ce qui m’a jamais empêché de céder à l’écriture au kilomètre.

 

Pourtant j’aime écrire, mais un contrôle de connaissance n’est pas un journal intime.

 

Parfois je me retrouve confrontée un peu au même problème quand j’écris pour ce blog.

Souvent j’écris rapidement, sans avoir le temps, en le programmant pour le lendemain, sans prendre le temps de mûrir et de retoucher mon texte après.

Et j’écris court. (bon pas ce coup-ci…)

Alors que je pourrais tellement rajouter, développer … comme pour le billet d’hier. Si bien que je me mets à douter de la pertinence, de la qualité, de l’intérêt de ce que j’ai écrit. De la suffisance des mots choisis…

Discussion

6 Responses to “Ecrire mais quoi?”

  1. Tiens ! Pareil : 9.

    Posted by Nicolas | 24 mai 2012, 07:29
  2. Haha, moi jadorais la philo, mon prof et mon bac L, et ça m’a pas empêchée de me ramasser une tôle au bac 🙂
    Quand à la capacité à balancer des tartines et des tartines de certaines personnes, ça reste un mystère pour moi (moi, mon truc de vraie flemmarde, c’est d’être synthétique et développer était toujours un calvaire !)

    Posted by Nekkonezumi | 1 juin 2012, 14:29

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