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Cogito

Du silence et des mots

Orlando …

Je vois, j’entends, je lis autour de moi que l’on s’interroge. Pourquoi ce silence face à ce nouveau massacre, cet attentat ? Où sont les pleurs, les mots, les marques de soutien ? Sommes nous anesthésiés face à la répétition de l’horreur ? Est-ce parce que ce massacre porte le sceau de l’homophobie ? Parce qu’il s’est passé aux Etats-unis et que nous sommes « habitués » aux fusillades mortels des américains ? Ou parce que les milliers de kilomètres qui nous séparent amoindrisse le choc ?

Je ne vais pas répondre pour les autres mais je peux répondre pour moi (et je ne juge pas les autres que ce soit bien clair).

 

Je n’ai pas changé ma photo de profil Facebook ni Twitter, je n’ai publié aucun statut de soutien ni tweet pour dire mon horreur. Ce qui ne signifie pas qu’elle n’existe pas.

Mais.

Mais l’idée de faire cela me renvoie fortement à l’inanité de la chose. Et que si je le faisais, je le ferai surtout pour moi. Pour soulager l’horreur que je ressens intérieurement, pour me donner bonne conscience de manifester publiquement mon soutien. Sauf que … sauf que ces mots n’atteindront jamais les victimes de cet acte. Ils m’aideront moi mais ils ne les aideront pas eux. Ils ne leur offriront aucun soutien, aucun soulagement.

J’ai envie de prendre les victimes de cet attentat dans les bras, qu’ils entendent qu’ils ne sont pas seuls. De la même façon qu’en novembre j’ai eu envie de serrer fort mes amis parisiens après avoir fait l’appel pour savoir s’ils n’étaient pas directement victime de tout ça.

J’ai envie qu’ils sachent, sinon ça ne vaut pas le coup. Alors je ne sais pas comment le faire mais je juge que sans cette condition, autant que je n’écrive rien.

J’ai envie de grande manifestation de soutien, de bougies alignées, de bâtiments illuminés aux couleurs gay, de photos diffusées dans le monde entier. Pour que ça leur arrive à eux, aux familles qui pleurent l’un d’eux ou à ceux qui sont dans l’angoisse de savoir si leur proche va survivre, aux témoins traumatisés à jamais qui vont devoir apprendre à vivre avec.

Sans doute parce qu’en novembre, ce qui m’a le plus touché c’est cette vidéo d’espoir des enfants des victimes du Wolrd Trade Center s’adressant aux enfants des victimes du Bataclan.

 

Parce que ma propre douleur face à ça, elle n’est rien par rapport à la leur, je peux la garder en moi.

 

Quelque part dans une rue de Reykjavik

Quelque part dans une rue de Reykjavik

Discussion

4 Responses to “Du silence et des mots”

  1. J’ai publié un statut FB ce matin et tu l’as sans doute lu. Je l’ai fait, et comme toi, je parle pour moi sans juger ce que les autres font, parce que quelque part, j’ai été choquée de ne lire que deux publications sur l’ensemble de mon mur, et que l’une d’entre elle vienne d’un ami gay. En novembre, presque toutes les PP de mon mur sont devenues tricolores et les personnes n’ayant pas posté un statut, de dessin, de photo se comptaient sur le doigt d’une main. Et là, rien, quasi silence.
    Alors je sais que mon statut ne touchera pas les victimes, leurs familles, leurs proches. Mais je pense qu’il peut toucher celleux de mes contacts FB qui sont LGBT, proches de LGBT, qu’ils y lisent qu’on peut être horrifié de ce massacre comme on peut l’être des attentats récents. Parce que je ne m’enlève pas de l’idée que si mon mur (et je parle toujours bien de mon cas perso) n’est pas plus bavard sur le sujet, ce n’est pas simplement pour un trop plein, ou parce que ce sont les Etats-Unis, parce que c’est loin et que la culture de la violence et des armes y est différentes. Il me semble que si ça s’était passé dans une boite hétéro, la réaction aurait été différente sur ce mur-là, par rapport aux personnes que j’y ai en « amis ». (Note que j’ai un mur FB assez particulier, je n’y ai pas ou presque de membre de ma famille, mes contacts sont essentiellement des personnes du boulot. Les interlocuteurs que l’on a influence notre manière de réagir.)

    Les raisons qui nous poussent au silence et à l’expression sont différentes pour chacun.
    Et là, j’exprime que je t’embrasse, petit bout d’humaine.

    Posted by Lizly | 13 juin 2016, 12:12
    • En fait ma douce, j’avais laissé un commentaire sous ton statut FB qui résumait tout ce que j’ai écrit là de mon absence de réaction sur les réseaux sociaux vis à vis de cet attentat. Mais FB l’a avalé et je n’ai pas pu le réécrire tout de suite et ça m’a énervé du coup j’ai décidé d’en faire un billet de blog. Et je comprends très bien ce que tu dis, mon mur FB Shaya est rempli de réaction concernant Orlando. Mon FB à mon nom ne l’est absolument pas.
      Et moi aussi je t’embrasse fort.

      Posted by Shaya | 13 juin 2016, 19:42
  2. En entendant la nouvelle de la tuerie d’Orlando je me suis senti le cœur serré encore plus que par les attentats de Bruxelles, sans doute parce que j’ai pensé à un pote américain qui peut enfin se marier avec son compagnon et va le faire dans quelques semaines, et toute la joie que je ressentais à l’idée que ce soit possible pour lui se répand en larmes devant tant de bêtise meurtrière.

    Posted by Georgia | 13 juin 2016, 13:51
    • Moi ce sont les témoignages qui me glacent le sang tant ils me renvoient à ceux du Bataclan et je pense fort aux victimes du Bataclan qui doivent revivre leur traumatisme en entendant ces mots.

      Posted by Shaya | 13 juin 2016, 19:44

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