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Dans ma valise

Du défi moral entre occidentaux et du rapport à la prostitution

On les croise dans la ruelle qui mène à notre guesthouse bangkokine.
(je sais on ne dit pas comme ça)
Celle où l’on retourne pour la 3e fois en 10 mn parce qu’on a encore oublié d’y prendre quelque chose.

Deux hommes.
Qui se tiennent par la main comme n’importe quel couple amoureux.
Un thaïlandais et un occidental.

Ce dernier nous dévisage comme nous le faisons tous en croisant l’un de nos compatriotes caucasiens dans ces terres d’Asie.
Chaque visage occidental est un petit morceau de chez nous retrouvé dans cet ailleurs qui n’est pas notre.
Mais dans ce regard on lit plus que cette parcelle de reconnaissance entre deux possesseurs d’un même « secret », quand bien même celui-ci ne consiste qu’en une physionomie similaire.

On y lit un défi.
Allons nous être choquées? Réprobatrices?

L’homosexualité ne me dérange pas. Ne me choque pas. Y compris quand elle est affichée.
Au contraire.

Quand à savoir si ces mains liées sont quelque chose d’artificiel … le produit d’une transaction clairement tarifiée ou de quelque chose de moins clair … la question se pose autant là que pour tous les autres couples mixtes occidento-thaïlandais croisés avant ou après.
Le doute montre toujours le bout de son nez dans ces cas-là.

Et d’ailleurs ce n’est pas facile comme question dans ma tête. J’ai beaucoup d’interrogations et peu (pas?) de réponses.
Ce pays fout en l’air mon rapport à la prostitution.
J’ai toujours pensé qu’il fallait combattre farouchement les réseaux qui obligeaient des gens (femme ou homme) à se prostituer mais que si la prostitution était un choix (et oui je suis persuadée que ça peut être un choix même si c’est un choix fait pour de mauvaises raisons) il fallait protéger les gens qui faisaient ce choix et le respecter.
Pourtant voir ces thaïlandaises toutes frêles avec les gros lourdeaux occidentaux (parce qu’il ne faut pas se mentir, en général ils sont de cette catégorie là), ça me fait chier. Ça me fait grave chier.

Alors que je sais bien que si toutes les thaïlandaises qui se prostituent n’ont pas fait ce choix là, une grande partie … si. (Mais j’aimerai quand même savoir réellement combien)
Et que la prostitution qui consiste à avoir 4-5 « petits amis » qui reviennent 2-3 semaines tous les 6 mois ou un an c’est pas l’usine des bordels.
Et que le rapport des thaïlandais(es) à la prostitution est bien loin de notre morale judéo-chrétienne.

Mais je n’arrive pas à concilier tout ça dans ma tête.
Par contre il y a au moins une chose de clair : l’hypocrisie des occidentaux qui consistent à venir chercher en Thaïlande ce qu’ils n’osent pas prendre « chez eux » en occident, ça ça m’énerve. Une femme (un homme aussi) est une femme en Thaïlande ou en Occident, avoir du sexe tarifié avec l’une ou l’autre c’est aussi la même chose. Après faudrait voir à assumer.

Discussion

2 Responses to “Du défi moral entre occidentaux et du rapport à la prostitution”

  1. Ouais, tout ça me semble assez typiquement bangkokin, hélas…

    Posted by Nekkonezumi | 13 juin 2012, 19:41

A vous les studios

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