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Cogito

De la non-immortalité

[Préambule : il n’est pas impossible que vous me trouviez franchement morbide à la fin de cet article, ma foi il est encore temps de fuir si ce lundi est déjà trop pénible pour vous.]

 

Petite Shaya

Petite Shaya

 

C’est un phénomène qui s’amplifie ces derniers temps sans que je m’explique tellement pourquoi.

Je ne crois pas, depuis que je suis entrée dans l’âge adulte tout du moins, avoir jamais tellement fait partie de ces gens qui n’ont pas conscience de leur propre mortalité et de celles des autres. De ceux qui pensent que le pire n’arrive jamais qu’aux autres et que ceux qui se font renverser sur le passage piéton ou qui meurt dans un accident de voiture ou qui déclareront une maladie mortelle seront toujours des gens que je ne connais pas.

Mais ça s’amplifie donc.

Peut-être parce que j’ai un rappel quasi quotidien que la vie ne prévient pas quand elle vous balance une brique dans la tronche.

Peut-être parce que j’approche doucement de la trentaine (mouarf).

 

Pendant longtemps la personne dont j’avais le plus conscience que je pouvais la perdre demain a été … ma mère.

Je sais bien qu’un certain nombre de personnes de mon entourage ne comprend pas que je sois si proche d’elle et que je lui accorde tant de mon propre temps. Mais ma mère devrait être morte depuis des années, j’ai une conscience aiguë que chaque jour qui passe est un supplément qui nous est accordé, qui m’est accordé. Et je ne compte pas le gaspiller. D’autant que vu son histoire familiale et son passif médical je ne me fais guère d’illusion que ma mère vivra jusqu’à 95 ans.

 

Ce week-end, ma grande sœur devait faire le trajet Montpellier – près de Narbonne – Le Perthus (dans les Pyrénées Orientales) – Montpellier.

C’est ainsi que probablement perturbée par les prévisions météo apocalyptiques sur ce coin-là je me suis retrouvée à rêver de la mort de ma grande sœur, ce qui ne m’étais jamais arrivée jusque là.

 

Depuis quelques mois une question « m’obsède », encore plus depuis la semaine dernière où j’ai appris la mort de quelqu’un que j’appréciais beaucoup de la maladie de Charcot qui est une maladie que je ne souhaite à personne, une question dans le même genre que celle dont je parlais ici (c’est bon je suis définitivement classée morbide), c’est l’idée de mourir brutalement sans avoir le temps de voir une dernière fois les gens que j’aime et surtout sans pouvoir leur dire que je les aime. Du coup je me dis « comment faire pour que ça n’arrive pas et que les gens que j’aime sachent que je les aimais si je meurs ? »

Oui je sais, y a la technique de leur dire que je les aime plus ou moins régulièrement. Mais non, c’est plus compliqué que ça tout le monde le sait bien, hein ! (Faites pas semblant!)

Alors oui je sais que vous allez me dire d’écrire des lettre et de les confier à un notaire. Je trouve ça contraignant et puis si ça n’arrive que dans 35 ans, les choses pourraient avoir changer.

Bref je ne sais pas. Mais ça m’angoisse un poil. (Oui carrément)

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