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Me Myself and I

Comme une bouteille à la mer

J’ai toujours aimé écrire.

 

Je me souviens de ces longues lettres que j’écrivais le matin dans l’amphi de médecine en attendant que le cours commence. Attente souvent de 30 à 40 mn parce qu’il fallait « réserver » les places dans l’amphi et qui me laissait toute latitude pour gratter ma vie sur des dizaines de copies doubles que j’expédiais ensuite en Angleterre chaque week end dans une immense enveloppe.

Comme si les dizaines de copies doubles que j’écrivais à tout allure pour mes cours ne suffisaient pas.

 

Je me souviens de l’attente impatiente de mon propre paquet de lettres écrites par ma meilleure amie en retour. Que je dévorais d’ailleurs immédiatement, souvent au plus grand dam de mon entourage – surtout de l’Ardéchois – qui avait toujours à ce moment-là quelque chose de forcément capital à me raconter … que je n’écoutais absolument pas.

 

Je me souviens de ces dizaines de cartes postales achetées avec joie pendant mes vacances et que j’envoyais un peu partout en France pour partager des petits instantanés de villégiature avec les gens qui me tenaient à coeur (ou pas, j’ai souvenir aussi de quelques cartes postales « obligatoires » envoyées à mes grands parents paternels).

 

Pourtant tous ces moments ont quasiment disparu.
Oui il y a les sms, les mms, les kiks et les tweets quotidiens. Oui il y a les mails.
Mais pas seulement.

 

Souvent quand je me balade et que je croise une carte postale qui me fait penser à quelqu’un de mon entourage, ma première réaction reste celle que j’ai toujours eu « oh chouette je vais l’acheter et lui envoyer! ». Lui offrir en quelque sorte.
Sauf que l’auto-censure s’invite maintenant à la fête. Parce que … parce que tant de cartes envoyées sans que le destinataire ait jamais manifesté une certaine joie de cette attention.
Alors à quoi bon?
Si les gens ne perçoivent pas ce que peut représenter cette petite carte qu’on a pris le temps d’acheter, d’écrire et d’envoyer, pire … si c’est la pitié qui répond, je me dis que ça n’en vaut plus la peine.

Si bien que la carte reste chez le marchand. Ou sur mon bureau.

 

Ca tient à si peu une carte envoyée …

Si seulement j’étais sûre que ça fasse plaisir.

Shaya ailleurs …

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