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Cogito

Comme un mendiant

Dernières heures en Thaïlande, derniers instants ici. J’ai l’impression d’être arrivée hier. Aucune hâte de partir comme ça l’a été d’autres fois. Au contraire.
Et pour finir sur la Thaïlande – en dehors des deux billets qui attendent que j’ai pu accéder à mes photos – un sujet compliqué …

Quand je suis allée en Inde on m’avait dit « tu verras, ça sera horrible, il y aura de la pauvreté et de la misère partout, tu vas être bouleversée et pleurer! ».
Sauf que … non. Monstre que je suis, je n’ai absolument pas été bouleversée. Pourtant je ne suis pas réputée pour mon insensibilité et des gens pauvres il y en a effectivement partout quand bien même je n’ai même pas mis les pieds dans un bidonville.

La Thaïlande n’a rien à voir avec l’Inde (et même MOUHAHAHAHAHA j’ai envie de dire), pourtant deux fois ici j’ai vécu ce que je n’avais jamais vécu en Inde : j’ai été bouleversée par deux mendiants.
Quelque chose de primaire, d’animal, sur lequel j’ai du mal à mettre des mots et encore plus à comprendre.

Bangkok est « propre », pas au point de lécher ta glace par terre si tu venais à l’y faire tomber (ça c’est la Chine me dit Chouyo) mais Bangkok est infiniment plus propre que Paris. Matériellement et humainement.
Durant tout le séjour j’ai donc du voir au maximum 5 mendiants. Et encore.

Difficile de les rater cela dit. Puisqu’il est considéré comme très impoli en Thaïlande de montrer ses plantes de pied, il est tout aussi impoli d’enjamber quelqu’un (puisque de facto en faisant ça tu lui montres la plante de tes pieds), donc tout le monde les contourne.
A chaque fois ils ne se contentaient pas de faire la manche « comme chez nous » mais jouaient sur une difformité physique voire une blessure purulente.

D’ailleurs il est « drôle » de constater que les deux mendiants qui m’ont vraiment bouleversé, étaient porteurs d’une blessure purulente.
Soigneusement entretenue sans doute, à mon grand désarroi alors qu’elles pourraient être tellement facile à soigner.
Et tellement dangereuse à garder..
Non ne dis rien, j’ai conscience de la part « professionnelle » dans mon désarroi face à ces personnes.

Mais pourquoi à Bangkok vivre ce qu’à aucun moment je n’ai vécu en Inde?
Ca tient au reste du pays je pense.
Comme je te disais plus haut, Bangkok est « propre », voire même opulente pour qui s’arrêteraient à la surface des choses, et organisé/géré alors que Bombay exposait toute sa misère et son inorganisation à la figure. Des personnes pauvres dans la rue, des enfants qui mendient, partout. Tellement partout que pour ne pas être submergé j’ai mis de la distance. Impossible de personnaliser la pauvreté, de ne pas se sentir impuissant face à « tant » et de se dire que la solution est simple et facile. Au contraire toute la complexité de la chose apparaît : comment savoir par quel bout s’y prendre?!?
Hercules, les écuries d’Augias toussa …

En Thaïlande, au contraire tout paraît tellement organisé et régulé qu’on se demande pourquoi ces hommes sont encore dans la rue? Avec leurs blessures infectées, leur pauvreté et leur dénument qui saute à la figure. Qu’on ne voudrait pas voir à Bangkok la brillante et la belle, ni même en Thaïlande quand bien même on vu les bidonvilles de la banlieue …

Je crois que c’est ça en fait, il est difficile d’accepter qu’un pays si bien sous plein d’aspect n’ait pas plus que les autres pays (la France y compris) trouvés de solutions pour que personne n’ait à mendier, à se mutiler et à vivre dans des conditions déplorables.

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