//
you're reading...

Dans ma valise

Cigares et mojito : Baracoa, Trinidad, Cienfuegos et Viñales

Finalement c’est assez rigolo de raconter en vrac son voyage, ça permet de le déconstruire pour le revisiter autrement et de tirer d’autres liens.
Aujourd’hui, après vous avoir parlé de mon amour fou pour La Havane, je vais vous parler un peu de mes autres coups de cœur de Cuba.

Trinidad
Je le mets en premier alors que je n’y suis arrivée que dans la 2e semaine de mon voyage mais cette ville est un poil au dessus des autres endroits dont je vais parler aujourd’hui. Juste après la Havane en quelque sorte dans mon classement personnel.
J’attendais beaucoup de Trinidad, peut-être parce que la 1ère semaine de mon voyage avait été assez déstabilisante et m’avait un peu laissée sur ma faim en terme d’émerveillement, peut-être parce qu’on m’en avait promis beaucoup, peut-être parce que le nom de Trinidad véhicule toujours autant de fantasme, de mystère, d’exotisme.
J’avais peur d’être déçue par Trinidad à trop en attendre … et il n’en a rien été. J’avais peur que Trinidad soit trop touristique, en général ça me rebute ces villes peuplées de magasins pour touristes et de groupes de moutons se pressant dans les rues, je l’ai trouvé juste touristique ce qu’il fallait pour me sentir moins oppressée par la pauvreté que dans la 1ère partie de mon séjour à Cuba.

Il y a une délicieuse nonchalance dans cette ville, un parfum de temps suspendu et que l’on prend, de Cendrillon coloniale qui viendrait de se réveiller de son long sommeil (le Musée Romantique – ne me demandez pas le pourquoi de ce nom qui n’a aucun rapport – qui est une ancienne fastueuse maison coloniale superbement restaurée mérite vraiment la visite), une absence de stress. Il fait beau, il fait chaud, la vie est plus douce qu’ailleurs grâce aux touristes et la ville est belle. Pas proprette, pas léchée, simplement belle.
J’ai adoré Trinidad.

Ma seule frustration à Trinidad aura été cette occultation complète de son rôle dans l’esclavagisme à Cuba, liée à se proximité géographique avec la vallée de Los Ingenicos, vallée d’exploitation de la canne à sucre. Les grandes familles qui ont construit les grandes maisons coloniales de Trinidad étaient riches grâce à ça. Mais comme je l’ai déjà écrit c’est général à Cuba de ne pas interroger (ou de manière très partielle et orientée) son histoire …

La plaza Mayor et ses maisons coloniales
La tour emblématique de Trinidad
Ah ces palmiers sur les photos, on ne s’en lasse pas
Trinidad est pleine de jolies maisons
Tellement cubain ^^
Trinidad c’est aussi des put*** de galets utilisés en pavés qui te niquent les pieds (rimes riches)
Des rues moins riches mais tout aussi colorées
Des vieilles voitures colorées dans des rues aux maisons colorées
Ah oui, les cubaines pour se protéger du soleil utilisent … les parapluies !
Coucher de soleil sur Trinidad
La vallée de los ingenicos (haut lieu d’exploitation de la canne à sucre) (et orage au loin)
La tour de 45m d’où a été prise la photo précédente, tour servant à surveiller les esclaves qui travaillaient dans les champs


Baracoa
Virage à 180° par rapport à Trinidad. Baracoa est la 2e ville où j’ai posé mes bagages à Cuba. Une ville du fin fond de l’est de l’île (je vous laisse retourner sur la carte de mon voyage que je vous avais mis dans mon 1er billet), au bout d’une route de montagne qui parait un peu interminable. Une ville verdoyante, que les cubains qualifie de « pot de chambre de l’île » tant il y pleut plus qu’ailleurs. Baracoa est à la fois une des premières villes fondées sur Cuba par Christophe Colomb et une ville restée coupée du reste du monde jusqu’en 1960 où une route a enfin été ouverte dans ce massif montagneux qui la surplombe (vous imaginez ? Avant on pouvait seulement y aller en bateau !).
A ce titre Baracoa est … j’allais dire « moins vivante qu’ailleurs » mais ce n’est pas le bon terme. Ville en retrait, en retard sur son temps, très peu touristique, pauvre et soumise plus que le reste de l’île aux cyclones, Baracoa a souffert d’Irma en 2018 et de Matthew en 2016. J’ai aimé cet absence de tourisme qui la laisse encore authentique, ce petit côté western de son centre historique, j’ai aussi beaucoup aimé cette nature verdoyante qui l’entoure, ces forêts de palmiers (décapités par Irma …), ces plantations de bananes, de cacao, de café, ce massif montagneux qui l’enserre. Baracoa c’est l’étape nature. Dans l’avion à l’aller, j’étais à côté d’une cubaine vivant en France qui revenait dans sa famille pour un mois et m’avait dit « il faut aller à Baracoa ».
Je suis d’accord avec elle : ce n’est pas évident, mais il faut aller à Baracoa.

(nb : pour la petite histoire quand on va à Baracoa – je le rappelle la zone la plus humide de l’île – on passe, juste avant d’attaquer la route de montagne, par l’endroit le plus sec de Cuba. Une zone de quelques kilomètres, assez improbable, de quasi désert, extrêmement sèche. Ça m’a fait bien marrer cette proximité entre le plus sec et le plus humide)

Ya que moi qui trouve que ça a un côté far west ?
Perspective
Scène de vie cubaine
Oh ! Des palmiers !
<3
Oh des bananes !
Ceci est potentiellement du chocolat (mais ça se mange comme ça et c’est bon, par contre ça n’a pas le gout du chocolat)
Baracoa c’est le seul endroit où j’ai pu voir la Mariposa, fleur emblématique de Cuba
Une partie des montagnes qui ceinturent Baracoa
Ah oui par rapport à Trinidad ça fait moins rêver …
Et ça n’est pas fini
Les dégats d’Irma sont toujours bien visibles sur le front de mer
Transport en commun de cette ville qui n’a pas de bus 🙂


Cienfuegos
Un autre de mes coups de cœur, même si j’ai malheureusement passé peu de temps entre ses murs. J’ai bien aimé cette petite ville sur la route entre Trinidad et La Havane, sans vraiment être capable d’expliquer pourquoi. Peut-être parce qu’elle a été fondée par un français, originaire de Bordeaux, peut-être parce qu’un arc de triomphe « inspiré de celui de Paris » y trône (faut le savoir), peut-être parce que cette rue piétonne qui mène au Malecon que j’ai trouvé douce à parcourir.
Je crois que des fois il ne faut pas chercher à expliquer. J’ai aimé Cienfuegos et c’est tout ce qui compte à mes yeux.

Le parc José Marti
L’arc de triomphe à la française ^^’
A Cuba, la fête des 15 ans des filles sont hyper importantes : on loue grandes robes de princesse et photographe professionnel pour un shooting de princesse


Viñales
Autre zone de tourisme majeur de Cuba, la vallée de Viñales avec ses formations géologiques et sa culture de tabac mérite qu’on y fasse un tour. Pour ses paysages, pour cette typicité de la culture du tabac et ses coutumes, mais également pour sa végétation. J’ai trouvé que plus on allait vers l’ouest de l’île moins celle-ci se faisait franchement tropicale (ça reste une île des Caraïbes). Les fleurs apparaissent alors qu’on n’en voit pas du tout sur la partie est (à mon grand étonnement), l’air se fait un petit peu plus sec alors qu’il est très humide à Baracoa et Santiago.

Il y a de la douceur à Viñales, malgré la fréquentation touristique et j’ai beaucoup aimé cette vallée.

La belle vallée de Viñales et ses formations géologiques atypiques
La petite cabane à gauche ce sont les séchoirs à tabac
Les feuilles de tabac en train de sécher avant de se changer en cigares
Oh un bébé ananas en pleine croissance !
La vallée de Viñales ce sont aussi plein de grottes et des formations géologiques cachées

Discussion

2 Responses to “Cigares et mojito : Baracoa, Trinidad, Cienfuegos et Viñales”

  1. Certaines photos de rues, de maisons, me rappellent le nord de l’Espagne lors de vacances quand j’étais gosse. Particulièrement la maison avec galerie au 1er, avec la calèche garée à l’ombre, mais aussi d’autres photos.

    Posted by Antoine | 23 mai 2019, 11:56
    • Tu as tout à fait raison.
      En même temps les espagnols ont massacré les populations autochtones à leur arrivée, il ne reste donc que leur patte sur l’île

      Posted by Shaya | 23 mai 2019, 21:46

A vous les studios

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

juin 2019
L M M J V S D
« Mai    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930