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Cogito

C’est en disant n’importe quoi qu’on fait du mal à n’importe qui

Je m’intéresse pas mal en ce moment à la question de … la douance et aux sur-doués. On va dire ça parce que je déteste ces deux termes que je trouve absolument inadaptés et méprisants envers le reste du monde (les « normo-pensants ») mais si je parle de neuro-droitier personne ne va piger de quoi je cause.

Non pas que je me sente concernée par le sujet pour mon cas personnel – thanks God (pour une fille athée je remercie souvent Dieu quand même …) – mais parce que je trouve le sujet intéressant et qu’il concerne un de mes amis.

On a quand même pas mal parlé de ça depuis 2 ans et je ne nie pas comment sa perception des choses a pu façonner la mienne.

 

Mais au bout d’un moment j’ai eu envie d’étendre ma perception de ce sujet.

Donc je lis, je me renseigne et je réfléchis.

(Nb : bon sang! Moi qui ne suis qu’une vulgaire normo-pensante j’arrive à réfléchir!!! Mais c’est dingue ça!) (pardon … promis j’arrête avec l’ironie) (ha ha c’te blague!)

 

Je me souviens d’un reportage diffusé il y a peu sur les enfants surdoués dans lequel quelqu’un disait « il faut leur apprendre à arrêter de penser sans arrêt » (ou quelque chose comme ça) ce qui avait déclenché un tollé et était révélateur d’une méconnaissance profonde du sujet.

Moi aussi j’aurais pu y aller de mon petit commentaire méprisant « ha ha quelle grosse nulle elle n’y connait rien » (chose que je suis rarement la dernière à faire) mais plus que de me moquer j’avais ce doute énorme en moi : et moi ai-je jamais sorti un truc aussi con à mon ami sur le sujet?

Je me pose aussi régulièrement la question en lisant des livres sur ce sujet (la douance, pas le fait de sortir des trucs cons). Les auteurs citent souvent des exemples croisés dans leurs cabinets et je ne peux pas m’empêcher de me dire « j’ai jamais dit un truc pareil j’espère? »

Jamais dit à mon ami avec colère ou avec mépris « oh mais arrête de penser! » « oh mais arrête de te disperser » « oh mais pourquoi t’es pas capable d’aller jusqu’au bout de tes projets?! » « mais tu peux pas arrêter de t’intéresser à plein de trucs? ».

Je ne me souviens pas. J’ai beau chercher je suis tout bonnement incapable de me souvenir si je lui ai déjà dit ou pas un truc pareil. Mais le fait est que la probabilité est faible de ne l’avoir jamais fait. Et par ailleurs rien ne prouve que je ne l’ai pas fait … récemment!

Mortification absolue.

Je le saurais s’il m’en avait tenu rigueur. La question n’est pas là. La question est : au delà du fait de n’avoir pas été plus subtile que le reste du monde, quel impact ça a pu avoir sur lui d’entendre (encore) ça? Encore ça et venant de moi. En plus.

Alors que j’essaye d’être empathique et perspicace à quel point moi aussi je peux me rabattre sur de vieux clichés débiles et automatiques?

Et je dois reconnaitre que l’idée d’avoir pu les sortir par méconnaissance du sujet ne me réconforte pas. De même que l’amour n’excuse pas tout, ne pas tout savoir non plus. Ca serait surtout le signe d’une incapacité à savoir identifier quand une situation nécessite une autre réponse que celle « habituelle ».

 

Au delà de cette histoire avec cet ami il y a la question professionnelle.

Je sais le pouvoir des mots qu’on dit. Le choix et la reflexion qui doivent précéder chaque phrase prononcée.

Je peux bien donner des leçons sur comment moi j’essaye de trouver les bons mots, peut-être qu’en fait je me plante complètement. Peut-être que je tourne sur des schémas de pensée automatisés qui me font dire des conneries monumentales?

Le pire dans tout ça c’est l’idée de ne même pas me rendre compte de la bourde que je viens de dire.

Discussion

10 Responses to “C’est en disant n’importe quoi qu’on fait du mal à n’importe qui”

  1. J’ai trouvé le truc un jour pr faire comprendre ce que c’était mon mode de fonctionnement : « Me demander d’arrêter de penser équivaut à demander à un insomniaque de dormir… »

    Posted by Catnatt (@Catnatt) | 8 octobre 2012, 17:48
    • Je ne crois pas qu’il soit si difficile que ça de comprendre comment vous fonctionnez (accessoirement j’ai beau être normo-pensante, je suis incapable d’arrêter de penser, juste je pense pas à 15 trucs en parallèle), mais on peut aussi être fatigué/malade/préoccupé, « oublier » que vous fonctionnez autrement et dire plein de conneries sans s’en rendre compte qui vont blesser alors que c’était tout le contraire qu’on voulait.

      Posted by Shaya | 8 octobre 2012, 18:44
    • je reste quand même convaincu que c’est qqch qui se travaille, qu’on peut être maitre de son cerveau 🙂

      Posted by mauvaispere | 8 octobre 2012, 19:31
      • Je pense que c’est assez simpliste de voir les choses ainsi. Le cerveau est en fonctionnement automatique sur pas mal de choses et heureusement, mais parfois ça fait dire des trucs qu’on n’a pas vraiment réfléchi avant.

        Posted by Shaya | 8 octobre 2012, 19:46
  2. En général, ça se passe pas comme ça. Je me prends la tête, je fatigue tout le monde (moi la première remarque :p ) et au bout d’un moment, ya quelqu’un qui craque et qui me sort « mais arrête de te prendre la tête ». Et là… c’est le drame lol ! Je n’explique jamais à des étrangers ce genre de choses parce que je me doute que c’est compliqué à appréhender. Mais mes proches ne sont pas exempts d’une lassitude. Et je le comprends 🙂 . Il suffit qu’on en parle pour que le malentendu se dissipe. Je suis rarement blessée quand on en discute.

    Ha et je ne parle jamais de douance. Je trouve ça prétentieux. Je parle de neuro-droitiers 🙂 (quitte à prendre 15 mn pr expliquer)

    Posted by Catnatt (@Catnatt) | 8 octobre 2012, 19:32
    • Je ne vais parler que pour moi (mais bon en fait un blog ça revient souvent à ça) et comme je n’arrive pas à me souvenir si j’ai sorti un truc con comme ça à mon ami je ne peux pas me rappeler des circonstances dans lesquelles je l’ai fait mais je doute que ça soit celles que tu décris. (Bon après il va peut-être s’amuser à me contredire ^^)
      Le fait est que j’appréhende les gens comme ils sont et je n’essaye pas de les changer contre leur gré donc à partir du moment où j’ai intégré leur fonctionnement, les choses se passent plutôt bien (normalement).
      J’ai tellement intégré le fait que mon ami « se prenait la tête » que quand il ne le fait pas, là je m’inquiète (« bon qu’est-ce qui se passe? -Bah rien, tout va bien! -Mais pourquoiiiii tu veux pas me parler? Dis moi je suis là! » N’importe quoi …) après le fait est que quand je le sens mal à cause de ça, je déteste. Parce que je me sens impuissante.
      Pour que je craque je pense qu’il faut ça, que je me sente impuissante et que je sois fatiguée/malade/engloutie sous le travail, bref pas disponible mentalement pour supporter ça et donc que je me rabatte sur des schémas de pensée automatique absolument pas adaptés …

      [Je compte bien démonter le terme douance et j’ai vraiment eu du mal à l’écrire ici mais comme j’en suis à mon 8e jour de travail d’affilée j’ai eu la flemme d’écrire un paragraphe explicatif sur c’est quoi être neurodroitier]

      Posted by Shaya | 8 octobre 2012, 20:53

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